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L'objectif de réduction des coûts repart très légèrement à la hausse

En 2019, 75% des personnes interrogées déclarent que la réduction des coûts restera le premier objectif des directions des achats. Ce résultat demeure historiquement bas en regard des années précédentes. En revanche, il augmente de 3 points par rapport à l'étude 2018 qui marquait un tournant dans les relations entre donneurs d'ordres et fournisseurs vers des relations plus apaisées.

"Cette augmentation, qui ne montre pas non plus un changement de cap radical, traduit tout de même une inquiétude des directions des achats pour 2019, dans un contexte politique et économique, aussi bien au niveau international que national, plus tendu qu'en 2018. Un certain nombre d'organisations ont d'ores et déjà anticipé un ralentissement économique et donc des réductions de coûts à venir. Dans l'absolu, ce pourcentage de 75% est important mais reste logique. En effet, pour la plupart des directions générales, le rôle de la fonction achats est prioritairement d'optimiser les coûts, à l'heure où la notion de performance économique est plus que jamais de mise. A court terme, face à des relations qui se sont tendues avec des fournisseurs de premier rang, certaines directions des achats vont reporter leurs objectifs d'économies sur d'autres familles d'achats alors que ces dernières n'étaient pas considérées comme prioritaires les années passées."

" L'optimisation des coûts reste un invariant de la fonction achats, en particulier chez des ensembliers comme nous où 80% des coûts sont des coûts d'achats", commente Frédéric Thielen, directeur des achats du Groupe Brandt. "Pour autant, il s'agit de mettre en place les prérequis pour qu'elle soit vécue comme une opportunité de collaboration plutôt que comme une contrainte sans finalité particulière."

Réduction des coûts : le secteur public rattrape (un peu) son retard

Comme chaque année, la réduction des coûts est un objectif prioritaire pour une plus grande proportion de répondants issus du secteur privé que du secteur public : 76% contre 65%, soit une différence somme toute importante de 11 points. Cela dit, cette proportion progresse de manière substantielle dans le secteur public, avec une hausse de 7 points par rapport à l'an dernier, ce qui n'est pas neutre. Entre les réformes souhaitées par le gouvernement et les conséquences de l'action des "gilets jaunes" qui commençaient à se faire sentir au moment de l'étude, l'optimisation des achats publics va sans doute se révéler un levier essentiel pour l'équilibre des finances publiques, aussi bien pour les organisations relevant de l'Etat que pour les collectivités territoriales. "Les achats restent un des premiers leviers de l'équilibre des finances publiques", souligne Marc Sauvage, président du Conseil national des achats et directeur général adjoint de la région Ile-de-France en charge des achats, de la performance, de la commande publique et du juridique.

"La réduction des coûts est cruciale pour le ministère des Armées", témoigne Jean Bouverot, alors responsable ministériel des achats au ministère des Armées. "Mais n'oublions pas que le ministère consomme de l'argent public. Il se doit donc d'observer également d'autres paramètres que ceux qui conduisent les entreprises à l'accroissement de leur marge opérationnelle. Le ministère est fier d'intégrer dans ses objectifs de performance des clauses sociales et environnementales, des actions à destination des PME et de l'achat local favorisant le renfort du lien entre l'armée et la nation. Par exemple, pour des sujets d'apparence commune comme les fournitures de bureau, le ministère s'approvisionne localement auprès d'un groupement constitué de 18 PME autour d'un même catalogue."

Lire la suite en page 3: Les entreprises industrielles, davantage portées sur la réduction des coûts que des services


la rédaction

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