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DossierDévelopper une politique d'achats durable et responsable

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3 - Déployer une politique voyage verte

Réduire son empreinte carbone impose de s'interroger sur les usages de sa flotte automobile. Sur le segment des voyages d'affaires, allier contrôle des dépenses et atteinte d'objectifs environnementaux n'est pas irréalisable.

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Des modèles moins énergivores et plus respectueux de l'environnement, comme l'électrique et l'hybride, offrent des solutions alternatives aux moteurs thermiques. Et sont, de surcroît, compétitifs en termes de cycle de vie. " Même si les véhicules thermiques sont aujourd'hui moins polluants et peuvent encore progresser sur le plan technologique grâce aux carburants alternatifs (biocarburants de seconde génération par exemple), l'électrification reste la solution la plus probante pour diminuer l'empreinte carbone des déplacements professionnels ", introduit Dominique Herrier, directeur adjoint du domaine Transports à l'IFP Énergies nouvelles. Le choix de l'électrique est une décision qui doit avant tout satisfaire aux usages de son parc automobile. Et qui peut s'effectuer par étapes.

Un autre moyen de réduire son empreinte carbone consiste à porter son choix sur des véhicules à plus faible teneur en CO2. Joseph Beretta, président de l'Avere-France est plutôt optimiste : " Les ventes de véhicules électriques progressent en France, même si cela représente moins de 1 % du marché. En 2012, 10 000 modèles (tourisme et VUL), dont 85 % à destination des professionnels, ont été vendus, soit deux fois plus qu'en 2011, hissant la France en tête du podium européen devant la Norvège (4 000 véhicules) et l'Allemagne (3 500). En 2013, 20 000 véhicules pourraient trouver preneurs. "

Miser sur l'électrique...

Ce récent engouement s'explique en partie par l'évolution positive de son modèle économique. Les constructeurs automobiles ont effectivement eu la judicieuse idée de proposer en location la batterie. De plus, la création d'aides et de dispositifs d'incitation rend la voiture électrique beaucoup plus concurrentielle : le bonus écologique mis en place par le Gouvernement d'une valeur de 7 000 euros depuis 2012, les subventions régionales et l'exonération de taxe sur les véhicules de sociétés. " Le coût total de possession d'un véhicule électrique est équivalent, voire inférieur, à celui du thermique du fait des aides financières et de la consommation ", résume le président d'Avere-France.

Autre contrainte sur le point d'être levée : le nombre insuffisant des bornes de recharge, évalué à 8 500 selon l'Avere-France en 2012. L'objectif, assigné à la France par les propositions de la directive européenne, est de porter ce chiffre à 97 000 d'ici 2020. Reste que ces modèles, silencieux et aussi peu gourmands soient-ils en énergie, ne répondent pas à tous les usages. " Ils sont appropriés aux grandes agglomérations, où les points de recharge sont plus facilement accessibles, et se prêtent aux courts trajets, notamment pour les déplacements intersites en région parisienne ", explique Dominique Herrier. Pour être efficient, l'arbitrage entre l'électrique et le thermique doit donc tenir compte de l'acquisition, de l'exploitation et de l'entretien annuel du véhicule.

Ou l'hybride?

Contrairement à l'électrique, " l'hybride est une réponse aux déplacements professionnels du fait de sa double motorisation. Ce modèle devient abordable grâce à l'aide de l'État accordée (maximum 4 000 euros) et permet un gain allant jusqu'à 40 % de la consommation en carburant ", souligne Dominique Herrier. Autres solutions possibles dans les années à venir : l'hybride rechargeable - qui combine l'hybride et le thermique -, voire les piles à combustible. En phase ­expérimentale pour le moment, son développement est conditionné par l'installation d'infrastructures en hydrogène. En parallèle à l'électrification, " les services de libre-service et d'auto-partage vont se développer en entreprise ", prévoit Joseph Beretta.

Vous pouvez consulter l'intégralité de l'article "Rouler plus vert : un objectif et... plusieurs solutions"

Et sur le segment des voyages d'affaires

La politique de voyage est une déclinaison de la stratégie d'achats responsables de l'entreprise, qui doit satisfaire à des enjeux économiques, sociaux et environnementaux sans trop revoir à la baisse le confort des voyageurs. Elle nécessite, en amont, une analyse fine de ses déplacements professionnels. " Avant de faire un déplacement, il faut vérifier qu'il est vraiment nécessaire en calculant son ROI ", rappelle Étienne Penaud, spécialiste en travel management chez Atlans. Cela permet de prioriser les déplacements qui ont une réelle valeur ajoutée...

Restent à définir, ensuite, des règles visant à ­diminuer l'empreinte carbone de ses déplacements professionnels. Pour un déplacement dont l'utilité n'est pas avérée, réfléchir à des moyens de substitution comme les web et vidéo conférences est nécessaire. Pour les autres, il convient de diriger ses équipes vers les moyens de transport les moins polluants. Chez Veolia, le train est ainsi obligatoire pour les trajets n'excédant pas trois heures. Plus globalement, les trajets sans escale et sur des avions neufs, moins polluants, sont à privilégier. Dans la même lignée, les transports en commun sont moins énergivores que la voiture, à moins de porter son choix sur des modèles écologiques. Autre exemple visant à encourager la mobilité durable : B. Braun Medical a proposé, en 2012, à ses collaborateurs du bassin boulonnais de rejoindre la plateforme de Covoiturage.fr.

Côté logements cette fois, on peut choisir de ne cibler que des hôtels se prévalant de l'Écolabel européen. Pour affiner son référencement, Veolia a défini, en 2011, des grilles d'évaluation inté­grant des critères "verts". " Les hôteliers sont interrogés sur l'énergie utilisée au sein de leur établissement, la présence ou non d'un double vitrage, d'ampoules LED, d'une extinction automatique des lumières, ou bien encore sur la possibilité ou non de louer des vélos ", cite en exemple Abdelaziz Bougja, chargé de mission chez Veolia.

Vous pouvez consulter l'intégralité de l'article "Pour une politique de voyage "verte" et économique"

Pour aller plus loin, consulter la tribune de Christophe Drezet :" RSE et travel policy font-elles bon ménage ? "

Fanny Perrin d'Arloz

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