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Performance RSE: l'Europe en tête, le reste du monde en forte progression

Publié par Sonia Puiatti le

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Comment Ecovadis vérifie les informations fournisseurs ?

Ecovadis a réalisé fin 2016 une levée de fonds de 30 millions d'euros, qui servira entre autres objectifs à des investissements R & D pour soutenir l'évaluation des fournisseurs et notamment améliorer leur fiabilité grâce à l'industrialisation (projet d'intégration de l'intelligence artificielle par la NLP et le machine learning). À cet effet, une équipe a été formée l'année dernière. Cette levée de fonds doit aussi servir la création de nouveaux points de données, dont certains sont encore très prospectifs (robots dans les usines, blockchain, etc.).

Ce challenge de la fiabilité de la notation s'explique par l'augmentation des faux documents produits par les entreprises évaluées, qui doivent remplir des questionnaires n'ayant qu'une valeur déclarative. En parallèle, la tâche d'Ecovadis est rendue compliquée par la multiplication des labels et certifications dans tous les secteurs. Les responsables d'Ecovadis reconnaissent qu'il est difficile d'avoir une visibilité sur l'ensemble de la supply chain et surtout au-delà du rang 1.

Les 150 analystes d'Ecovadis évaluent à travers leurs questionnaires la politique et les actions concrètes de l'entreprise, ainsi que le suivi des résultats, et exigent la production de pièces justificatives. Un outil de veille leur permet d'en vérifier la véracité, grâce aux bases de données gouvernementales ou aux informations issues de la presse professionnelle. Ces informations sont extraites et notées par les analystes en fonction de leur existence réelle et de leur qualité, selon des engagements chiffrés. Cette note est ensuite validée par des analystes seniors. A terme, le machine learning devrait suppléer les analystes en établissant un premier tri leur permettant de se concentrer sur les points pertinents issus des différents documents. "Globalement, les entreprises jouent le jeu de la transparence. L'un de nos objectifs est de varier les sources, en se servant des ONG, du social media... Nous testons par exemple la parole des travailleurs interrogés directement dans des usines chinoises. Il faut de toute façon se détacher d'une source unique" précise Alejandra Miranda, global program manager chez Ecovadis.

Le résultat de cette évaluation, appelé le scorecard, délivre un score sur 100 à l'entreprise. Cette notation est comparable entre deux entreprises mêmes aux profils totalement différents, afin que les acheteurs puissent comparer leur performance RSE. L'indice précise également les points d'amélioration et les forces du fournisseur, et offre une couverture pour l'ensemble du périmètre évalué, permettant le bon déroulement d'une politique d'achats responsables par catégorie. "Les acheteurs doivent monter en compétence mais ce n'est pas leur métier d'être experts en RSE. Notre outil est là pour les sensibiliser et leur délivrer des résultats simples", avance Nicolas Dussert, senior sales manager chez Ecovadis. Ecovadis souhaitant mettre la technologie au service de ses analystes, un outil baptisé Cybervadis, sur le principe de la blockchain, est actuellement déployé dans un lab en bétatest. Son lancement est prévu début 2018.

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