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DossierReverse logistique: nouvel enjeu pour l'e-commerce

Publié par Véronique Meot le

2 - Expliquer et optimiser

La gestion des retours devient un argument commercial différenciant. Son optimisation requiert une organisation spécifique pour faciliter la réexpédition du produit et tracer le colis, selon Bruno Salaville, CEO du cabinet de conseil logistique BSC.

1. Préserver l'expérience client

Le premier kilomètre doit bénéficier de la même qualité de service que le dernier. L'ensemble du process doit être expliqué au consommateur (Où déposer le colis ? Comment est-il ramassé ? Dans quel délais ?) et conçu en cohérence avec les us et coutumes du marché, chaque pays ayant des usages différents. En France, les acteurs de l'e-commerce peuvent s'appuyer sur les réseaux de bureaux de poste et de points relais qui, par leur maillage territorial, offrent un réel confort pour la gestion des retours des petits colis. Mais ce n'est pas le cas dans tous les pays européens. Or, dans les faits, à l'international, le consommateur attend un niveau de service équivalent. Il faut donc prévoir des partenariats avec des prestataires implantés localement. La reverse nécessite une organisation omnicanale, laissant au consommateur la liberté de rapporter le produit dans un point de vente physique, que le système d'information prend en compte.

2. Optimiser les coûts des retours

Comme pour le flux aller, le prestataire/transporteur doit être capable de fournir un tarif sur les retours afin que le marchand puisse maîtriser ses coûts. Selon le niveau tarifaire et la valeur intrinsèque de la marchandise, celui-ci décide, en effet, quel type de service (entrée de gamme, premium) il souhaite apporter à ses propres clients. Un produit à forte valeur ajoutée s'accompagne d'un service haut de gamme, alors qu'un produit à faible valeur ajoutée en a moins besoin. La solution des retours en points relais, par exemple, peu onéreuse et très bien organisée, convient parfaitement à des produits de moindre valeur.

3. Garder la pleine visibilité sur le colis

Les solutions IT ont ici toute leur place, car elles permettent de garder l'oeil sur le colis. Le marchand doit veiller à ce que l'ensemble du process soit connecté à son back-office : déclaration de retour, suivi, analyse, lien avec le SAV de la marque et, par extension, le service qualité, la plateforme logistique, etc. Les ressources internes de l'entreprise ont besoin d'une pleine visibilité sur le colis en temps réel afin de pouvoir réagir, répondre au client, réorienter le produit vers le service adéquat, etc. Les systèmes d'information (WMS) du prestataire et du marchand doivent donc être reliés et alignés. Attention, les marchands utilisant les marketplaces risquent de devoir gérer plusieurs flux d'informations.

4. Maîtriser les délais des retours

La reverse exige des délais les plus réduits possible, car la marchandise est immobilisée pendant le temps de son traitement. Plus tôt elle est récupérée, plus tôt elle est vérifiée et remise en stock pour être vendue ou orientée vers la bonne filière. En point relais, il faut compter entre 48 et 72 heures pour le réacheminement de la marchandise. Avec l'enlèvement à domicile du produit, la complexité du traitement augmente, cette solution n'est pas systématiquement recommandée. Là encore, il faut arbitrer en fonction de la typologie du produit. La Poste met à la disposition des consommateurs des solutions intéressantes, comme le ramassage du colis dans la boîte aux lettres, le jour même de l'enregistrement du retour sur le site.


Aude Guesnon,<br/>rédactrice en chef Aude Guesnon,
rédactrice en chef

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