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Une priorité : la maintenance

Quant à l'entretien, il s'avère beaucoup plus contraignant en raison des contrôles périodiques obligatoires.

"Avec la maintenance et le réglementaire, cela représente entre dix et vingt interventions par an, contre trois pour un véhicule léger", observe Théophane Courau, président de Fatec Group, un fleeter qui développe également une activité véhicules industriels. Hormis le contrôle annuel, auquel tout poids lourds ne peut échapper, la présence d'une grue à l'arrière impose une vérification supplémentaire tous les trois mois. Les plus surveillées étant les bennes à ordures ménagères, auscultées chaque trimestre. "Un véhicule technique génère plus de 1 000 euros de chiffre d'affaires pour l'entreprise qui l'utilise. Par conséquent, toute immobilisation représente un manque à gagner sans compter un risque de pénalité de la part de ses clients", souligne Yann Constantin, directeur clientèle véhicule industriel chez Fatec Group.

L'intervention du fleeter, qui peut débuter dès la configuration des véhicules, est surtout cruciale pour l'entretien. Contrairement au VL, les relevés kilométriques ne suffisent pas à prévoir les passages au garage. "Les véhicules techniques ne font que 30 000 à 40 000 kilomètres par an, par conséquent nous privilégions une approche en nombre d'heures de fonctionnement", avance Yann Constantin. L'analyse des factures sert également à mettre à jour des dépenses sans lien avec le kilométrage. Par exemple, des remplacements de pneumatiques trop fréquents sur des camions de chantier indiquent la nécessité de les équiper de modèles à flancs renforcés pour éviter des immobilisations à répétition.

L'essor du "full service"

Pour simplifier la maintenance, tous les constructeurs proposent des contrats d'entretien avec une délégation plus ou moins poussée. Ainsi, Volvo Trucks propose sept niveaux d'intervention, du plus basique (vidange et remplacement des filtres) au plus complet, couvrant toutes les opérations de maintenance ainsi que les contrôles réglementaires et les réparations en cas de panne. "50 % des camions que nous vendons ont un contrat d'entretien, ce qui assure au client qu'il payera un prix défini à l'avance sur la durée de détention de son véhicule", assure Laurent d'Arnal. Cet été, la marque suédoise a lancé un portail, "Volvo Connect", qui met toutes les données de maintenance à disposition des gestionnaires de parc avec un système d'alerte : un mois avant une intervention nécessaire, le client reçoit un message l'invitant à planifier son passage au garage. En outre, tous les deux mois, la télématique scanne les codes défauts du véhicule pour détecter des faiblesses, à titre préventif.

Les réseaux de réparation indépendants font, eux aussi, évoluer leurs prestations vers de la maintenance préventive.

"Nous prévoyons les visites des véhicules sur l'année en fonction d'un historique. Ces contrats de suivi reposent sur une connaissance du fonctionnement du client, qui nous permettra par exemple d'anticiper le remplacement des plaquettes de frein en fonction de son kilométrage moyen", explique Jean-Guy Monteilh, responsable grands comptes PL chez Autodistribution. Avantage de ces réseaux indépendants : ils prennent en charge des parcs multi-marques et ils bénéficient d'une excellente couverture du territoire, en propre ou en franchise. Ainsi, chez Autodistribution, 230 points de services sont alimentés par des plateformes de stockage qui livrent les garagistes deux fois par jour. Un atout pour éviter qu'une intervention se prolonge si une pièce à changer est manquante.

Enfin, la télématique qui s'est imposée depuis longtemps dans le transport routier, n'en finit pas d'évoluer. Elle est aujourd'hui capable d'épauler les responsables de parcs hétérogènes. "Avec notre offre "GeoPro", l'entreprise gère toutes les typologies de véhicules, légers ou lourds, mais également des engins", affirme Olivier Picard, directeur général. Dernière innovation en date, l'équipement des engins non connectés, tels que les bennes ou les remorques. Avec "Smart tracking" (5 à 9 euros par mois), ce télématicien les localise et il fournit au gestionnaire une vision exhaustive de son parc. Une manière, là encore, de limiter les pertes liées à des engins ou à des poids lourds immobilisés.

Lire la suite en page 3: Focus 1 - Payer ses camions 13% moins cher et Focus 2: Le pneumatique devient intelligent


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Jean-Philippe Arrouet

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