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Le Dif, un dispositif connu mais mal utilisé

Publié par Charles Cohen le

Selon deux études réalisées par Demos, les salariés ont une connaissance grandissante du Dif même s'ils maîtrisent mal ses modalités d'application.

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Si la majorité des salariés est très au fait de l’existence du Dif (94% dans le secteur public et 95% dans le secteur privé, ce qui constitue une nette progression par rapport aux études précédentes), nombre d’entre eux sont peu informés sur ses modalités d’application. Tel est l’enseignement tiré de deux études réalisées par Demos*.

Selon ces études, la communication autour du Dif est impulsée par le service RH-Formation de l’entreprise dans 60% des cas.
Autre aspect positif en progression, les salariés sont de plus en plus au fait des heures de Dif qu’ils ont à leur disposition et souhaitent en profiter dès qu’ils auront trouvé la formation correspondant à leurs besoins.
En revanche, les résultats rendent compte d’une appropriation lente et d’une diffusion progressive du dispositif : 50% des employés, aussi bien du secteur public que du secteur privé ne savent pas comment, ou pour quelle formation, utiliser le Dif.

Selon l’enquête, le mode d’emploi du dispositif demeure encore aujourd’hui un obstacle pour un bon nombre de salariés. Une constatation qui s’explique, entre autres, par le fait que le Dif n’est pas encore très mature dans les entreprises elles-mêmes – seulement 30% des sociétés ont une politique de Dif structurée – et que les informations sur cette pratique ne sont pas prioritaires.
En effet, l’actualité communiquée aux salariés est souvent individuelle (plus de 60% des salariés du secteur public sont informés par courrier individuel) et très factuelle. Elle n’explique pas comment ceux-ci acquièrent leurs heures de Dif, ou encore les objectifs que cette formation permet d’atteindre.
Cela explique pourquoi dans 66% des entreprises interrogées, moins de 20% des salariés utilisent leur Dif chaque année.
On constate cependant une volonté progressive des salariés dans l’application de leur Dif : 59% de ceux du secteur public et 66% de ceux du secteur privé utilisent cette solution à leur propre initiative.

On note que près d’un salarié sur deux souhaite utiliser son Dif pour une formation relevant du développement personnel : ce chiffre est en nette augmentation par rapport aux années précédentes. Les formations les plus demandées concernent également la communication, l’efficacité personnelle, les langues, le management, l’informatique et la bureautique.
Le Dif pousse visiblement les employés à se former davantage. «Les salariés se forment plus et le taux d’accès des catégories qui se formaient peu augmente», précise Jean-Pierre Willems, consultant en droit social et ressources humaines chez Demos.

Le Dif et le budget de l’entreprise

La part du budget formation consacrée au Dif est directement proportionnelle au taux d’utilisateurs, soit 20%. Si le développement du Dif est souvent lié au financement des OPCA, les auteurs notent que la part des OPCA a vocation à diminuer à mesure que le Dif gagne en maturité.
Parmi les modes de financement envisagés, certaines entreprises couplent Dif et professionnalisation, dès lors que «la formation suivie remplit les conditions pour entrer dans le cadre des périodes de professionnalisation».
En matière budgétaire, pas moins de 50% des entreprises du secteur public pensent rencontrer des difficultés pour financer le Dif à l’avenir, contre 39% des entreprises du secteur privé. Les entreprises doivent donc trouver une solution efficace et durable pour financer le Dif et le développer.

*Ces deux enquêtes ont été menées entre octobre 2009 et mars 2010 auprès d’un panel de 300 entreprises et de 1800 salariés.

 
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