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Quelles sont les compétences indispensables à l'acheteur de demain ?

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Quelles sont les compétences indispensables à l'acheteur de demain ?
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En plus des hard skills habituels - les fondamentaux -, les acheteurs doivent avoir des connaissances juridiques, maîtriser les bases de la finance, être dotés d'une bonne intelligence émotionnelle, etc. Quant aux décideurs achats, ils doivent adapter leur management aux nouveaux acheteurs...

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Pour répondre aux nouveaux besoins de la fonction achats, les acheteurs doivent développer de nouvelles compétences, dont des compétences juridiques, selon Gérald Von Euw, directeur des achats et de la logistique du groupe Endel Engie : "Les acheteurs ont besoin d'un "vernis" juridique pour s'assurer d'être en conformité avec les nouvelles lois sur la sous-traitance ou le RGPD, par exemple", a-t-il expliqué, lors d'une table ronde organisée début avril, à l'occasion de la restitution du "Baromètre des décideurs achats 2019" mené par Determine, Décision Achats, le Conseil National des Achats et Nomination. Et ce, tout en développant "les compétences de base comme la communication, la négociation ou savoir-faire un panel ou un appel d'offres", bien entendu.

"Effectivement, les acheteurs doivent acheter, faire de la veille du marché, évaluer leurs fournisseurs, établir et surveiller des KPI, etc.. Mais on ne faut pas tout leur demander! Ils doivent se spécialiser. L'acheteur assure l'interface entre l'écosystème extérieur et ses clients internes, il est donc important qu'il soit expert dans des marchés particuliers, pour pouvoir, notamment, apporter de l'innovation", a estimé Jérôme Sallier, président du CNA de la région Hauts-de-France. Et pour permettre cette spécialisation, a-t-il ajouté, "il va falloir les décharger de certaines obligations". Pour lui, les missions performance et qualité, "qui ne sont pas des missions opérationnelles et qui ne rapportent pas directement " doivent revenir à d'autres. Les entreprises vont donc être amenées à créer... des fonctions supports aux achats.

Acquérir des notions financières est également nécessaire pour l'acheteur qui n'en a pas l'habitude. "C'est un peu de la finance pour les non-spécialistes", a commenté Hugues Poissonnier. "Pour l'acheteur qui a vocation a être davantage force de proposition, il est nécessaire de pouvoir raisonner en coût global, de montrer quels vont être les impacts financiers d'une décision. Quand on s'adresse à un directeur général ou financier, il faut parler leur langage."

Attention toutefois à ne pas perdre de vue les besoins d'aujourd'hui

"On peut certes se faire plaisir et imaginer les compétences de acheteurs de demain, mais il faut toujours avoir en tête les compétences de l'acheteur d'aujourd'hui, les besoins des entreprises, et toujours regarder l'évolution conjointe des compétences individuelles et organisationnelles, a souligné Hugues Poissonnier, professeur associé à Grenoble École de Management. "Si non, on prend le risque d'avoir des acheteurs certes bien formés aux achats de demain mais qui vont se faire rejeter comme des virus par des organisations qui ne sont pas prêtes à les accueillir parce qu'elles n'ont pas encore évolué. L'évolution, qu'est-ce que c'est dans l'organisation ? C'est tout simplement casser les signaux, fonctionner de manière beaucoup plus transversale, et c'est là que les achats prennent tout leur sens. Si on ne fait pas évoluer l'organisation, on envoie les jeunes acheteurs dans le mur en leur donnant des compétences qui ne sont pas celles dont ont besoin aujourd'hui les organisations prêtes à les accueillir."

Lire la suite en page 2 : Intelligence émotionnelle... adapter son management aux jeunes générations...


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