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Les millenials, à la racine du virage technologique

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Les millenials, à la racine du virage technologique

Julien Chambert, directeur général de CBT Conseil, revient sur le rôle joué par les plus jeunes collaborateurs dans l'adoption des solutions technologiques innovantes qui bouleverse le secteur du voyage d'affaires.

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On associe souvent les jeunes générations de travailleurs et l'adoption d'innovations logicielles liées au voyage d'affaires. Représentent-elles véritablement un tremplin vers la modernisation ?

Les millenials sont bien sûr une population qui demande des nouveautés, du contenu diversifié. Mais ce phénomène ne concerne pas uniquement cette catégorie. La jeune génération de collaborateurs peut par ailleurs avoir tendance à ne pas respecter les règles pour privilégier certaines solutions intéressantes, mais au même titre que d'autres tranches d'âge. Par contre, elle se distingue souvent des autres générations par des incompréhensions liées à l'obligation de recourir à tel ou tel type d'applications parfois longues et complexes, et à l'interdiction d'utiliser certaines innovations très appréciées synonymes de facilité et de gain de temps. L'état d'esprit de la société, son attrait pour l'évolution technologique et sa propension à proposer des services innovants en réponse aux attentes sont clairement des sources d'attractivité.

Dans une entreprise qui adopte facilement les nouveautés technologiques, les jeunes générations sont-elles plus enclines que les autres à se tourner vers les innovations proposées ?

Tout à fait. Nous avons récemment installé une application innovante de gestion de notes de frais dans un grand groupe du CAC 40. Le principe consiste à photographier au cours de son déplacement la note de frais et à l'envoyer à son entreprise, ce qui permet de l'intégrer directement dans les systèmes en vue des traitements à effectuer. On évite ainsi un travail de saisie contraignant. Il en a résulté deux types de réactions très différents : certains collaborateurs, âgés de plus de 40 ans, estimaient la solution inadaptée en indiquant que tout le monde n'est pas nécessairement équipé d'un téléphone portable professionnel.

Ils étaient nombreux à refuser le téléchargement sur leur smartphone personnel, malgré l'avantage en termes de gain de temps que représente la solution. Au sein des populations plus jeunes n'ayant pas non plus de téléphone portable professionnel, 100 % des collaborateurs ont adopté l'application sur leur smartphone personnel. Une partie des employés raisonnent prioritairement en statut social, en acquis, en grade, tandis que les plus jeunes vont privilégier, dans leur approche, leur intérêt personnel.

Quels sont aujourd'hui les domaines concernés par les attentes d'innovations technologiques permettant d'aller vers davantage de simplicité ?

Outre la volonté de pouvoir se tourner vers des offres d'hébergement collaboratif comme Airbnb ou des solutions de transport comme Uber, les processus de réservation simplifiés rencontrent un vif succès auprès des plus jeunes travailleurs. Par ailleurs, on constate des attentes importantes en ce qui concerne l'utilisation de nouveautés pour des déplacements courts comme des trottinettes. Les interdictions d'usages de ce type suscitent beaucoup d'incompréhension, d'autant que les coûts engagés sont souvent moindres par rapport à des solutions classiques comme un taxi.

Quels que soient les choix de l'entreprise, il importe alors de les expliquer aux salariés pour clarifier le contexte. Dans le cas contraire, on génère une image négative de l'entreprise ainsi que de la frustration auprès de ses équipes.

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Les entreprises doivent-elles davantage étudier les offres innovantes ?

Sans aucun doute. De nombreux contenus demandés par les jeunes générations ne sont aujourd'hui pas mis à disposition pour de mauvaises raisons. Le fait de se forcer à expliquer permet de trouver les causes réelles du refus. Lorsque l'on se tourne vers des sociétés innovantes du transport, il s'agit de leur faire signer un contrat incluant la géolocalisation permanente des voyageurs, ou encore l'intégration automatique des notes de frais associés. En étudiant ainsi les possibilités d'évolution apportées par les nouveaux acteurs du marché, les entreprises se rendent compte que derrière la demande des jeunes voyageurs d'affaires se cachent souvent de réelles opportunités de gagner en efficacité. Le travel manager joue dans ce cas un rôle essentiel, puisque c'est à lui que revient la tâche de faire la part des choses entre les demandes émanant des salariés qui peuvent être synonymes de réels progrès et les demandes qui n'ont pas d'intérêt manifeste.

Dans ce contexte, le travel manager représente donc plus que jamais un arbitre quant aux décisions à prendre...

Absolument. Un travel manager qui ne suit pas ces évolutions n'a plus de raison d'être. Même si c'est encore fréquemment le cas, son rôle principal ne devrait plus consister à faire de la validation d'exception à la politique voyage. S'il évolue vers une mission stratégique qui vise à définir les objectifs de son entreprise, ses orientations, à intégrer des contenus intéressants, il sera véritablement synonyme de valeur ajoutée. Avoir une connaissance permanente des offres, faire un travail de veille allant dans ce sens, étudier les intégrations possibles aux systèmes en place et aux processus internes, mesurer les impacts sont des facettes cruciales dans ce domaine.

L'intégration de critères éco-responsables fait-elle également partie des souhaits des jeunes générations de travailleurs ?

Ils sont sensibles à ce type d'enjeux, et il importe de prendre en compte ces notions. Mais concrètement l'équilibre à trouver entre les prix et les critères environnementaux reste une question complexe. Dans l'aérien, sur les mêmes lignes, les compagnies qui offrent le bilan carbone le plus avantageux sont souvent celles dont les billets sont les plus chers, car les avions utilisés sont très récents. Une solution qui peut s'avérer intéressante est la compensation des émissions carbone avec des initiatives annexes comme la plantation d'arbres.

Une partie des employés raisonnent en statut social, en acquis, en grade, tandis que les plus jeunes vont privilégier, dans leur approche, leur intérêt personnel.
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