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"Innover est une condition de survie pour l'entreprise" - M. de Neuville, DA groupe Pierre & Vacances Center Parcs

Publié par Marie-Amélie Fenoll le
'Innover est une condition de survie pour l'entreprise' - M. de Neuville, DA groupe Pierre & Vacances Center Parcs

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Parlons innovation. Comment les achats la favorisent-ils ?

Au sein du groupe, l'innovation obéit à deux cycles. En premier lieu, un cycle long pour tout ce qui concerne l'immobilier. Compte tenu des contraintes liées notamment aux permis de construire et à la durée des projets, l'innovation doit être largement anticipée et réalisée avec des partenaires solides car le groupe n'a pas toujours une R & D suffisante en interne. En second lieu, un cycle court pour tout ce qui concerne le tourisme et les produits et services que nous offrons à nos clients. On peut y ajouter l'innovation liée à nos processus de travail.

Dans ce cadre, un processus "trial and error" est envisageable avec des sociétés innovantes. L'innovation a toujours été présente dans le groupe, mais elle n'est pas organisée autour d'un point central. Chaque département y travaille puis la partage avec les autres parties prenantes concernées dans la société. Les achats jouent un rôle actif : comme ils travaillent avec l'ensemble des clients internes et ont accès au marché fournisseurs, ils sont une force de propositions d'innovation et de gestion de projets d'innovation.

Comment être au plus proche de l'innovation ?

Deux conditions sont essentielles pour qu'une direction achats soit efficace en matière d'innovation. La première est la proximité avec les lignes de Business et leurs besoins d'évolution à court et moyen terme. Dans le cas de Pierre & Vacances, si les acheteurs ne comprennent pas les fondamentaux de la relation client, de son parcours ou de son expérience, il leur sera quasi impossible d'identifier une solution ­adéquate sur le marché.

La seconde est la capacité des acheteurs, non seulement à repérer des solutions sur les marchés fournisseurs, start-up ou entreprises classiques, mais aussi à faire le lien entre le besoin et la solution. Ceci demande de la curiosité, de la créativité et de l'envie. Des qualités que nous recherchons chez les acheteurs que nous recrutons.

Pour "sourcer" de l'innovation, nous nous appuyons sur nos fournisseurs. Toute la question est : vers quel client cette innovation est-elle dirigée ? Le groupe travaille avec un certain nombre de fournisseurs qui deviennent partenaires sur des produits et services qui vont lui permettre d'améliorer voire de renouveler son offre. Dans beaucoup de cas, le travail est coordonné par les achats.

Travaillez-vous avec des start-up ?

Oui. Notamment grâce à l'Adra (Association des directeurs et responsables d'achat) dont le groupe est membre. L 'Adra a organisé en décembre dernier une manifestation durant laquelle 20 start-ups ont pu rencontrer les directeurs achats des entreprises adhérentes de l'association. Ces start-up ont été proposées par les adhérents parce qu'elles répondaient soit à des besoins spécifiques d'une direction achats, soit à des besoins métiers généralistes. Grâce à cet événement, j'ai rencontré huit start-up qui sont des pépites et qui répondent à autant de problématiques métier auxquelles le groupe fait face.

Quelques exemples : Hopework, qui met en relation des free-lances experts et les entreprises dans le domaine des prestations informatiques. Bebook, qui est une solution de catalogue viral. Nos catalogues sont nombreux, lourds et peu ergonomiques et leur mise à jour prend beaucoup de temps. Nous travaillons à un POC avec Bebook, pour délocaliser nos catalogues sur leur plateforme. Kaliti, que nous utilisons sur nos chantiers pour optimiser le suivi. Mobeye, qui, dans sa version professionnelle, permet de collecter des remontées terrain et de les analyser en temps réel. Nous envisageons de travailler avec eux pour traiter les questions liées à la qualité des prestations fournisseurs.

Qui dit innovation, dit digital. Quelle politique appliquez-vous en la matière ?

Sur la digitalisation, les achats du groupe sont relativement peu matures. Nous avons des processus et outils internes robustes et notre taille limite l'intérêt de certains outils. Concernant le SRM et l'e-sourcing, à ce jour nous n'avons pas de projet. Pour la partie approvisionnement, nous bénéficions du module e-procurement d'un ERP. Nous souhaitons aller plus loin dans la dématérialisation des documents avec les parties prenantes externes. Le groupe a adopté une solution dématérialisée de gestion des contrats. Enfin, nous avons développé un outil interne sur l'analyse de données d'achat et le reporting. Quant à la communication interne nous utilisons le réseau Yammer, mis en place pour l'ensemble de l'entreprise.

Un autre pan d'action est en cours pour les achats digitaux. Historiquement, nos directions n'étaient que peu intégrées à ce type de commandes. Des progrès importants ont été faits auprès du marketing et des ventes pour les agences. Les achats spécifiques, comme ceux effectués chez Google ou Booking, sont considérés comme des actes commerciaux business. Les directions peuvent donc apporter un regard extérieur de spécialistes, mais les négociations sont menées par les opérationnels.


Groupe Pierre & Vacances

CA 2015 : 1 436,30 M€ dont 1 180,70 M€ (82 %) pour la partie tourisme et 255,6 M€ (18 %) pour l'immobilier)*

Budget achats : 650 millions d'euros

Effectifs salariés : 12 500 salariés *

Effectifs achats : 20 personnes

*Chiffres au 30 septembre 2015.

 
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Marie-Amélie Fenoll

Marie-Amélie Fenoll

Journaliste

Journaliste depuis près de 6 ans, j’ai rejoint l’univers des achats et de la presse professionnelle en 2010. Un nouveau monde s’est ouvert à [...]...

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