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La lutte contre la corruption s'intensifie dans le monde des affaires

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La lutte contre la corruption s'intensifie dans le monde des affaires
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L'étude EcoVadis sur les pratiques anti-corruption des entreprises démontre une gestion encore trop partielle des risques et une approche peu structurée de ces enjeux. La marge d'amélioration des entreprises sur le sujet est donc importante.

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EcoVadis, la plateforme d'évaluation et d'amélioration de la performance RSE des entreprises, a dévoilé les résultats de sa dernière étude consacrée aux enjeux de corruption dans les entreprises. La plateforme a étudié pendant deux ans les pratiques anti-corruption de près de 20 000 entreprises, à travers 138 pays (répartis sur 5 régions), avec pour objectif la mesure de la façon dont les entreprises luttent contre ce fléau. Cette observation s'inscrit dans un contexte mondial régulièrement marqué par les scandales ... mais aussi les tentatives de régulation.

En termes de méthodologie, EcoVadis a étudié trois domaines au sein des entreprises monitorées : les politiques anti-corruption ; les actions concrètes ; le reporting mis en place mais aussi les sanctions délivrées par les autorités.1

Un engagement contre la corruption encore "limité"

Le score mondial moyen recensé par EcoVadis pour le thème "éthique" s'élève à 42,2/100. Cela démontre une gestion encore trop partielle des risques de corruption par les entreprises et une approche peu structurée de ces enjeux. La marge d'amélioration des entreprises sur le sujet est donc importante. Il y a encore du chemin avant d'espérer éradiquer les problématiques de corruption dans les entreprises.

- Les sociétés nord-américaines remportent le meilleur score (45,7/100). Cela s'explique par l'existence de réglementations existantes depuis 1977 et donc un système anti-corruption déjà mature. Revers de la médaille, elles sont aussi deux fois plus sanctionnées par les autorités que le reste des entreprises dans le monde.

- La Chine, elle, remporte la palme du mauvais élève (32,6/100) dans ce bilan.

- Quant à l'Europe, avec un score de 45,3, elle se montre légèrement au-dessus de la moyenne mondiale, notamment grâce à la mise en place de nouvelles régulations depuis quelques années.

Sans surprise, les entreprises les plus performantes se situent dans les secteurs les plus exposés aux sanctions et aux amendes, tels que ceux de l'énergie (avec une note de 50,2/100), de la finance & assurance (49,9/100). Le secteur de l'immobilier performe également bien (47,7/100).

Au contraire, les secteurs les moins performants, c'est-à-dire le commerce de gros & de détail (39/100), le transport (40,5/100) et l'industrie légère (41,2/100) manquent de transparence et de réglementation.

Bonnes pratiques : des efforts restent à faire

L'étude EcoVadis montre que 48% des entreprises ont pris des engagements contre la corruption (77% des grandes entreprises vs 40% des PME & ETI). 1 Pour les besoins de l'étude, les résultats ont été regroupés en 12 grands secteurs & 2 tailles d'entreprise PME & ETI (25-999 employés) / Large (1000+ employés)

- Seules 37% des politiques sont suivies de mesures (70% des grandes entreprises ; 29% des PME & ETI) : procédure d'alerte, formation, audits, cartographie des risques, évaluation des tiers

- Quant au suivi, les entreprises sont seulement 9% à mettre un système de reporting en place (29% des grandes entreprises ; 4% des PME & ETI). Enfin, 3% des entreprises interrogées ont déjà été sanctionnées.

Les entreprises de différentes tailles rencontrent des contraintes différentes. Si les grandes entreprises mettent plus de mesures en place pour lutter contre la corruption, leur challenge est de déployer des actions dans les strates opérationnelles, ce qui peut être compliqué à mettre en oeuvre. De leur côté, les plus petites sociétés ont moins de ressources à consacrer à la lutte anti-corruption.

Concernant la nature des pratiques mises en place, la "bonne pratique" la plus commune reste la procédure d'alerte (plus particulièrement en Amérique du Nord qui recense 41% des alertes), tandis que les pratiques les moins développées concernent l'évaluations des tiers et la cartographie des risques.

L'éthique dans les entreprises françaises

Outre les performances observées dans les grandes régions du monde, les pratiques éthiques des entreprises françaises (à 80% PME et ETI) sont comparées par EcoVadis, et ce dans le contexte de la loi Sapin II2 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique. Depuis l'adoption de la loi, le nombre d'entreprises française ayant mis en place des politiques anti-corruption a plus que doublé (21% en 2015 vs 49% en 2018). Les chiffres concernant les mesures mises en place sont encore plus parlants : 6% des entreprises en 2015 ... contre 36% en 2018.

"La France affiche une belle progression sur les enjeux de corruption", commente Sylvain Guyoton, vice-président d'EcoVadis. "L'écart avec les pays les plus performants se réduit ces dernières années, notamment sous l'effet des dispositions de la loi Sapin II, les entreprises françaises semblent avoir pris le problème en main".


(1) Pour les besoins de l'étude, les résultats ont été regroupés en 12 grands secteurs & 2 tailles d'entreprise : 2 PME & ETI (25-999 employés) /Large (1000+ employés)

(2) Sur les 18 premiers mois d'application

L'étude complète est téléchargeable via ce lien


la rédaction

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