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"Nos relations fournisseurs nous aident à surmonter les crises"

Publié par Lisa Henry le | Mis à jour le
'Nos relations fournisseurs nous aident à surmonter les crises'
© kovaleva_ka - stock.adobe.com

Une production 100% bio est synonyme de challenges bien particuliers à surmonter, notamment au niveau du sourcing de matière première. Pour l'entreprise Rigoni di Asiago, les crises dues aux pénuries en 2021 ont multiplié la difficulté mais surtout, créé une nouvelle manière d'appréhender la production.

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Le défi de la production 100% bio pour une marque locale a été décuplé en 2021, notamment à cause des différentes crises de matières premières et de la flambée des prix des approvisionnements. Patrick Pouly, responsable commercial France chez Rigoni di Asiago (qui produit notamment la pâte à tartiner Nocciolata, qui concurrence fortement le leader du secteur) relate cette période particulière, où la relation fournisseurs et la recherche d'amélioration constante sont au coeur de la production de la marque.

Comment vous êtes-vous organisé face aux pénuries cette année ?

Pour l'instant, nous avons réussi à obtenir suffisamment de matière première pour assurer la production de l'année prochaine, mais pas à moindres coûts. Un avantage que nous avons, notamment dans le domaine des confitures, c'est que nous sommes nous-même producteurs de fruits. Cela nous a permis d'éviter les problèmes d'approvisionnement. Les deux fruits qui posent le plus de problèmes sont l'abricot et la framboise, nous avons trouvé une solution sur l'abricot, mais nous cherchons encore de nouveaux fournisseurs pour la framboise. Le processus est assez long, car il y a contrainte forte de qualité, et nous devons être sûr de ce que l'on achète.

Il y a des produits sur lesquels nous n'avons pas d'autres choix que de mettre la production en pause cette année, comme le miel d'acacia, puisqu'il n'y a plus d'acacia. Quelques produits seront arrêtés momentanément, nous ne cherchons pas à vendre désespérément, il faut savoir dire "s'il n'y a pas, il n'y a pas."

Au niveau des noisettes, nous tentons de nous tourner vers l'Italie pour s'approvisionner, sinon, nous devrons aller en Turquie, ce qui implique un travaille de sourcing et d'audit plus conséquent.

Nous travaillons depuis longtemps avec les mêmes fournisseurs, nous avons donc de bonnes relations, cela nous a aidé à surmonter les crises et pénuries... jusqu'ici.

Pour faire du 100% bio, quelles difficultés rencontrez-vous en termes d'approvisionnement ?

Notre plus grande difficulté est de trouver des partenaires bios afin de rentrer dans notre cahier des charges. Lorsque l'on fait quelque chose de spécifique comme le bio ou l'équitable, le travail de sourcing est extrêmement compliqué. Mais, nous avons l'avantage de bien connaître nos fournisseurs puisque nous travaillons en local. A la naissance de notre société en 1923, nous faisions de l'apiculture, ça nous a permis en trois générations, d'avoir des relations d'une vingtaine d'années avec nos fournisseurs en miel par exemple.

Votre sourcing passe-t-il par des audits ?

Nos fournisseurs doivent montrer patte blanche et nous nous en assurons, notamment avec des laboratoires internes et externes qui testent la qualité des produits.

Même si le produit bio est au coeur de nos attentes, nous vérifions aussi qu'ils travaillent de manière équitable, dans le respect des personnes. Nous demandons à ce que nos fournisseurs et partenaires nous ressemblent.

Travaillez-vous avec des labels dans cet objectif ?

Bien sûr, un label c'est un premier pas pour avoir un ordre d'idée de la qualité d'un produit. Nous demandons à nos fournisseurs d'être certifiés automatiquement "européens bios", et nous travaillons avec des labels interne comme l'IFS, le BRC, ou l'ISO.

Sur l'équitable, lorsque l'on achète du cacao, un label permet de s'assurer qu'il a été récolté dans les bonnes conditions. Mais cela n'empêche pas d'avoir des contrôles supplémentaires.

Comment parvenez-vous à être compétitif face aux autres grandes marques ?

Nous ne sommes pas vraiment sur le même marché. Nous ne serons jamais au même prix qu'un produit d'entrée de gamme, il y aura toujours un décalage mais je pense que les consommateurs savent pourquoi. Il faut juste leur prouver que ça en vaut la peine.

Comment réduisez-vous votre bilan carbone ?

L'impact carbone, du fait de faire du bio, est réduit. Ensuite, nous essayons de travailler au maximum en local, et de rationaliser nos envois. Sur le travail de tous les jours, nous réduisons au maximum nos déchets, nous utilisons du papier et carton recyclé, nos pots sont en verre et non en plastique etc. Nous essayons de créer un produit le moins nuisible à son environnement possible.

Aujourd'hui, quels sont vos axes d'amélioration ?

Nous cherchons, bien sûr, toujours à nous améliorer. Notamment en tentant d'augmenter notre utilisation d'énergie verte, sur la compensation aussi, dès que nous utilisons un litre d'eau nous rendons un litre d'eau propre. Nous désirons aussi approfondir notre relation avec nos transporteurs, afin de suivre leur démarche, vérifier qu'elle nous corresponde, voir comment l'améliorer. Et nous accompagnons les collaborateurs qui cherchent à s'améliorer.

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