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Pas de machine sans l'humain !

Pour Thierry Cadiot de l'Arseg, si la vidéosurveillance permet d'économiser en ressource humaine, la qualité du service rendu n'est pas uniquement due à l'agent qui est derrière la machine. En novembre 2017, le délégué interministériel à la sécurité privée a saisi la Médiation des entreprises afin de lancer des travaux pour améliorer les relations dans la filière. Autour de la table, les syndicats représentatifs des entreprises de sécurité privée, le SNES et l'USP, mais aussi le Club des directeurs de sécurité et de sûreté (CDSE) et certains donneurs d'ordres publics comme l'Ugap, la ville de Paris, le ministère de la défense, veulent trouver un accord pour assainir les conditions de marché.

" Faire du prix le critère majoritaire au lieu de la qualité ne permet pas au secteur de se professionnaliser. Les conditions de rentabilité des entreprises de sécurité sont très mauvaises y compris pour les leaders du marché. C'est ce qui contribue à paupériser et les entreprises et leurs salariés, les agents de sécurité ", explique Olivier Duran, directeur de la communication du SNES. Une dérive qui peut s'expliquer notamment par la massification des achats de sécurité, d'après Thierry Cadiot.

Dans certains cas, trop nombreux, alors qu'il a été établi un prix de revient minimum d'un agent de sécurité , à l'heure actuelle on constate une perte par heure vendue. Résultat : des entreprises qui ne margent pas, des agents de sécurité non formés, mal payés, donc peu efficaces... " Un agent sous qualifié avec un appareil mal dimensionné ne fait que dégrader encore un peu plus la qualité de service, reprend Thierry Cadiot. C'est pourquoi il faut accepter de payer la sécurité à son juste prix, en se positionnant du côté de l'agent de sécurité. Tant qu'on paiera mal, nous n'aurons que ce que l'on achète, de la non qualité". Comme solutions, le Snes et l'USP prônent l'instauration d'une garantie financière destinée à assainir le marché d'un point de vue structurel, sorte de caution qui garantirait la capacité du sous-traitant à payer ses charges sociales, afin de limiter le travail illégal ou la sous-traitance en cascade, ce qui réduirait le nombre d'opérateurs et les rendrait de fait plus performants.

Dans un deuxième temps, le SNES souhaiterait avec l'aide des pouvoirs publics instaurer un observatoire de l'évolution des prix et coûts du secteur de façon à avoir des données objectives pour apporter un indice d'évolution des prix en fonction de l'évolution des coûts sociaux. " Nous voulons évoluer et proposer des offres plus complètes au niveau technologique. Au lieu de mettre 40 agents H24 sur un site, faire une offre plus compétitive en associant des moyens électroniques et vidéo, voire des robots par exemple. Le secteur doit évoluer dans son mix humain/technologie, donc investir en R&D, ce qui implique de meilleures conditions de marché ", conclut Olivier Duran.

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Sonia Puiatti

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