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Les flottes, inéluctablement plus chères en 2023 ?

Publié par Jean-Philippe Arrouet le - mis à jour à
Les flottes, inéluctablement plus chères en 2023 ?

Après la planète, les budgets des gestionnaires de flottes connaissent eux aussi un coup de chaud inédit. La dernière édition du TCO Scope laisse entrevoir une tendance qui devrait perdurer jusqu'en 2023.

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Le sujet alimente chaque conversation : tout augmente ! Mais pas avec les mêmes impacts comme en témoigne l'évolution du TCO (coût total de détention pour les néophytes) des véhicules d'entreprise qui grimpe à un niveau sans égal depuis dix ans. Un constat que l'on doit à l'Arval Mobility Observatory (AMO) dont la dernière édition du TCO Scope, portant sur les chiffres de 2021, mesure un prix de revient kilométrique (PRK) à 0,393 €. Certes l'augmentation de 5,65 % ne paraît pas si spectaculaire par rapport à un millésime 2020 marqué par des confinements avec des véhicules immobilisés. Ce pourcentage, lissé sur un an, dissimule en réalité une inversion de tendance. « Le premier semestre a été marqué par une reprise dynamique qui a compensé la baisse des volumes de 2020 mais le second semestre a connu des problèmes d'approvisionnement dus aux semi-conducteurs et une crise des matières premières », livre Régis Masera, président de l'AMO. L'inflation la plus forte concerne les factures de carburant, en hausse de 21,53 %. Vient ensuite le poste entretien-pneumatiques-assurances qui progresse de 9,9 %, soit 7 920 € qui sont à débourser pour rouler en VP. Les tarifs des véhicules neufs complètent ce podium avec une augmentation de presque 7,5 % en un an. « Ce taux devrait être battu en 2022 », pronostique le président de l'AMO. D'ores et déjà, les bons de commandes sont devenus douloureux à signer pour les véhicules de milieu de gamme (Peugeot 3008, Renault Mégane, Volkswagen Tiguan, ...) avec des augmentations supérieures à 10 %.

Véhicules d'occasion, Car et Travel Policy... Revoir sa copie pour mieux s'en sortir

Une bonne nouvelle provient du marché de l'occasion qui devient une solution de repli pour des clients lassés d'attendre. « Les VR ont progressé au second semestre en raison de la pénurie de véhicules neufs mais elles ne compensent pas l'augmentation des prix catalogues », tempère Régis Masera. Une tendance qui s'est accentuée en 2022 avec des constructeurs automobiles qui n'hésitent à augmenter leurs prix sur l'ensemble de leur gamme. En outre, les flottes d'entreprises ne constituent plus une cible prioritaire des industriels pour écouler leurs véhicules disponibles en nombre insuffisant. Plus sûrement qu'un cours d'eau au mois d'août, les remises se tarissent. Et il devient de plus en plus difficile de négocier avec les réseaux de distribution, eux aussi sous tension. Par ailleurs, le contexte ne laisse guère espérer un retournement de tendance avant un an au moins. La guerre en Ukraine, les difficultés d'approvisionnement en énergie et les contraintes qui pèsent sur la production électronique en Asie, ne seront pas surmontées de sitôt. A court terme, la résilience proviendra des entreprises capables d'adapter leur politique de mobilité mais aussi immobilière pour réduire les déplacements. Sans compter une réorientation du mix énergétique, certes déjà amorcée mais timidement parfois. « C'est une question de choc culturel mais s'il faut douze à dix-huit mois de livraison, c'est le moment de tester autre chose de plus pragmatique », préconise Regis Masera, qui est de plus en plus sollicité par les entreprises sous son autre casquette de directeur consulting France chez Arval.

L'électrique moins cher, mais des infrastructures à rapidement développer

Quant aux renouvellements de parcs inévitables, le TCO Scope 2022 montre que les véhicules électrifies constituent une partie de la réponse à l'envolée des coûts. Pour chaque segment de véhicules, les équipes de l'AMO ont organisé des matchs entre thermiques et électriques. Résultat ? Les versions électriques en sortent vainqueurs plus d'une fois sur deux. « Ces véhicules deviennent plus rentables quel que soit le kilométrage et les durées de détention », souligne le président de l'AMO. Malgré des tarifs plus élevés et des dépréciations moins favorables, les PRK (Prix de Revient Kilomètrique) sont jusqu'à 40 % inférieurs. Sur une Twingo, le PRK le plus faible est obtenu en électrique pour une loi de roulage de 120 000 km sur 48 mois. Chez BMW, la nouvelle i4 fait toujours mieux que la série 3, qu'elle soit essence, diesel ou hybride. Même les utilitaires (les petits du moins) tirent leur épingle du jeu. Sur les durées standards d'une LLD, le Citroën Jumpy électrique permet d'économiser entre 1 751 € et 5 377 € par rapport à son jumeau resté fidèle au diesel. Reste que l'écosystème du véhicule électrique n'est pas encore pleinement abouti, notamment pour répondre aux besoins des gros rouleurs en itinérance. L'accessibilité des bornes de recharge constitue un défi sur lequel Luc Chatel, président de La plateforme automobile (PFA) attirait récemment l'attention : « La France ne compte que 62 000 bornes de recharge accessibles au public, il en faudrait dix fois plus à l'horizon 2030. »

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