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Achats de sécurité et d'hygiène s'inscrivent dans la durée

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Achats de sécurité et d'hygiène s'inscrivent dans la durée

Dans un contexte de crise sanitaire et de menace terroriste, les achats publics contribuent à renforcer la sécurité et l'hygiène des bâtiments de l'État et des collectivités. Si les acheteurs publics ont d'abord procédé dans l'urgence face à la Covid, leurs achats de sécurité s'inscrivent davantage dans la durée.

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Dès février 2020, dans les Hauts-de-Seine, la mairie de Meudon a passé une première commande de produits d'hygiène, se préparant à faire face à l'épidémie de Covid-19. Comme l'État et les autres collectivités, elle a rapidement été confrontée à la pénurie de certains produits, masques en tête. "Il a fallu être réactifs, témoigne Sophie Baudou, responsable achats à la mairie de Meudon. Les fournisseurs nous disaient je réserve au premier qui achète". Pour les masques jetables, la mairie s'est tournée vers des prestataires en hygiène et en entretien. Mais pour les masques réutilisables, elle a multiplié les sources d'approvisionnement : achat en direct auprès d'une entreprise, don de la région Île-de-France et commande groupée de l'intercommunalité.

Au total, la mairie de Meudon a distribué 40 000 masques à la population. Pour se procurer du gel hydroalcoolique, elle a fait appel à la centrale d'achats de la région. "Nos achats ont permis d'accueillir les enfants des crèches et des écoles dans le respect des nouvelles recommandations sanitaires, poursuit Sophie Baudon. Les achats de produits d'hygiène comme les savons ou les essuie-mains ont augmenté d'environ 25 %."

Une urgence impérieuse

Pour acheter certains produits sanitaires dans l'urgence, comment les acheteurs ont-ils procédé ? "Le Code de la commande publique prévoit des procédures dérogatoires pour acheter en urgence, si l'urgence est dûment justifiée, rappelle Arnaud Salomon, directeur du cabinet de conseil CKS Public. Elles permettent de réduire les délais de procédure, voire de passer directement en gré à gré." C'est ainsi que la plateforme régionale des achats de la Préfecture de la région Bretagne a pu acheter en urgence des équipements de protection individuelle: distributeurs de gel hydroalcoolique et gants pour les services de l'État, blouses et surblouses pour les EHPAD, et masques bien sûr. "Pour ces derniers, nous avons utilisé l'urgence impérieuse, rapporte Pierre Villeneuve, directeur de cette plateforme régionale des achats. Elle permet de signer des marchés très vite, les délais de publicité étant réduits à dix jours. Nous avons également passé des marchés à moins de 40 000 euros, le seuil de dispense de procédure. Par ailleurs, grâce à l'ordonnance du 25 mars 2020, nous avons pu payer les fournisseurs plus rapidement et augmenter le montant de l'avance."

Dans l'urgence, les acheteurs publics ont également contribué à la mise en place du télétravail dans les services de l'État et des collectivités. La mairie de Meudon a équipé ses agents de matériel informatique, 75% d'entre eux pouvant poursuivre leur activité en télétravail. Elle a aussi formé les agents et leurs managers au travail à distance. "Nous avions déjà initié une démarche de télétravail, explique Anne-Lise Mathieu-Deparpe, directrice du budget et de la commande publique à la mairie de Meudon. Son large déploiement à l'occasion de la crise sanitaire a permis la continuité d'activité."

Aujourd'hui, nous sommes toujours dans l'urgence avec la campagne de vaccination. Mais les acheteurs publics ont tiré de premières leçons de la crise et un maître-mot semble faire l'unanimité : l'anticipation.

Arnaud Salomon

"Certains acheteurs publics, notamment dans la fonction publique hospitalière, doivent disposer de compétences, de méthodes et d'outils pour faire de la prévention des risques", souligne Arnaud Salomon. "Sur certains segments, il y a manifestement un sujet de souveraineté européenne ou nationale. Préserver voire développer certaines filières industrielles stratégiques pourrait être une mission confiée aux grandes centrales d'achats."

Lire la suite en page 2 de cet article : Progression des marchés publics de sécurité

"Nous avons dû nous adapter à l'évolution de la crise sanitaire, des normes et des produits"

Interview de Patricia Tauran, directrice des moyens généraux de Toulouse Métropole

Quels achats Toulouse Métropole a-t-elle réalisés pour faire face à l'épidémie de Covid-19 ?

Nous avons surtout acheté des gels hydroalcooliques, des masques chirurgicaux et alternatifs, et des équipements de protection, combinaisons et gants. Toulouse Métropole a fait l'achat de 900 000 masques barrière en tissu homologués Afnor à destination des habitants de la métropole et des agents.

Dans l'urgence, quel a été le processus d'achat ?

Notre recherche de fournisseurs a commencé avant même le confinement. Nous avons effectué des achats auprès de titulaires de marchés. Du fait de la précédente épidémie, nous avions déjà identifié des fournisseurs de masques chirurgicaux, mais il a été nécessaire de faire du sourcing, notamment pour les masques alternatifs.

Au regard de l'urgence impérieuse, nous avons eu recours à des marchés négociés sans publicité ni mise en concurrence préalables. Il fallait sécuriser les volumes et les délais, et nous avons travaillé sur des cadences de livraison mensuelles. Cette gestion d'achats nouveaux et non sécurisés, exceptionnelle, a fortement mobilisé les équipes.

Comment avez-vous ensuite renouvelé ces achats liés à la crise sanitaire ?

Pour ces nouveaux marchés, nous passons par le système classique de procédure d'achats. Nous avons lancé des appels d'offres pour sécuriser les approvisionnements en masques.

Si nous sommes aujourd'hui en capacité de nous approvisionner, c'est qu'il y a eu une adaptation des systèmes de production. Aujourd'hui, nous sommes même sollicités par des fournisseurs et des distributeurs.

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