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Baromètre 2022 : les flottes en quête de flexibilité

Publié par Jean-Philippe Arrouet le | Mis à jour le
Baromètre 2022 : les flottes en quête de flexibilité

2021 a été chahutée pour les gestionnaires de flottes avec la reprise post-covid et une transition énergétique entravée par la pénurie de semi-conducteurs. Le « verdissement » des parcs et les nouvelles mobilité réclament même des efforts supplémentaires et durables.

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Avec l'essor du télétravail et des modes de déplacement alternatifs, on pourrait penser que la crise sanitaire ait réduit le nombre de véhicules de fonction. Il n'en est rien. « Dans le contexte post-crise sanitaire, les commandes ont explosé », campe Régis Masera, président de l'Arval Mobility Observatory (AMO) qui vient de publier son Baromètre des flottes et de la mobilité 2022.

Sur 7 576 responsables interrogés en Europe, 93 % anticipent une stabilisation voire une augmentation des parcs dans les trois ans à venir. Certes, les déplacements pendulaires sont moins nombreux mais le véhicule de fonction statutaire résiste en tant qu'avantage lié au contrat de travail.

Quant aux autres véhicules légers ou utilitaires, ils restent indispensables au travail quotidien et rien ne les remplace. En revanche, 49 % des entreprises françaises ont commencé à remettre à plat leur choix de véhicules, les types d'énergies et les usages. Une perspective qui devrait profiter à la LLD.

« Dès qu'on est en crise, les formules de location ont le vent en poupe or plusieurs cadres, qu'ils soient fiscaux, réglementaires ou technologies, évoluent très vite. Les entreprises ont intérêt à avoir une rotation très importante de leurs véhicules », affirme le président de l'AMO.

Compte à rebours enclenché pour la fin du thermique

Parmi les gestionnaires, le stress grimpe en effet au rythme des renouvellements de parcs. Il faut anticiper l'arrêt des moteurs thermiques en 2035 et, à plus court terme, faire face à la pénurie des semi-conducteurs qui retarde la livraison des voitures neuves. Depuis le début de l'année 2022, les loueurs enregistrent d'ailleurs un recul des mises à la route qui s'explique par des prolongations de contrats en cours.

Les entreprises recherchent de la flexibilité alors qu'elles commencent à basculer leurs parcs vers des modèles à faibles émissions. 71 % ont déjà immatriculé de tels véhicules. C'est presque un tiers de mieux que la moyenne européenne. Un engagement qui s'explique par la fiscalité écologique ainsi que par les restrictions d'accès aux grandes villes. Dix d'entre-elles sont d'ores et déjà devenues des zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m). Toutes le seront en 2025.

L'hybride rassure en attendant

Pour préparer cette transition, les entreprises misent sur les hybrides, qu'ils soient de série (48%) ou rechargeables (43%). « Aujourd'hui, ces véhicules sont un trait d'union pour les entreprises. Ils permettent de temporiser », analyse Régis Masera. D'ailleurs, 27 % seulement ont intégré des modèles tout électriques. Une prudence dictée non plus par l'autonomie des batteries mais par la faible disponibilité des points de recharge publics. 52 % des répondants à l'AMO s'en plaignent.

Dans le même temps, les nouvelles mobilités gagnent du terrain. « Ce sujet intéresse beaucoup les entreprises mais elles ont encore besoin de tester », observe Régis Masera. 70 % des gestionnaires ont introduit dans leur entreprise des solutions telles que la location moyenne durée, le covoiturage, l'autopartage ou le budget mobilité, sans qu'elles remplacent des véhicules de fonction. « A l'avenir, ces nouvelles mobilités ont vocation à s'intégrer dans un schéma plus global répondant aux besoins de mobilité professionnelle », anticipe le président de l'AMO.

Vers un redimensionnement des flottes

Pour l'heure, ce sont surtout des coûts supplémentaires pour les entreprises en quête d'autres moyens de les compenser. Ainsi, 40 % ont connecté leurs véhicules pour en maîtriser l'utilisation.

Autre levier, la révision des car policy qui gagne en ampleur et en fréquence : « Les flottes vont se développer mais avec d'autres véhicules, par exemple de plus petits utilitaires en zones urbaines, de l'autopartage dans les zones les plus tendues ou encore selon une logique de Maas (NDLR, mobility as a service)», anticipe Régis Masera.

Les ZFE-m obligent d'ailleurs déjà à se poser des questions : avant de renoncer au diesel, les entreprises devront mesurer l'étendue de ces zones et considérer la fréquence de leurs déplacements à l'intérieur de ces périmètres.

Bref, un pilotage de la mobilité que chaque entreprise devra adapter au plus juste pour atteindre un point d'équilibre entre ses contraintes environnementales, ses besoins opérationnels et ses coûts. Un défi si le dérapage des prix de l'énergie perdure jusqu'au prochain Baromètre, en 2023.

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