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Quand la Région Ile-de-France choisit le dialogue compétitif

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Quand la Région Ile-de-France choisit le dialogue compétitif
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"En termes de retour d'expérience, nous sommes satisfaits de cette procédure de co-construction qui nous a permis de préciser différents aspects du projet et qui a eu comme autre mérite de nous changer quelque peu de la routine"

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La Région Ile-de-France, qui a opté pour le dialogue compétitif afin de développer sa plateforme de "smart services", a expliqué sa démarche à l'occasion d'un Jeudi Expertise Achats du Conseil national des achats sur le thème "la co-construction : un mode de travail collaboratif avec nos fournisseurs, à forte valeur ajoutée". "Le projet Smart Plateforme 2030, renommé Ile-de-France Smart Services, a pour objectif de faire de l'Ile-de-France la "smart region" de référence en Europe en développant une culture des services au public", a expliqué Mehdi Necib, chef de service achats IT, équipements et denrées alimentaires au Conseil régional d'Ile-de-France.

Ce programme veut promouvoir les partenariats public-privé pour co-construire les services de demain au plus près des attentes des franciliens, et garantir la cohésion ainsi que l'équilibre entre tous les territoires. Il s'appuie pour cela sur quatre grands piliers : le déploiement du très haut débit sur toute l'Ile-de-France, la mise en place d'une "smart plateforme", la création de nouveaux services pour les particuliers, entreprises et associations franciliens, et une approche partenariale avec l'ensemble des acteurs de l'écosystème de l'innovation.

Le dialogue : un facteur essentiel

Mehdi Necib

"Pour acter cette smart plateforme, le code des marchés publics nous offrait plusieurs possibilités, a raconté Mehdi Necib : l'appel d'offres classique, le partenariat d'innovation qui est intéressant quand l'offre technologique est inexistante sur le territoire, la procédure concurrentielle - où les besoins sont définis - avec négociation, et enfin, le dialogue compétitif. Dans ce dernier cas de figure, le besoin n'est pas totalement défini et l'objectif est de co-construire le cahier des charges avec les fournisseurs qui peuvent en cours de consultation adapter leur offre suite aux échanges et au dialogue", a-t-il précisé.

Le dialogue compétitif comprend plusieurs phases : le lancement de la procédure où la Région a choisi de partir avec trois "conglomérats" de fournisseurs ; le dialogue avec ces fournisseurs avec notamment l'adaptation du cahiers des charges en fonction de leurs remontées et des différents échanges ; enfin la remise des offres finales, et le choix de l'offre la mieux disante par rapport aux différents critères définis en amont.

"En termes de retour d'expérience, nous sommes satisfaits de cette procédure de co-construction qui nous a permis de préciser différents aspects du projet et qui a eu, comme autre mérite, de nous changer quelque peu de la routine", a affirmé Mehdi Necib. La Région Ile-de-France s'est notamment aperçue que le besoin avait mal été défini et cela lui a permis de rectifier des incompréhensions. Selon La Région, "le dialogue compétitif a permis d'avoir un très haut niveau de prestation et de compréhension mutuelle".

L'équipe projet était constituée de la direction des achats, d'un accompagnement AMO (assistance à la maîtrise d'ouvrage) au regard de la complexité du projet, de la direction de la Commande Publique, de la DSI, de la direction juridique et du DPO (Data Protection Officer).

Co-construction : le témoignage de Christophe Gourlay, directeur des achats d'Alstom

Christophe Gourlay

?"L'approche d'Alstom vis-à-vis de ses fournisseurs était, auparavant, très orientée sur la performance économique et pas assez sur la performance qualité-délais. A mon arrivée à la direction des achats, nous avons beaucoup travaillé ce dernier aspect afin d'accroître l'accompagnement de nos fournisseurs, et d'assurer leur développement en phase amont. Ceci dans l'objectif d'être certains qu'ils seraient capables de livrer les commandes qu'on leur passait. Notre grand axe de réflexion est aujourd'hui la qualité achat dans laquelle nous souhaitons intégrer la dimension du développement des fournisseurs. La question est de savoir comment les associer le plus en amont possible dans nos projets.

Nous avons commencé à faire des pré-appels d'offres, dont le principe est le suivant : nous pré-sélectionnons des fournisseurs avant même de savoir si l'on va gagner ou non le projet. Cela signifie que le fournisseur s'engage avec nous. La démarche est très complexe mais chercher de l'efficience avec nos fournisseurs passera dans un premier temps forcément par là. Dans un second temps, l'accompagnement au quotidien de nos fournisseurs PME locales et régionales sera indispensable, que ce soit en France ou à l'international, afin de renforcer notre relation avec eux et de les développer".


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Patricia Dreidemy

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