"Il faut inculquer une autre culture des délais de paiement"

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'Il faut inculquer une autre culture des délais de paiement'

Denis Le Bossé, président du cabinet ARC, présent aux dernières Assises des délais de paiement, revient sur les pistes d'améliorations ébauchées lors de cette journée pour continuer d'avancer sur cette problématique et nous livre son analyse de la situation.

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> Pendant les Assises il a été demandé à plusieurs reprises que le gouvernement fasse des délais de paiement une priorité absolue et porte le sujet sur le devant de la scène par la voix du président de la République. Quelle est votre position sur ce point?

La problématique des délais de paiement est que le sujet a longtemps été mis de côté. Mais depuis 2008, les gouvernements successifs ont fait beaucoup d'efforts. La LME impliquant une première réduction légale des délais à 45 jours fin de mois a eu un impact positif comme la mise en place du CICE. Autre dispositif mis en place, le prêt inter-entreprises, même si cette tentative a eu l'effet pervers de créer une dépendance financière entre entreprises. Le Name & Shame est l'une des tentatives les plus positives qu'il faut intensifier. Enfin, le renforcement du rôle pédagogique du commissaire aux comptes (dispositif qui concerne tout de même 180 000 entreprises) aura on l'espère un impact positif. Aujourd'hui l'arsenal juridique du gouvernement est donc fort. D'autant que les délais de paiement concernent la relation entre entreprises, le gouvernement peut poser un cadre légal mais ne peut s'immiscer outre mesure dans cette relation.

Il est vrai en revanche que la communication doit être intensifiée. La moitié des entreprises (TPE/PME) ne connaissent pas les différents médiateurs alors même que ce sont elles qui en ont besoin. Aujourd'hui la loi est là, c'est donc par l'enseignement qu'on va réussir à inculquer une autre culture sur les délais de paiement. Pendant des années on a instauré l'allongement des délais de paiement comme un critère de bonne gestion et éduqué nos managers à utiliser ce levier comme moyen d'optimisation. Faire machine arrière ne peut se faire en un claquement de doigts. Nous avons besoin d'actions concrètes pour expliquer qu'aujourd'hui une bonne gestion passe par le respect de ces délais. Ce respect, il faut l'inculquer par la sanction (le Name & Shame) et la pédagogie.La formation des managers doit et va changer.

Lire la suite page 2 - Quid du Name & Fame et des solutions de financement?


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