Recherche
Mag Décision Achats
S'abonner à la newsletter S'abonner au magazine
En ce moment En ce moment

Publié par le | Mis à jour le

Je m'abonne
  • Imprimer

Être en contact avec nos émotions, une priorité

Gérer les émotions, c'est également être capable de gérer nos propres émotions qui peuvent, lorsque leur intensité est trop forte, nous amener à cesser de penser de façon claire.

Il existe ici une erreur courante qui consiste à essayer de nous couper de nos émotions, de devenir un "animal à sang froid". Cela déclenche ce que nous appelons le Super Effet Boomerang ou effet "cocotte minute". La personne se coupe de ses émotions, mais celles-ci sont toujours présentes et continuent à monter en pression ou en intensité, jusqu'au moment où il devient impossible de ne pas les sentir et impossible de les contenir. Ce "coup d'état des émotions" conduit alors l'individu à adopter des comportements complètement inappropriés à la situation : coup de colère, blocage, agressivité...

Il est donc indispensable de sentir la montée progressive de nos propres émotions et cela est possible en étant attentif à trois indicateurs :

- L'indicateur physiologique : la colère se manifeste chez chacun d'entre nous de façon somatique et différente (douleur particulière à un endroit, bouche sèche, accélération des battements cardiaques...) Être à l'écoute de notre corps nous permet d'identifier la montée de l'émotion et de la traiter à un moment où son intensité est limitée, à un moment où cela est encore possible

- Les pensées obsessionnelles sont ces pensées qui tournent sans cesse dans notre tête quel que soit l'instant. Elles sont à considérer comme un indicateur fort d'une émotion qui est en train de se développer

- La position de juge ou de victime : derrière chaque formulation de critique (dans notre tête ou verbalement) à l'égard d'une personne donc à chaque fois que nous adoptons une position de juge ou derrière chaque position de victime (pauvre de moi), l'émotion est présente et se développe. Prendre conscience de cette position permet donc de prendre conscience du développement de l'émotion.

L'intelligence émotionnelle, ça se travaille !

Selon la formule consacrée, les "émotions sont de bons serviteurs mais de bien mauvais maîtres". N'oublions pas que les émotions sont utiles : un minimum de colère peut nous donner l'énergie pour nous affirmer dans une situation de la même façon qu'une dose d'inquiétude ou de peur peut nous stimuler à trouver des solutions créatives à un problème.

Au-delà de cela, les émotions constituent le ciment des relations interpersonnelles. Une relation sans composante émotionnelle ne s'inscrit pas dans le temps. C'est particulièrement important pour la fonction achats qui est avant tout une fonction de relations aussi bien internes avec les stakeholders qu'externes avec les fournisseurs.

Utiliser et développer son intelligence émotionnelle pour gérer un processus de transformation suppose que cette intelligence émotionnelle se développe. Et c'est le cas ! L'intelligence émotionnelle se mesure et se développe.

Un des outils les plus utilisés au monde est l'EQ-i (Emotional Quotient Inventory) 2.0 qui a été développé par le Dr Reuven Bar-On en 1997 après plus de 15 années de recherches. Il identifie 15 compétences précises regroupées en cinq dimensions qui sont en constante interaction. Il s'agit de la perception de soi qui a un impact sur l'expression individuelle, ce qui va conditionner nos relations avec les autres ou relations humaines mais également notre façon de prendre des décisions et de gérer notre propre stress.

Ce travail de développement sur ces 15 compétences peut aussi bien être réalisé pour un individu que pour une équipe. Le travail sur les déséquilibres entre les compétences permet aux personnes d'être en particulier plus à l'aise avec l'écoute, l'acceptation et l'expression des émotions qui, nous l'avons vu, font partie des conditions pour accompagner efficacement tout processus de transformation.

Par Dominique Rondot, dirigeant du cabinet C3S Consulting spécialisé dans l'intelligence émotionnelle, le leadership et le développement de la performance dans les négociations d'achat. Il est également chargé de cours au sein de l'Université Grenoble Alpes, dans le cadre du master Desma

Lire aussi, du même auteur:


Le leadership dans les achats

Le leadership dans les achats : comment le développer ?

Leadership achats : quel style développer?

La négociation co-créative, une nouvelle voie pour renouer avec la performance achats

[Vidéo] La négociation co-créative en 3mn


Je m'abonne

Dominique Rondot

NEWSLETTER | Abonnez-vous pour recevoir nos meilleurs articles