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8 - [Cas pratique] Telehouse, l'hébergeur le plus "green" de France?

L'hébergeur de données Telehouse est la première entreprise du secteur à recevoir l'attestation de l'Afnor Certification pour l'éco-conception de son data-center. Il espère un effet boule de neige dans la filière numérique. [Novembre 2014]

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Énergivores, les centres de données numériques. Benoît Mercier, Directeur technique Cloud chez Telehouse l'admet sans détour : "Le volume des données numériques augmente de 40 % par an. Pour les stocker, nous avons besoin de plus d'espaces, donc de plus de serveurs, ce qui augmente notre empreinte environnementale. Sans oublier que le numérique représente 10 % de la consommation mondiale d'énergie et que d'ici à 2030 les data-centers de la région parisienne auront besoin d'une nouvelle centrale nucléaire pour fonctionner."

Conscient de l'impact environnemental de ses activités, Telehouse a entamé une démarche d'écoconception des produits et services de son nuage informatique. L'environnement est ainsi pris en compte dès la phase de conception. Extraction des matières premières, choix du transport, recyclage... sont pensés en amont, afin d'éviter le gaspillage des ressources, l'abondance des déchets, et un bilan carbone explosif. "Nous avons décliné les trois axes du Grenelle de l'environnement, explique Benoît Mercier : efficacité énergétique, sobriété et développement des énergies renouvelables". Résultats : une diminution de 50 % de la consommation énergétique et une réduction globale de 30 % de l'impact environnemental à service égal.

Évaluation de la maturité de la démarche écolo

Pour donner plus de poids à sa démarche environnementale, le spécialiste des centres de données s'est tourné, au printemps 2014, vers l'Afnor Certification. "Il fallait être crédible, reconnaît Benoît Mercier, c'est pourquoi une certification indépendante nous permettait de valider nos actions et nous engageait à communiquer".

L'Afnor se sait d'ailleurs étiquetée "caution indépendante"... pour la bonne cause. "Nous avons développé AFAQ écoconception, car nous nous sommes rendu compte que les entreprises ne possédaient pas les outils de valorisation de leur démarche d'écoconception, à part pour certains produits certifiés par l'écolabel européen", explique Benjamin Perdreau, chef de produit au sein de l'association française de normalisation.

Et de préciser la méthode : "Nous évaluons la maturité de la démarche d'écoconception mise en place par l'entreprise, via un questionnaire de cent items, qui lui permet d'obtenir une note entre 0 et 1 000 points. Notre grille d'évaluation suit les critères des normes ISO 14 0001 (système de management environnemental), ISO 9001, ISO 14 006 et ISO TR 14 062." Parmi les questions : Quels sont les objectifs fixés ? Quels moyens ont été mis en place pour l'écoconception ? Est-ce que l'entreprise communique sur sa démarche ? L'entreprise a-t-elle vérifié sa conception et les caractéristiques environnementales du produit par des essais et / ou des prototypes ? La communication autour de ce produit est-elle écoresponsable ?

L'ensemble du cycle de vie du produit est ainsi observé : de la construction de la salle des serveurs au choix des équipements réseaux, jusqu'aux déchets générés. "À l'issue de l'évaluation, nous lui remettons son attestation avec sa note, ainsi qu'un rapport avec des points saillants et des pistes d'évolutions", résume Benjamin Perdreau.

404, code de progression

Où se situe le prestataire mondial de data-centers ? Avec 404 points, Telehouse obtient le niveau "progression", soit le deuxième niveau de performance sur les quatre existants. "C'est la seule entreprise du secteur à avoir reçu l'attestation", précise le chef de produit. "Nous sommes le premier hébergeur à avoir initié cette démarche et je souhaite qu'il y ait un effet boule de neige sur l'ensemble de la filière", prône Benoît Mercier, beau joueur. Pourtant, le label "green" est un atout concurrentiel. "Le facteur de développement durable arrive après le prix, la sécurité et la performance dans les appels d'offres, mais il est en constante progression. Nos clients sont de plus en plus sensibles à une telle démarche, voire de plus en plus demandeurs", reconnaît-il.

"Notre objectif à terme est d'afficher sur les factures de nos clients l'équivalent en poids carbone de leur activité numérique, afin qu'ils puissent comparer la performance énergétique de leurs prestataires", conclut Benoît Mercier. Rendez-vous dans 18 mois pour la recotation !

Floriane Salgues

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