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La fonction achat toujours bien positionnée en interne

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La fonction achat toujours bien positionnée en interne

Si plus de la moitié des directions achats interrogées sont au Codir/Comex, l'objectif d'augmentation du taux de couverture achats est en baisse. Des changements dans la profession qui entraînent un besoin de compétences nouvelles. Ces résultats sont issus de l'étude 2018 d'AgileBuyer avec le CNA.

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Comme l'an dernier, 55% des répondants déclarent que la direction des achats est représentée au Codir ou au Comex de leur entreprise. Une proportion qui, dans l'absolu, n'était pas amenée à beaucoup varier d'une année sur l'autre, note Olivier Wajnsztok. Verre à moitié plein ou verre à moitié vide, les interprétations varient. Mais pour beaucoup d'observateurs, ce résultat traduit tout de même la dimension stratégique de la fonction depuis plusieurs années. Pour d'autres, c'est la valeur des hommes et des femmes de la fonction qui a progressé, d'où une intégration plus fréquente dans les Codir ou les Comex des organisations que par le passé.









Toutefois, cette donnée varie selon les secteurs. Ainsi, dans l'industrie, les directions des achats sont plus fréquemment représentées dans les Codir ou les Comex de leur entreprise que dans les services. Plusieurs raisons peuvent l'expliquer, parmi lesquelles le poids des achats par rapport au chiffre d'affaires de l'entreprise ou encore l'ancienneté de la fonction.

Un objectif mesuré d'augmentation du taux de couverture achats

Augmenter le taux de couverture achats sera-t-il un objectif en 2018 ? Oui pour 56% des répondants, un résultat en baisse par rapport aux années précédentes (63% en 2017 et 2016, 57% en 2015). Faut-il en déduire que les taux de couverture achats sont déjà au maximum ? Non, puisque seuls 14% des répondants l'affirment pour 2018, une proportion qui ne bouge quasiment pas depuis 2015. Dans tous les cas, ils sont de plus en plus nombreux (31%) à penser que l'augmentation du taux de couverture achats n'est pas un objectif en soi, ce qui représente une proportion plus importante que les années précédentes. "Le taux de couverture achats n'est plus un objectif en soi mais la conformité en est un. Cela oblige les directions des achats à cibler très fortement leurs actions sur les prestations présentant potentiellement le plus de risque", explique Pascal Pelon, directeur achats d'Axa France.

A noter que l'augmentation du taux de couverture achats est plus marquée dans certains secteurs que d'autres. "Compte-tenu de notre forte croissance en services de Facility Management à l'international, dans des pays quelquefois moins matures en achats, la croissance de notre couverture achats est un des objectifs prioritaires pour les trois prochaines années", révèle Pascal Garnero, directeur achats du groupe Atalian.

Lire la suite en page 2: Une évolution qui entraîne un besoin de compétences nouvelles

Dans beaucoup d'entreprises, l'augmentation du taux de couverture achats passe par une collaboration avec les fonctions supports de l'entreprise, comme la direction commerciale ou la direction marketing. Sur ces deux derniers exemples, 24% des répondants déclarent être souvent impliqués dans le montage d'une offre ou d'un produit et 27% de temps en temps. Ce qui signifie que la moitié des acheteurs sont impliqués régulièrement dans ce processus de création de valeur ajoutée de leur entreprise en tant que pivot de la relation avec les fournisseurs. Ils peuvent ainsi garantir une certaine continuité de la supply chain, de l'amont à l'aval. A l'opposé, ils sont 22% à se déclarer rarement impliqués et 23% jamais. Des chiffres qui varient légèrement selon les réponses des directeurs achats (38% se déclarent souvent impliqués), et surtout entre le secteur privé et le secteur public (30% versus 14% de souvent). "La collaboration avec les commerciaux et les responsables de projets est un axe de développement majeur. Nous avons pour objectif de travailler le plus en amont possible de nos offres et des projets. Cela nous permet d'exploiter les nouveaux sourcing compétitifs ou innovants que les catégories managers développent, et aussi d'intégrer nos fournisseurs stratégiques dès les phases de conception. Les solutions qui en résultent

sont des clés de performance ou de création de valeur des offres", Jean-Luc Baras, directeur achats d'Eiffage.

Dans certains secteurs, la collaboration entre les directions achats et les directions commerciales et/ou marketing apparaît plus avancée (cf graphique ci-contre).

Une évolution qui entraîne un besoin de compétences nouvelles

Les effectifs des directions achats seront stables en 2018 selon 56% des répondants, un chiffre en progression de 6 points par rapport à 2017. 28% du panel estime que les effectifs achats vont augmenter en 2018 et 15% qu'ils vont diminuer. Sur cette question, les directeurs achats semblent plus optimistes que l'ensemble du panel : s'ils sont 52% à estimer que leurs effectifs achats seront stables en 2018, ils sont près de 35% (soit 7 points de plus que l'ensemble du panel) à envisager une augmentation.

Résultat intéressant : les directeurs achats sont plus nombreux que le reste du panel à penser qu'il existe une réelle tension sur les ressources achats de qualité (65% contre 55%, soit un écart de près de 10 points). "Le marché des acheteurs est de plus en plus tendu et nous oblige à déployer des stratégies particulières de recrutement et de rétention de nos collaborateurs achats", explique Pascal Pelon, CPO d'Axa France. Pour Sylvie Robin-Romet, directrice achats de Crédit Agricole SA, "les effectifs achats demeurent stables, mais un effort très important leur est demandé en termes de couverture d'achats et de maîtrise de la complexité contractuelle".

Certains secteurs semblent plus enclins à embaucher en 2018, notamment dans la mécanique, la métallurgie, l'agroalimentaire, la restauration, l'hôtellerie et les loisirs, la santé, l'automobile ou encore l'aéronautique.

Lire la suite en page 3 : Rester aux achats... sinon rien !

D'autres secteurs sont marqués par une certaine stabilité des effectifs :


Rester aux achats... sinon rien !

A la question : " Vers quelle(s) fonction(s) voulez-vous évoluer ? ", près de 69% des répondants déclarent vouloir rester aux achats ! Un plébiscite pour la fonction qui, il y a encore quelques années, n'était guère reconnue et considérée comme un passage obligé.

Ce résultat démontre qu'il est tout à fait possible de faire carrière dans les achats et que les perspectives d'évolutions sont potentiellement intéressantes. L'étape d'après, pour les directeurs des achats, est de devenir DG pour 13% des répondants. Peu d'entre eux, finalement se voient évoluer vers des postes dans la logistique ou la supply chain (11%), le commercial ou la vente (11%).

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