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Les directions achats restent attentives à l'éthique des affaires

Si l'année 2019 annonce des relations potentiellement plus tendues avec les fournisseurs et donc de possibles dérives, l'éthique des affaires reste une préoccupation centrale des directions des achats. Dans ce sens, près de 67% des personnes interrogées déclarent avoir été formées au cours des 24 derniers mois à l'éthique des affaires. A noter une différence notable pour le secteur public, où "seuls" 59% des acheteurs publics ont suivi ce type de formations, soit 8 points de moins que la moyenne du panel.

"D'une manière générale, les directions des achats restent très vigilantes sur le sujet de la corruption, particulièrement dans les grandes entreprises", souligne Olivier Wajnsztok. "A ce titre, la Loi sur la transparence, la lutte contre la corruption et la modernisation de la vie économique (dite "Sapin 2"), adopté par le Parlement le 8 novembre 2016 et validée définitivement par le Conseil constitutionnel le 8 décembre 2016, ne nécessite d'actions spécifiques "que" pour 28% des personnes interrogées." Pour rappel, cette Loi a pour ambition de porter la législation française aux meilleurs standards européens et internationaux en matière de lutte contre la corruption et de contribuer ainsi à une image positive de la France à l'international. L'un des projets phares de cette Loi est notamment de mieux prévenir et détecter la corruption. Pour ce faire, deux dispositifs ont été mis en place : la création d'une Agence nationale de prévention et de détection de la corruption d'une part, et une obligation de vigilance applicable aux grandes entreprises (> 500 salariés et ayant un chiffre d'affaires > 100M d'euros) d'autre part, afin que ces dernières mettent en oeuvre des procédures de détection et de prévention des faits de corruption ou de trafic d'influence (par exemple, un code de conduite ou un programme de formation du personnel). Cette obligation concerne environ 1.570 groupes qui, au total, emploient 5,3 millions de salariés en France.

"Tous nos acheteurs sont formés à la déontologie", commente Pascal Pelon, directeur des achats chez Axa France. "Une déclaration d'absence de conflits d'intérêts est demandée à chacun d'entre eux annuellement."

Arnaud Choulet, directeur achats Groupe chez Korian souligne quant à lui que "Les acheteurs et les fournisseurs signent notre charte des achats responsables."

Start-ups : des fournisseurs pas si favorisés que cela

Alors que les start-ups sont généralement considérées comme des fournisseurs innovants mais à risques, notamment en termes de dépendance économique, très peu de donneurs d'ordres ont finalement mis en place un processus pour simplifier le sourcing et surtout la collaboration avec cette typologie d'entreprises. Seuls 16% des acheteurs affirment en effet s'appuyer sur un processus défini en interne pour simplifier le travail avec les start-ups. A noter qu'une part non négligeable des personnes interrogées (21%) ne semble pas être au courant de l'existence ou non de ce type de dispositif, ce qui dénote un certain manque de communication en interne.

"La recherche d'innovations ne peut se faire sans l'accès aux start-ups ou scale-ups", souligne Pascal Pelon. "Nous expérimentons actuellement un processus allégé d'entrée en relation avec elles, sans remettre en cause toutefois nos obligations en termes de protection des données personnelles ou de sécurité informatique".

Parmi les 16% ayant répondu positivement, seulement 30% estiment que le dispositif mis en place pour simplifier le travail avec les start-ups a atteint son rythme de croisière. Au contraire, ils sont près de 65% à penser que ce type de process est encore en phase de lancement voire d'expérimentation. Des résultats qui prouvent, s'il y a lieu, qu'il n'est pas toujours facile d'intégrer des start-ups à ses panels fournisseurs, particulièrement pour les très grands comptes.

"Uniquement 16% d'acheteurs s'appuyant sur un processus défini en interne pour simplifier le travail avec les start-ups... c'est très peu", commente Karine Alquier-Caro, directrice achats chez Legrand. "Les directions achats agissant en transverse des programmes d'innovation et d'accélération dans le digital des entreprises doivent être acteur du process. Sinon, ces relations s'instaureront sans nous et serons hors de notre domaine accessible. Cela me rappelle une rencontre au CES 2018 à Las Vegas où un jeune start-upper, à qui je demandais de m'expliquer son business case et son concept, m'a répondu : "Ah non, les achats, je ne dois pas leur parler !"

Parmi les branches d'activité, c'est très clairement dans le secteur des services et du BtoC, très friands de solutions innovantes, que des dispositifs spécifiques pour collaborer avec les start-ups ont été mis en place : 28% des répondants dans le tourisme, 27% dans la banque, la finance et les assurances, ou encore 22% dans l'informatique et les télécoms. A l'inverse, une minorité d'entreprises industrielles se sont dotées d'un processus adapté aux start-ups : 5% dans l'industrie lourde, 9% dans l'automobile, 11% dans la métallurgie ou dans la mécanique.


 
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