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TCO Scope 2020 : pourquoi les flottes coûtent-elles plus cher ?

Publié par Jean-Philippe Arrouet le | Mis à jour le
TCO Scope 2020 : pourquoi les flottes coûtent-elles plus cher ?
© © Gerard Uferas

Malgré un tassement, le coût des flottes a poursuivi sa hausse en 2019. Dans son dernier TCO Scope*, l'Arval Mobility Observatory pointe l'inflation du prix des véhicules et surtout l'impact de la fiscalité sur un mix énergétique en pleine recomposition.

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Depuis 2016, la facture s'alourdit chaque année pour atteindre un niveau inégalé depuis 2012, date de création du TCO Scope de l'Arval Mobility Observatory. En 2019, le prix de revient kilométrique (PRK) s'établit à 0,392 euros TTC. Certes, le rythme inflationniste marque le pas (+0,77%) mais le budget moyen de détention grimpe tout de même de 38 758 € à 39 301 € par voiture. Première explication : les véhicules coûtent plus cher. A 27 345 € en moyenne, les tarifs ont gonflé de 3,39% en un an. A l'exception du luxe, tous les niveaux de gamme sont impactés à des degrés divers. La palme revient à la catégorie "économique", dont le prix moyen bondit de 38% sous l'effet de la multiplication des motorisations électriques. En contrepartie, ces petits modèles, qui étaient souvent disponibles en essence donc émetteurs de CO2, voient leurs émissions chuter de 114 g à 82 g (alors que la moyenne des flottes s'établit à 101 g). Satisfecit également pour les véhicules de luxe qui se convertissent massivement à l'électrique et à l'hybride rechargeable : ils ne laissent plus que 69 g dans leur sillage en moyenne. Pour toutes les autres catégories en revanche, les niveaux de CO2 baissent peu en raison de la percée des motorisations essence.

Jeu, set et match pour l'électrique

Cette année encore, le TCO Scope illustre ces évolutions par plusieurs matchs entre motorisations différentes. Le banc d'essai est un contrat de LLD de 48 mois proposé avec quatre paliers de kilométrages (de 60 000 à 120 000 km). Résultat : là où une version électrique existe, elle remporte presque chaque manche. Tel est le cas de la Peugeot 208 Active Business boostée par les avantages fiscaux. En milieu de gamme, le match entre la Nissan Juke essence et la Leaf tourne à l'avantage de cette dernière, favorisée par le bonus, la TVS et le niveau des amortissements non déductibles (AND). Sur le segment supérieur, la Hyundai Ioniq, tout électrique, dame le pion à ses jumelles hybrides simple et rechargeable. Seul le match entre les Renault Zoe et Clio fait exception : cette dernière tire encore son épingle du jeu en essence (sauf à partir de 120 000 km où le diesel l'emporte) en raison d'une solide valeur résiduelle et d'un tarif sous le plafond des AND. Quant aux hybrides rechargeables, le nouveau bonus leur redonne du tonus, à l'instar du Citroën C5 Aircross qui affiche ainsi un meilleur TCO que les versions essence et surtout diesel. Même tiercé gagnant pour sa cousine sochalienne, la Peugeot 3008 Allure business. Enfin, le TCO Scope n'oublie pas les motorisations GNV qui constituent une alternative souvent mésestimée par les gestionnaires. Chez Seat, l'Arona est plus rentable lorsqu'elle carbure au méthane plutôt qu'à l'essence ou au gasoil, quel que soit le kilométrage parcouru.


*Elaboré d'après les statistiques d'AAA Data en considérant les dix VP les plus vendus dans six segments (soit 319 225 unités) et un échantillon de 25 utilitaires (VS et VUL) ventilés dans quatre segments.

Les utilitaires en tension

Même s'ils échappent la fiscalité sur le CO2, les utilitaires voient leur PRK se dégrader de 0,284 à 0,289 euros HT.En cause, la couverture de la dépréciation des véhicules (+5,63%) qui représente désormais 50,6% du TCO alors que les prix de vente ont augmenté. Une inflation que ne compensent pas deux bonnes nouvelles par ailleurs : une moindre consommation de carburant et des frais courants (entretien, pneumatiques, assurance) en recul.Les catégories les plus impactés par la hausse du PRK sont les véhicules de société (+2,73%) et les fourgons (+1,65%).


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