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[Jeune acheteur] "Il faut être un peu commercial pour vendre notre expertise"

Publié par Dalila Bouaziz le - mis à jour à
[Jeune acheteur] 'Il faut être un peu commercial pour vendre notre expertise'

Philippe Perrot, 26 ans, est un jeune acheteur disert sur son métier. Depuis juillet 2015, il travaille en tant qu'acheteur travaux à la RATP. Il nous raconte son parcours dans les achats.

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Quel a été votre parcours universitaire et professionnel ?

Après mon bac STG (Sciences et technologies de la gestion) en 2007, j'ai obtenu un DUT QLIO (Qualité logistique industrielle et organisation), car j'envisageais d'intégrer une école d'ingénieur. Mais lors d'un stage effectué dans la logistique, où j'étais également assistant commercial chez ECCTV (THK Group), je me suis réorienté en faisant une Licence de gestion, en apprentissage, dans la même société. Par la suite, je suis entré à la Skema Business School à Lille, en management des achats.
Durant mon année de césure, j'ai effectué un stage en tant qu'acheteur junior projets au Stade de France. J'ai ainsi participé à un appel d'offres assez conséquent (ensemble des travaux inférieurs à 1 million d'euros) pour la réhabilitation de celui-ci à l'occasion de l'Euro 2016. Puis, en deuxième année, j'ai travaillé au sein d'ICF Habitat, filiale de la SNCF, au pôle achats mutualisés. À la fin de mes études, j'ai travaillé pendant six mois chez Systra comme gestionnaire de projets achats pour la passation de marchés sur la ligne LGV EST actuellement en construction. Et depuis juillet 2015, je suis acheteur travaux pour la RATP.

Avez-vous trouvé facilement du travail ?

Oui, nous avons la chance d'être sollicités par les entreprises, car le positionnement des achats au sein d'une entreprise devient incontournable. J'ai été très vite contacté après avoir déposé mon CV en ligne.

Il est plus simple de trouver un poste dans les achats que dans le marketing et en CDI !

Quels sont vos missions et défis au sein de la RATP ?

J'ai été recruté en vue de répondre aux nouvelles orientations environnementales de la RATP dans le cadre du plan bus 2025 inhérent à la transition énergétique des 4 500 bus de la RATP (NDLR : remplacement du diesel par l'électrique ou le biogaz). J'ai pour missions d'acheter des prestations liées aux infrastructures et aux équipements industriels qui permettront d'assurer la maintenance dans les 25 centres bus, tous situés en Ile-de-France. Mais aussi de soutenir les prescripteurs dans l'élaboration de leur besoin et de lancer des consultations dans le respect du code des marchés de la RATP. Il faut être un peu commercial dans l'âme car nous devons vendre notre expertise, notre savoir-faire. Nous ne sommes pas là pour accaparer les fonctions du service prescripteur, mais apporter une solution en travaillant conjointement avec eux.
En outre, je veille à bien m'intégrer au sein d'une équipe de neuf acheteurs. D'un point de vue achats, je dois prouver aux prescripteurs le bienfait de passer par les achats.
Je dois enfin m'inscrire dans la continuité du travail quotidien des acheteurs pour atteindre nos objectifs achats en matière de gains et de respect des échéances marchés.

Qu'aimez-vous dans ce métier ?

J'ai eu quelques cours théoriques sur les achats et je trouvais que le métier d'acheteur réunissait les qualités d'un commercial et celles d'un logisticien. J'apprécie beaucoup les relations humaines, les challenges et la stratégie. La négociation est le domaine de prédilection où je souhaite développer mes compétences.


La réalité du métier est-elle différente ?

Il y a toujours un décalage entre la théorie et le terrain. Une école de commerce vous apprend plus à acquérir une attitude, par exemple comment se conduire en tant que cadre et interagir avec les différents services pour une meilleure compréhension. Pour moi, c'est lors de la pratique sur le terrain que vous apprenez votre métier.

Comment envisagez-vous votre avenir professionnel dans 10 ans ?

J'espère devenir acheteur confirmé, puis acheteur pilote ou segment selon l'entreprise. À la RATP, nous avons beaucoup d'opportunités : mobilité, possibilité de travailler à l'international, etc. ce qui me permettrait, j'ose le dire, de viser un poste à la direction des achats.

À choisir, êtes-vous plus intéressé par le secteur public ou privé ?

Je ne suis pas fermé. Chacun des secteurs a ses avantages et ses inconvénients. En matière de process, le secteur public est très structurant même si les procédures peuvent parfois rajouter des délais jugés contraignants. Grâce au code des marchés RATP, nous utilisons les procédures négociées, ce qui nous rapproche énormément du fonctionnement du secteur privé.
Avec l'ouverture à la concurrence, des nouvelles lignes depuis 2009 et des lignes existantes en 2024, la RATP se dote de moyens pour atteindre le niveau de performance des entreprises du secteur privé (académie des achats, système d'information achats...). Je pense que ma décision de travailler à la RATP est un pari sur l'avenir.

Son conseil :

Pour être acheteur, il faut avoir un très bon relationnel et faire preuve d'écoute. Il est important de s'adapter à son prescripteur et prendre de la hauteur afin d'avoir une vision la plus large possible.


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