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Transformation digitale : le grand oublié des directions des achats ?

Les fichiers Excel ont-ils encore de beaux jours devant eux ? Il faut le croire. Seuls 46% des acheteurs interrogés déclarent que leur organisation achats possède une feuille de route de transformation digitale incluant les nouvelles technologies. Ce pourcentage est un peu plus important chez les directeurs achats : 56%, soit 10 points de plus que l'ensemble du panel. Une différence qui peut s'expliquer par le manque de visibilité sur ce point pour une partie des répondants.

"Notre feuille de route digitale est claire : dématérialiser l'ensemble de nos processus, ce qui est fait aujourd'hui ; nous sommes en "zéro papier", précise Pascal Pelon, directeur des achats chez Axa France. "Nous entamons maintenant des recherches de solutions à base de robotique et d'intelligence artificielle pour améliorer toujours plus l'efficacité de la fonction."

Sur cette question, une différence sectorielle apparaît. Les entreprises de services sont beaucoup au fait : 68% des acheteurs évoluant dans l'univers de la formation et du conseil déclarent posséder une feuille de route en matière de transformation digitale, 61% dans l'informatique et les télécoms, 58% dans la banque, la finance et les assurances, ou encore 52% dans le tourisme. Des résultats qui n'ont rien d'illogiques, le coeur de métier de ces secteurs BtoC étant lui-même très porté par la transformation digitale.

A l'inverse, les entreprises industrielles plus traditionnelles ne semblent pas autant avancer : 30% des acheteurs dans l'automobile sont concernés par une feuille de route en matière de transformation digitale, 38% dans la métallurgie et la mécanique, ou encore 43% dans l'aéronautique et la défense. "Les outils IT que nous déployons aujourd'hui (e-procurement, e-sourcing, SRM) transforment notre métier d'acheteur", commente Jean-Luc Baras, directeur des achats chez Eiffage. "Paradoxalement, cela donne plus d'autonomie aux utilisateurs opérationnels mais cela permet un pilotage objectif de la performance fournisseurs. Et demain, les solutions de data analytics vont nous permettre de travailler nos benchmarks et de réduire les écarts types."

En matière de technologies et de solutions digitales, ce sont les outils collaboratifs qui se développent le plus au sein des directions des achats selon 58% des répondants, loin devant les solutions de SRM (Supplier Relationship Management - 41%), l'automatisation des tâches avec des solutions de type RPA (Robotic Process Automation - 30%), le data analytics (24%), les enchères inversées (12%) et les places de marchés (12%). Sujets très à la mode s'il en est, les notions d'intelligence artificielle (4%) et de blockchain (2%) semblent encore très anecdotiques parmi les directions des achats.

"La transformation digitale est engagée au ministère des Armées", témoigne Jean Bouverot, alors responsable ministériel des achats au ministère des Armées. "La ministre a inauguré en mars 2018 le nouveau système transactionnel qui comptera 7000 utilisateurs. L'intelligence artificielle arrive dans notre métier, notamment avec le projet NRJ360 qui permet de détecter les anomalies de consommation d'énergie pour suggérer des améliorations ciblées."

L'externalisation des processus concerne avant tout les audits RSE

Près de 72% des personnes interrogées estiment qu'une partie des process achats de leur organisation va être externalisée en 2019. Pour ces dernières, ce sont surtout les audits RSE qui vont faire l'objet d'une externalisation auprès d'un prestataire extérieur (57% des répondants). Un résultat logique car ce type d'audit nécessite l'intervention de cabinets spécialisés, à l'image de l'attribution du Label Relations Fournisseurs & Achats Responsables, décerné par la Médiation des Entreprises et le CNA (Conseil national des achats) après examens par des auditeurs indépendants.

Parmi les autres processus achats externalisés, le sourcing (pour 25% des répondants) et la gestion des contrats (23%) permettent de faire face à des accroissements d'activité, à un certain manque d'expertise en interne sur des familles d'achats très précises, ou encore à un manque de personnel, en recourant par exemple à des cabinets de conseil ou à des équipiers achat.


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