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DossierL'e-logistique entre dans une démarche innovation

Publié par Christelle Magaud le

1 - Logistique: s'adapter ou mourir

Face à des shoppers qui exigent toujours plus de rapidité, toujours moins cher, sans effort, les e-marchands rivalisent d'ingéniosité pour se démarquer.

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Plus de 500 millions de colis en 2017 et probablement le double en 2020... Les chiffres de la Fevad traduisent bien la montée en puissance du e-commerce. De plus, les attentes des clients se révèlent de plus en plus fortes : les shoppers veulent tout, tout de suite, au meilleur prix et sans faire le moindre effort. À charge pour les e-marchands de suivre le mouvement! D'autant que les consommateurs ne s'arrêtent pas en si bon chemin et réclament toujours plus de services, comme on le voit notamment avec la démocratisation de l'essayage à la maison.

Etam, Amazon, Zalando comptent d'ailleurs parmi les précurseurs. Sélectionner des produits, les recevoir, les essayer et retourner ce que l'on ne veut pas: quid de la logistique dans ce scénario? Là encore, les retailers n'ont d'autres choix que de trouver de nouvelles solutions pour combler leurs clients.

Tout pour aller plus vite

Et dans l'univers du e-commerce, l'amélioration de l'expérience client passe nécessairement par la réduction des délais de livraison. En la matière, les initiatives se multiplient, notamment sur les tests de livraison par voiture autonome... Dernièrement, c'est la start-up Nuro (fondée par des anciens de la division "voiture autonome" de Google) qui se distingue sur le sujet: en partenariat avec la chaîne de supermarchés Kroger, elle permet de commander via une appli et d'être livré par une voiture-robot dans l'Arizona.

"Nous sommes plus rapides qu'Amazon", Denis Mourrain, DG France de Livingpackets.

Plus proche de nous, c'est le drone qui retient les suffrages. En début d'année, la société AirMarine et Cdiscount se sont ainsi associés pour mettre en place une solution de livraison des colis par drone. Voici des solutions innovantes, certes, mais coûteuses et non rentables dans l'immédiat. Denis Mourrain, DG France de Livingpackets, propose lui une solution collaborative, qui ne nécessite aucun investissement: il s'appuie tout simplement sur les voyageurs et sur leurs déplacements. "Nous sommes plus rapides qu'Amazon", se targue le dirigeant! Concrètement, sa start-up propose au voyageur de se transformer en transporteur de colis individuel le temps d'un trajet en train. Pour devenir livreur d'un jour, il suffit de s'inscrire sur l'appli, puis de se rendre dans un magasin partenaire situé à proximité des gares pour récupérer le colis à livrer. À l'arrivée, il n'y a plus qu'à déposer le colis dans un autre magasin partenaire. "Après deux ans de R&D, nous avons mis au point un sac intelligent, truffé de capteurs, conçu pour suivre en temps réel et sécuriser les envois via une application dédiée. ll est conçu pour être réutilisable au minimum 500 fois et donc économiser autant d'emballages. Grâce à ses nombreux capteurs, le sac LivingPacket permet aussi de suivre en temps réel, le poids, la température et l'humidité de son environnement et de détecter les chocs qu'il a pu subir pendant la livraison", décrit-il. En résumé, voici un service de livraison collaboratif, écolo, rapide et responsable. Avec un business model simple, comme le détaille Denis Mourrain. "La livraison coûte 18€. Une somme partagée entre la start-up, le site, mais aussi les commerçants qui reçoivent le paquet et la personne en charge de transporter le colis".

La digitalisation de l'entrepôt en pôle position

Puisque les clients n'ont plus forcément besoin de passer par un magasin pour récupérer leurs articles, cela a fatalement aussi des incidences sur l'entreposage et la préparation de commandes. Avec un gros effort d'automatisation: 43% des e-commerçants investiront ces 12 prochains mois pour automatiser la préparation des commandes, peut-on lire dans la dernière dernière étude Research Now pour Neopost Shipping. "C'est une logique implacable: les retailers doivent s'aligner sur les nouvelles normes de livraison -en 24 heures, gratuite, retour gratuit- dictées par les géants du e-commerce", commente Julien Dubreuil, directeur associé chez Bartle (cabinet de conseil en transformation) et ancien d'Amazon.

