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Solutions de paiements : les cartes virtuelles tissent leur toile

Publié par Anne-Sophie David le | Mis à jour le
Solutions de paiements : les cartes virtuelles tissent leur toile

Parmi les mutations de fond qui affectent le tourisme d'affaires, les moyens de paiements figurent au coeur de pratiques renouvelées et modernisées.

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D'ici un à deux ans, le paiement mobile deviendra une réalité pour 43 % des entreprises, si l'on en croit une étude menée par AirPlus International, spécialiste des solutions de paiements, sur les tendances du marché pour l'année 2016. L'innovation est en marche. 20 % des entreprises américaines payent déjà leurs voyages avec des comptes virtuels sans carte et à usage unique, mentionne l'association mondiale du voyage d'affaires GBTA. "L'évolution dans les marchés émergents des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) influence grandement cette tendance. Dans ces pays, on passe très rapidement du paiement traditionnel au paiement virtuel", constate John Baird Smith, président d'AirPlus France.

De plus en plus acceptée par les acteurs du tourisme d'affaires, notamment par les compagnies aériennes, la carte logée tisse sa toile. "Nous avons connu une croissance de 9 % en volumétrie l'an passé. C'est un produit dont on comprend de mieux en mieux l'intérêt", souligne le dirigeant. Elle constitue en quelque sorte la pierre angulaire de toute démarche d'optimisation des dépenses voyages. American Express, Citi ou encore BNP Paribas figurent parmi les autres institutions financières qui la proposent. En 2015, l'agence de voyages HRG a également lancé sa solution en partenariat avec Visa. "Le succès d'un compte voyages centralisé dépend en majeure partie de l'accessibilité à des données voyages cohérentes, fiables et de qualité, qui peuvent être réconciliées avec les données financières. En travaillant avec le groupe Visa, notre nouvelle solution de carte logée offre une meilleure collecte des données, ce qui permet à la banque émettrice Visa et aux entreprises clientes d'avoir une vision plus complète des dépenses", soulignait John Harvey, directeur marketing du groupe HRG.

Faciliter le traitement des dépenses et gagner en garanties

Après les compagnies aériennes, la carte logée a su se faire accepter par un grand nombre d'acteurs comme les loueurs de véhicules ou encore les centrales de réservation hôtelière. Le défi consiste aujourd'hui à nouer des relations privilégiées avec les nouveaux entrants sur le marché que sont les sociétés de l'économie collaborative. "Snapcar, qui propose un service de VTC, a accepté notre moyen de paiement", se réjouit John Baird Smith. "L'intégration sur le marché du voyage d'affaires des nouveaux acteurs comme Airbnb passera par l'adoption pour eux des outils innovants de paiements."

L'une des raisons du succès de la carte logée est également son volet Assurances, semblable au modèle en vigueur pour les cartes Premium des particuliers. Elle se distingue par un avantage de taille sur ce plan, puisqu'elle permet de couvrir les salariés d'une société d'une part, mais aussi les intérimaires, les invités, ou encore les stagiaires d'autre part. Une formule qui séduit aujourd'hui les dirigeants d'entreprises dont la responsabilité sociale à l'égard des collaborateurs est engagée au cours de leurs déplacements. American Express étudie par ailleurs l'ajout à sa carte logée d'une assurance complémentaire ainsi que d'une assistance médicale, afin d'offrir des garanties maximales et parer à toute éventualité.

La carte logée garantit aussi la remontée des informations en bonne et due forme au sein des outils de gestion de la société. Alors qu'avec une simple carte de crédit, les données concernées se limitent à un montant et l'identité du voyageur, celles de la carte logée permettent un reporting beaucoup plus optimal car elles sont bien plus détaillées. Elles renseignent par exemple sur le nombre de nuitées, la classe du véhicule loué ou du voyage effectué au sein d'une compagnie aérienne. Le travel manager peut ainsi trier ses informations à sa guise et ainsi établir tous les bilans nécessaires à la définition de la politique Voyages et utiles lors des négociations avec les fournisseurs.

Lire en page 2 : "La carte virtuelle, pourquoi et comment ?" Et, "les offres virtuelles fleurissent"

Mais la solution montre aussi certaines limites. Si elle est bien adaptée au traitement de volumes importants de dépenses avec un nombre restreint de fournisseurs, elle s'avère moins pertinente pour d'autres types de frais. La carte virtuelle, autre nouveauté en vogue, gagne ainsi de plus en plus la confiance des acteurs du tourisme d'affaires.

La carte virtuelle, pourquoi et comment ?

Objectif : simplifier le processus de réservation tout en assurant une visibilité satisfaisante sur les paiements. Concrètement, une telle carte fonctionne comme une carte logée. Elle s'intègre dans les canaux de réservation corporate automatiquement avec un débit réalisé sur le compte de l'entreprise. Le principe est également proche d'une carte de crédit classique car des transactions peuvent être conclues en générant un numéro virtuel à 16 chiffres à la demande, par le biais d'une plateforme. Des plafonds de dépenses ou encore un nombre limité d'opérations peuvent par ailleurs être fixés. Tout comme American Express en 2009, d'autres acteurs opèrent des développements dans ce sens, à l'image d'AirPlus qui a lancé sa carte virtuelle Aida, affiliée au réseau Mastercard, ou encore BNP Paribas en association avec Visa.

Les offres virtuelles fleurissent

Quant à Bank of America Merryl Lynch, elle propose une solution Travel Pro, s'appuyant sur le réseau Mastercard, avec laquelle les transactions sont intégrées dans les solutions des agences de voyages, si bien que les dépenses remontent rapidement dans le système de reporting. "Avec nos moyens de paiements centralisés, on facilite également le reporting. On propose aux clients un seul et même relevé qui récapitule l'ensemble des données de facturation de tous leurs prestataires voyages selon une période définie. A noter que l'intégration automatique dans les flux de l'entreprise contribue aussi à améliorer les négociations, grâce aux informations claires et complètes recensées", indique John Baird Smith.

Certains voient également dans cette solution une garantie accrue de sécurité. "Il s'agit en quelque sorte d'un numéro de carte jetable, valable auprès de fournisseurs clairement identifiés, pour un montant qui ne peut pas être dépassé et utilisable qu'à des dates fixes qui ne peuvent être modifiées. Autant dire que s'emparer du numéro pour d'autres dépenses ne présente strictement aucun intérêt car un acte frauduleux est impossible", explique Lukrecya Payen, responsable des achats voyages chez Schneider Electric et administrateur au sein de l'AFTM. "En plus de ces moyens de paiements bridés en fonction à la demande et utilisable dans un cadre bien précis, rappelons que nous sommes une institution financière avec toute la sécurité que cela suppose", conclut John Baird Smith.

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