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Il n'est donc plus question d'hésiter et d'intégrer des établissements du STPA dans son panel fournisseurs. Mais cela doit se faire avec quelques précautions. Nous avons déjà parlé de la nécessité d'aller rencontrer ces acteurs afin de comprendre comment ils fonctionnent, de discuter, et de construire un contrat sur mesure. Si la prise en compte des différences de ces fournisseurs un peu particuliers est importante en amont de la relation, elle l'est tout autant lors de la réalisation du contrat. Quand la prestation se passe sur site, par exemple, David Herz (Tell Me The Truffe) conseille de se renseigner en amont sur les besoins de la personne : horaires aménagés, matériel adapté, tâches qui sont pour elle impossibles à réaliser, etc.

Pour pouvoir accueillir au mieux la personne, mais aussi communiquer ces contraintes aux équipes qui seront à son contact. "L'intégration doit être bien préparée en amont pour que les salariés soient capables d'intégrer quelqu'un de différent et sur le long terme", met en garde Christine Auclair (ANRH) qui constate que la compassion parfois excessive des débuts laisse bien souvent place à de l'indifférence au bout de quelques temps, ce qui fait que la situation dérape. David Herz invite également à faire des points réguliers avec le prestataire, les personnes en situation de handicap, les équipes, etc. "Cela permet de découvrir des choses auxquelles ni le prestataire ni le donneur d'ordre n'étaient préparés et de revoir le cas échéant l'organisation du travail " indique David Herz. "Et quand quelque chose ne se passe pas bien, il faut le remonter immédiatement: ce n'est pas parce qu'il s'agit d'une personne handicapée qu'il faut tout accepter ! Le risque est que les salariés n'en peuvent plus au bout d'un moment et que la relation soit totalement rompue", insiste Christine Auclair, qui demande aux donneurs d'ordre d'accepter que le prestataire passe régulièrement voir son personnel pour s'assurer que tout se passe bien.

La directrice du développement de l'ANRH invite cependant à envisager sérieusement la possibilité de réaliser la prestation dans les locaux-mêmes du fournisseur. "Les donneurs d'ordre ont parfois du mal à se défaire de leurs habitudes et/ou de leur production, mais il est souvent plus efficace de sous-traiter chez nous car nous organisons la production en fonction des personnes qui n'ont alors pas à s'intégrer dans une chaîne de production classique avec des gens valides. Les postes sont pensés en fonction des handicaps et des compétences de chacun, les absences éventuelles sont palliées, etc. C'est de moins en moins utilisé et c'est bien dommage", déplore-t-elle. Délocaliser la prestation au sein de l'établissement du STPA nécessite cependant également un suivi régulier, comme on le ferait pour un prestataire plus classique.

Finalement, pour bien travailler avec le STPA, c'est une relation sur le long terme qu'il faut instaurer. Un partenariat permettra de mettre en place des solutions innovantes, mais adaptées aux contraintes de chacun, d'évoluer ensemble au gré des sujets qui se présenteront, de bien intégrer les personnels sur site, etc. Encore plus qu'avec d'autres fournisseurs, la relation doit être de qualité. Et la prestation sera de qualité, soyez-en sûrs !

"Ces établissements ne courent pas après les donneurs d'ordre, mais privilégient une relation qui s'inscrit dans la durée" - Elie Sic-Sic et David Herz, fondateurs de l'agence spécialisée dans le handicap Tell Me The Truffe

Lire la suite en Page 4 : Achats solidaires à la SNCF
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Eve Mennesson

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