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Quand l'open innovation se met au service de la RSE

Publié par Marie-Amélie Fenoll le - mis à jour à
Quand l'open innovation se met au service de la RSE

Comment concilier open innovation et RSE? Qui intégrer dans le processus? Que ce soit en interne auprès de ses collaborateurs ou auprès de l'écosystème des startups. Témoignages de trois expériences réussies chez Jacquet Brossard, Veolia et les Laboratoires Expanscience.

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Quand l'open innovation se met au service de la RSE, cela peut donner de belles histoires de partenariat au sein des entreprises comme l'ont rapporté Jacquet Brossard, Veolia et les Laboratoires Expanscience à l'occasion d'une table-ronde "Open Innovation pour la RSE : comment répondre à ses enjeux sociétaux en ouvrant ses processus d'innovation ?" le 14 mars sur le salon Produrable.

Jacquet Brossard : impliquer l'ensemble de ses salariés

Il y a 2 ans, le groupe Jacquet Brossard (dépendant de Limagrain) a décidé d'impliquer ses collaborateurs en interne sur des sujets d'open innovation. "Nous souhaitions encourager l'autonomie et la prise d'initiative chez le salarié et l'accompagner dans la formulation et la rédaction de ses idées, dans l'optique qu'elles participent à la performance de l'entreprise, explique Lucie Smith, coordinatrice RSE et responsable innovation collaborative chez Jacquet Brossard (dépend de Limagrain), car ces personnes sont au plus près des produits (souvent sur la chaîne de production) et ont donc une forte légitimité à être intégrées à nos mécanismes d'innovation collaborative et de création de valeur." Son conseil? "Il ne faut pas hésiter à impliquer les populations les moins qualifiées comme les ouvriers".

Un mot d'ordre : "décloisonner"

Pour ce faire, l'entreprise a identifié 5 leviers de performance dont la RSE sur lesquels les collaborateurs pouvaient apporter leurs suggestions. "L'idée était aussi de décloisonner et d'avoir un management plus horizontal et donc d'aller vers une entreprise plus libérée", souligne la coordinatrice RSE et responsable innovation collaborative chez Jacquet Brossard. Au final, plusieurs projets ont été soumis dont deux sur le gaspillage alimentaire. Aujourd'hui, 92 % des déchets sont recyclés ou valorisés et l'ensemble des déchets alimentaires partent en revalorisation à l'alimentation animale ou pour faire du méthane. Pour ne pas limiter la revalorisation des déchets à la seule alimentation animale mais favoriser l'alimentation humaine, un de deux projet présenté concerne le développement de gammes pour commercialiser des produits aujourd'hui non conformes. "Nous avons donc un projet en cours pour lutter contre standardisation de l'offre alimentaire", précise Lucie Smith. L'autre projet retenu et déjà réalisé sur le site Jacquet Auvergne près de Clermont-Ferrand a consisté à faire repenser un moule avec au final "un résultat de plus de moins de 50% de déchets", détaille la coordinatrice RSE et responsable innovation collaborative.

Si ces projets semblent une réussite, Lucie Smith souhaite qu'un jour "il n'y ait plus de catégorie RSE en tant que telle mais que celle-ci soit prise en compte dans chacun des actes".

"Petit à petit, la RSE a infusé dans les directions de l'organisation"

Autre entreprise, autre exemple. Au sein des Laboratoires Expanscience, la démarche RSE a été entreprise dès 2004. Et dès 2009, un dialogue a été lancé avec les parties prenantes suite notamment à la rencontre du pdg d'Expanscience avec l'ONG Greenpeace et son guide Cosmetox sur l'industrie des cosmétiques. Après plusieurs réunions conjointes, "pour être challengé sur la partie RSE et aller plus loin pour co-construire, nous avons notamment développé une charte de formulation et de naturalité pour expliquer la composition de nos produits Mustela, gamme destinée aux nourrissons et femmes enceintes, et l'avons mise en ligne dès 2010", détaille Karen Lemasson, directrice RSE et open innovation chez Expanscience. Le constat semble positif : "Petit à petit la RSE a infusé dans les directions de l'organisation avec une culture de l'ouverture à la société civile", s'enthousiasme Karen Lemasson.

Lire la suite en page 2 : un accélérateur de startups chez Veolia






Expanscience : d'un dialogue corporate à une démarche d'open innovation

Le groupe a pris de nouveaux engagements RSE avec son "better living program". "Nous sommes passé d'un dialogue partie prenante corporate à une démarche d'open innovation", explique la directrice RSE et open innovation chez Expanscience. Une direction de l'open innovation a donc été crée et avec elle une démarche d'open innovation est née au sein du groupe. "Nous avions envie d'aller plus loin et de diffuser ces bonnes pratiques dans les différentes strates de l'entreprise,..., insiste Karen Lemasson, il fallait désiloter et faire participer les différents services (digital, rse, ...) sur notre "better living program"". Un innovathon a donc été lancé en interne avec une plate-forme de co-création mise à disposition des salariés avec au final, un collaborateur qui est aujourd'hui détaché sur un projet pour l'accélérer en interne. En parallèle, en externe, un accélérateur pour startups a été mis en place. Après un appel d'offre, les startups sélectionnées peuvent être hébergées pendant 6 mois et avoir accès au réseau des laboratoires. Un bénéfice pour les deux parties prenantes si l'on en croit la directrice RSE et open innovation : "car si l'on ne travaille pas au même rythme, on apprend chacun l'un de l'autre. Sans compter que cela permet de transformer à petites doses nos méthodes de travail sur des choses qu'on n'aurait pas pu faire tout seul". Ses conseils : "ne pas avoir peur de s'ouvrir et avoir confiance dans l'écosystème".

Un accélérateur de startups chez Veolia

Chez Veolia, la gestion des déchets est un sujet d'importance avec plus de 4 millions de tonnes recyclées par an. "Les modes de gestion des déchets évoluent avec des choses toujours plus complexes et plus diverses. On ne peut plus faire les choses tout seul, on a donc besoin de trouver des partenaires expérimentés sur le sujet. C'est pourquoi on a ouvert l'innovation", explique Sébastien Flichy, directeur innovation valorisation et marketing chez Veolia recyclage et valorisation des déchets.

Ainsi, en 2010, Veolia a lancé son accélérateur VIA pour Veolia Innovation Accelerator. Celui-ci s'adresse principalement aux startups, aux entrepreneurs et aux petites et moyennes entreprises (PME). Elle permet la mise en relation des apporteurs de solutions innovantes avec l'écosystème Veolia : chercheurs, responsables de Business Units, experts... en France comme à l'étranger. Mais le groupe a aussi une autre approche : celle de "trouver des partenaires pour compléter ses solutions et proposer de nouvelles offres commerciales", souligne Sébastien Flichy. Exemple avec la startup Eqosphère, qui lutte depuis 2012 contre le gaspillage alimentaire et non alimentaire des entreprises privées et organismes publics et propose notamment une offre de gestion des bio-déchets. Un partenariat a été signé il y a près de 18 mois entre Veolia et Eqosphère pour bâtir une offre commune. Un partenariat qui doit sa réussite à la "patience, l'exigence, la dimension humaine et les liens construits entre les équipes opérationnelles des deux parties importantes, détaille Xavier Corval, président d'Ecosphère, il ne faut pas être dans le gadget mais avoir des visions à long terme et voir les affaires et l'open innovation comme un art moteur pour changer le monde".

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