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RSE... "Une réelle opportunité pour faire évoluer le métier d'acheteur travel"

Publié par Aude Guesnon le | Mis à jour le
RSE... 'Une réelle opportunité pour faire évoluer le métier d'acheteur travel'

3 Questions à... Carole Poillerat, figure bien connue du travel management, qui a créé son entreprise, ComSense, et propose des formations sur la RSE à l'ensemble de l'écosystème des déplacements professionnels

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ComSense, Green Evénements et SAP Concur ont décidé de proposer une formation sur la RSE destinée à l'ensemble de l'écosystème des déplacements professionnels, tant pour les entreprises acheteuses de voyages d'affaires que pour l'ensemble de la chaîne de prestataires, agences de voyages, logiciels de réservations, transporteurs, hôteliers, consultants, etc. 3 Questions à Carole Poillerat ...

Pourquoi proposer une formation sur la RSE destinée à l'ensemble de l'écosystème des déplacements professionnels ? La RSE n'y est-elle pas encore bien ancrée ?

Les sujets de RSE ne sont pas nouveaux dans le monde des déplacements professionnels mais leur importance est accélérée par la crise sanitaire et la pression des comités de direction des entreprises sur ces sujets s'accroît fortement. Dans certaines entreprises du CAC 40, on parle même de budget CO2 par voyageur à mettre en place. Ce sujet était jusqu'à présent important mais non essentiel alors les acteurs des déplacements professionnels ne sont pas encore tous penchés sur les fondamentaux des enjeux. Les instances réglementaires internationales imposent aujourd'hui aux entreprises des rapports sur leurs émissions de gaz à effet de serre sur les "scope" 1 et 2 mais pas encore sur le scope 3 dont les déplacements professionnels font partie. Sur ce dernier "scope", les instances le recommandent fortement. Celui-ci n'est cependant toujours pas assez pris en compte dans le calcul des émissions de GES, alors que ce périmètre est très émetteur.

Face à la pression de l'opinion publique grandissante, le scope 3 ne peut plus être ignoré ; les déplacements professionnels vont donc être de plus en scrutés.

Je ferai un parallèle avec le digital pour lequel les entreprises avaient nommé des CDO (Chief Digital Officer) pour l'implémenter dans l'entreprise jusqu'à ce que le sujet soit la responsabilité de tous. Aujourd'hui, les responsables RSE ne peuvent plus porter seul le sujet. Cette responsabilité doit donc s'étendre à l'ensemble des fonctions. La route est longue et elle commence par la compréhension de ce vaste sujet et donc, la formation.

Il est maintenant urgent de passer à l'action et c'est pourquoi l'ensemble des acteurs de cet écosystème doit se former sur la RSE.

Selon votre benchmark, quelles sont les pratiques qui sont déjà installées et celles qui ne le sont pas ?

Je dirais que la plupart ne le sont pas encore. Quelques initiatives de compensation carbone sont faites soit grâce à des programmes proposés par des fournisseurs comme Air France ou Amex GBT, par exemple (encore peu de prestataires en proposent), soit par des partenaires contractés par les départements RSE des entreprises consommatrices de voyages. Cependant, on parle encore beaucoup de compensation mais trop peu d'un programme complet d'évaluation et de réduction.

Des critères RSE de sélection des fournisseurs sont inscrits dans les appels d'offres mais ne sont pas encore décisifs dans le choix final. Des discussions sur le temps utile du voyage et du confort du voyageur à prendre en compte sont discutés, mais rien de bien concret aujourd'hui. Les budgets CO2 sont en discussion mais ne sont pas encore en place ; les algorithmes des plateformes de réservation vont inclure de nouveaux critères de sélection de voyages. Seule une poignée d'entreprises est aujourd'hui volontaire pour investir à court terme et générer des économies sur le long terme. Les systèmes de reporting s'adaptent aussi et des nouveaux tableaux de bord vont voir le jour.

Comment expliquez-vous les difficultés rencontrées par les professionnels du voyage d'affaires pour progresser dans ce domaine ?

La difficulté majeure est le manque de connaissance et d'absence de benchmark pour savoir par où commencer. Le voyage d'affaires est une catégorie d'achat très sensible car elle touche personnellement les collaborateurs ; il y a donc peu de tolérance aux erreurs et modifier une politique voyage n'est pas simple car elle implique de nombreux intervenants comme la RH, la sécurité, les achats, les directions opérationnelles et les organisations syndicales, le cas échéant.

Mais la montée en puissance de la RSE sur cette catégorie d'achat est une réelle opportunité pour faire évoluer le métier d'acheteur travel en y ajoutant une expertise complémentaire et indispensable pour rester au coeur des préoccupations des organisations.

Pour embarquer les collaborateurs et les prestataires sur les sujets de RSE, il faut parler le même langage et c'est un des objectifs de cette formation destinée à la fois aux acheteurs et aux prestataires de services.

Je suis ravie d'avoir collaboré avec Green Événements, cabinet de conseil spécialisé en RSE et organisme de formation, pour construire un programme de formation pratique avec des exemples, des méthodes et des outils et aider les apprenants à mettre en musique concrètement ce qu'ils auront appris.Nous travaillons également aux côtés de notre partenaire SAP Concur qui nous aide à mieux comprendre les enjeux de la RSE dans les déplacements professionnels et qui nous apporte son éclairage sur des initiatives réussies.

Les 4 premiers modules de la formation sont programmés les 24 novembre, 1er, 8 et 15 décembre 2020. Pour en savoir plus et vous inscrire, ?cliquez ici Cette formation est éligible au ?FNE? . Elle peut aussi être dispensée en intra-entreprise, sur demande.

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