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Flex office : le revers de la médaille

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Flex office : le revers de la médaille

S'il transforme l'environnement de travail, il présente néanmoins des désavantages. Face à cela, des sociétés de conseil en immobilier d'entreprise plaident pour d'autres formes d'aménagement comme le " New ways of working " inspiré d'Europe du Nord.

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Le flex office, ou le fait de ne pas avoir de poste attribué, est aujourd'hui une réalité pour 14 % des salariés français, révèle le dernier baromètre Actineo sur la qualité de vie au travail. Sur l'ensemble des actifs français, on observe une progression de l'ouverture au modèle "sans bureau fixe". Et 50 % des salariés avouent même qu'ils ne seraient pas gênés de ne pas avoir de bureau attitré s'ils pouvaient bénéficier d'un poste de travail avec tous les outils à disposition .

Flex office : premier arrivé, premier servi ?

Cependant, bien que le flex office tende à devenir la norme des espaces de travail, 24 % des répondants qui n'ont pas de bureaux attribués admettent qu'ils s'installent là où ils trouvent de la place (soit dans un espace individuel, soit dans un espace collectif ouvert). Alors "premier arrivé, premier servi ?", s'interroge l'observatoire de la qualité de vie au travail Actineo.

Cela semble être le cas, car 92 % des sondés expliquent ne pas pouvoir pré-réserver une place. Et au final, parmi les travailleurs en flex office, 22 % se déclarent insatisfaits de leur qualité de vie au travail, contre 13 % en moyenne chez les actifs français travaillant au bureau.

Pour Han Paemen, directrice Workplace chez Colliers International, société de conseil en immobilier d'entreprise, le flex office ne semble pas être la panacée : "On estime à 30 % le taux de satisfaction des utilisateurs de ces espaces flexibles. Car d'une part, le collaborateur a perdu son poste mais ne sait pas ce qu'il a gagné, et d'autre part, une fois qu'un salarié a trouvé une bonne place, il a tendance à ne plus vouloir en bouger. C'est paradoxal, car la baisse des coûts ne fonctionne pas et le taux de partage n'est pas si bon que ça".

De même, le concept d'environnement dynamique qui permet de réserver des espaces spécifiques en fonction des tâches apparaît à ses yeux comme une solution mitigée."Au final, que ce soit en environnement dynamique ou en flex desk, on reste dans une démarche avant tout immobilière". Comprendre une réduction et/ou optimisation des mètres carrés de bureaux. Une logique dont veut sortir le NWoW pour "New ways of working", né de l'inspiration des pays d'Europe du Nord.

Sortir d'une logique immobilière

La démarche NWoW mise en avant par Colliers s'appuie sur quatre piliers :

  • l'orientation résultat
  • autonomie/responsabilité
  • la confiance
  • la connexion

"L'idée est de regarder quels environnements flexibles fonctionnent, mais également quelle est la satisfaction des individus et l'effet sur leur performance", explique Han Paemen.

Dans un contexte de transformation d'entreprise, il s'agit de proposer au salarié une organisation personnelle dans l'espace. Aller plus loin dans l'autonomie avec des environnements par activité. On peut imaginer dans les ailes d'un bâtiment, une entrée de plateau avec des espaces pour travailler ou se réunir de manière informelle ou encore prendre un café. Ensuite, on aurait des espaces ouverts ou fermés avec des bulles pour pouvoir s'isoler, des salles de réunion, et des espaces ouverts en mode collaboratif.

Dans le NWoW, on va encore plus loin qu'en environnement dynamique. On imagine un espace plus communautaire dans l'immeuble : une sorte de place de village pour un aspect plus identitaire. Et la directrice Workplace de conclure : "En France, on croit plus au NWoW qu'au flex office car il apporte une vision plus humaniste".

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Marie-Amélie Fenoll

Aude Guesnon,<br/>rédactrice en chef Aude Guesnon,
rédactrice en chef

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