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La relocalisation monte.... mais les achats dans les pays à bas coût, aussi

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La relocalisation monte.... mais les achats dans les pays à bas coût, aussi

La proximité et la réactivité deviennent des enjeux essentiels dans la gestion des risques en cas de crise. Aussi la relocalisation des achats est-elle fortement envisagée, mais certains secteurs ne renoncent pas pour autant aux achats dans les pays à bas coûts.

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La réduction des coûts redevient un enjeu majeur pour 77% des directeurs achats interrogés, selon l'étude AgileBuyer "Tendances et Priorités des achats 2021" menée en partenariat avec le CNA et livrée ce 14 décembre. Laquelle montre que trois des méthodes qui étaient principalement employées en 2020 demeurent les mêmes, et ne montrent que de faibles fluctuations (1% ou 2% d'évolution pour la négociation, l'ajustement des spécifications et la mutualisation). Les méthodes qui seront davantage utilisées en 2021 sont la relocalisation (+5%), le Demand Management (+4%) et l'intégration fournisseur/co-développement (+3%).

"En revanche, le changement de fournisseur, qui encore en 2020 faisait partie du groupe de tête, chute de 8 points pour n'être plus cité que par 40% des répondants", souligne Olivier Wajnsztok, directeur associé d'AgileBuyer et chef d'orchestre de l'étude.

Relocalisation et double sourcing

S'il est un bénéfice à tirer de la crise sanitaire ; celui-ci pourrait être la relocalisation. Les chiffres sont flagrants : si en 2020, seules 16% des directions achats parlaient de relocalisation, elles sont désormais 30% en 2021 à l'évoquer. Cet achat local et cette relocalisation sont d'ailleurs cités par 10% des directions achats comme un axe de réduction des coûts (contre 7% en 2020).

"La technique du double sourcing ou dual sourcing s'impose au sein des directions achats", commente Olivier Wajnsztok. "Ainsi, les entreprises sourcent un même service ou une même matière chez deux fournisseurs différents comme en France et dans d'autres pays européens ou en Asie. Cela présente plusieurs avantages comme celui de la proximité et de la réactivité. Cette méthode réduit sensiblement les risques de ruptures mais donne également à l'acheteur de nouveaux leviers de pilotage et de négociation."

La relocalisation concernera principalement les secteurs de l'agroalimentaire-hôtellerie/restauration (43%), l'aéronautique et la défense (38%) tout comme la conso et la distribution (38%). Dorénavant, la proximité et la réactivité deviennent des enjeux essentiels dans la gestion des risques en cas de crise.

La France et l'Europe : premières zones de relocalisations potentielles

La France devient en 2021 une zone de relocalisation fortement envisagée pour 77% des directions achats contre 59% en 2020. De même, l'Europe hors France est citée à 77% contre 63% en 2020. A contrario, les zones géographiques comme les Amériques ou l'Asie et l'Australie sont de moins en moins envisagées comme des zones de relocalisation potentielles en 2021.

Des contraintes moins fortes pour acheter Made In France

Il est toujours difficile d'acheter français pour 18% des directions achats. Les raisons demeurent les mêmes : des produits qui ne se trouvent pas dans l'Hexagone (27% des sondés) ou un coût trop important (18%). Cependant, 45% des directeurs achats disent n'avoir aucune contrainte sur le sujet (contre 55% en 2020 et 68% en 2019).

Les achats dans les pays à bas coût augmentent dans les secteurs en crise

En 2021, 67% des directions achats considèrent que les achats dans les pays à bas coût ne sont pas un axe de travail. "La seule différence notable par rapport à 2020 se trouve dans l'augmentation de la part des achats dans les pays à bas coût", pointe Olivier Wajnsztok. "Ainsi, en 2021, augmenter la part des achats dans les pays à bas coût baisse de 8 points par rapport à 2020. Et la stabilisation de ces achats augmente en parallèle en 2021 (15% contre 10% en 2020)."

Fait marquant de cette étude : parmi les secteurs admettant vouloir acheter davantage dans les pays à bas coûts figurent l'aéronautique-défense (à 30%) suivie de la mécanique - métallurgie (25%), de l'automobile (24%) et de l'énergie et l'environnement (19%). Si la réduction des coûts n'est plus un des premiers leviers dans ces secteurs, l'achat dans les pays à bas coût reste un levier essentiel.

Trop acheter dans les pays à bas coûts peut nuire à l'image de l'entreprise. Et certains secteurs peuvent davantage en pâtir que d'autres. C'est pourquoi, les achats dans les pays à bas coût vont diminuer dans le secteur de la mode et du luxe avec 20% des réponses (contre seulement 12% en 2020). Arrivent ensuite les achats dans les secteurs de la mécanique - métallurgie (11%) et la conso - distribution (9%).

Il est intéressant de noter que 11% des répondants du secteur mécanique/métallurgie - équipements - meubles/textiles ont indiqué prévoir de réduire les achats dans les pays à bas coûts, alors que 25% de ces mêmes répondants ont précédemment indiqué prévoir de les augmenter. Des stratégies opposées ont manifestement été décidées au sein de ce secteur pour 2021.

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