Ce qui passe par des solutions logistiques capables d'augmenter leur productivité. "Cette stratégie accélère de fait le déploiement de robots dans les entrepôts, qui bien qu'affectés uniquement à la manutention dans un premier temps, s'attèlent désormais à des tâches de manipulation habituellement vouées à l'homme", poursuit-il. Chiffres à l'appui: selon la Fédération internationale de robotique (IFR ), les robots d'entrepôt constituent le secteur de croissance le plus important sur le marché des robots de services professionnels. Selon leurs prévisions, près de 175000 applications de robotique seront déployées d'ici 2019.

Illustration avec la start-up française Exotec, précurseur avec sa solution goods-to-man. Au lieu d'envoyer un préparateur de commandes collecter les produits dans les rayonnages de l'entrepôt, ce sont les étagères de stockage qui viennent à lui. Les robots (Skypod) se déplacent de manière autonome, soulèvent les étagères standard et les transportent jusqu'à la station de préparation. En outre, un algorithme optimise en permanence la mission de chaque machine. Autre innovation remarquable, celle de Nomagic.ai, incubé chez The Warehouse de Cdiscount, qui "éduque" des robots au picking: dotés de bras, ils sont capables de sélectionner et de saisir un élément dans un bac de produits, puis d'analyser sa taille afin de le positionner correctement dans un carton d'emballage. L'idée étant de multiplier par deux la cadence en approvisionnement des lignes d'empaquetage.

La guerre des coûts

Toutes ces innovations concourent à un même but: augmenter en efficacité et diminuer en coûts. L'emballage e-commerce, promis à un bel avenir avec une progression anticipée de 14,3%* de 2017 à 2022, n'échappe pas à la règle. Avec la multiplicité des types de retraits, les nouveaux moyens de livraison (drone, voiture, consigne), le développement du click & collect... cet écosystème de plus en plus riche pousse l'e-commerçant à démultiplier ses emballages, comme le détaille Virginie Mallet, Packaging Marketing Director EMEA chez Antalis. "Avec des transformations portant notamment sur le besoin de protection: il y a quatre fois plus de points de manutention dans l'e-commerce que dans les autres secteurs. Des points de manipulation supplémentaires qui augmentent par conséquent le besoin de protection dans l'emballage secondaire". Au-delà de la protection du produit, le packaging s'avère aussi le premier contact avec le client. "C'est pourquoi, en tant que packaging provider service, nous réfléchissons à des solutions d'optimisation de tailles d'emballages... Également, nous veillons à ce que les packagings ne soient pas surdimensionnés en volume. Nous travaillons sur de nouveaux formats, voire sur des "box-on-demand"", témoigne-t-elle.

La chasse au volume vide est l'un des thèmes du moment chez la plupart des fournisseurs d'emballage. Une étude récente menée par DS Smith, l'un des principaux fournisseurs d'emballages d'Amazon au Royaume-Uni et en Europe, a d'ailleurs révélé que 39% des acheteurs ayant commandé un produit en ligne étaient préoccupés par l'emballage excessif. Compte tenu de la multiplicité des activités de commerce électronique, la différenciation par rapport à la concurrence n'a jamais été aussi importante. Il est donc important que les marques offrent la meilleure expérience client possible. D'où la stratégie du fabricant britannique de créer un outil ad hoc: l'eBox Range Optimizer. Il calcule le jeu de boîtes idéal pour les besoins des entreprises, en fonction des données fournies par les clients. Basé sur un ensemble de variables, y compris les dimensions du produit, les combinaisons de commandes et les coûts de transport et de matériaux, l'eBox Range Optimizer recommande les dimensions et le nombre de tailles de boîtiers optimaux.

"Toujours dans l'idée d'améliorer l'expérience client, le look and feel, (notamment grâce au digital printing) et les emballages connectés constituent aussi d'importants axes de développement", relève encore Virginie Mallet. Un dernier point qui mérite d'être souligné: selon l'observatoire 2017 d'All4pack, pour 79% des acheteurs, l'emballage intelligent répondrait particulièrement aux attentes des millennials. Autrement dit les consommateurs connectés d'aujourd'hui et surtout de demain! Une priorité pour tous les retailers.

* Étude Smithers Pira juillet 2017

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Stéphanie Marius

Chef de rubrique

Ancien professeur de lettres modernes, secrétaire de rédaction durant quatre ans et aujourd’hui chef de rubrique pour les sites [...]...

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