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Publié par MATHIEU NEU le | Mis à jour le

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Les coûts, au coeur des arbitrages

Les solutions haut de gamme sont souvent présentées comme un must-have lorsqu'il s'agit de faire un choix alliant maîtrise des coûts et haut niveau d'exigences. Entre les baies de stockage, les serveurs ou encore les équipements pour la constitution des réseaux, les dépenses de maintenance et de renouvellement des matériels sont loin d'être négligeables dans les budgets, d'autant que les besoins technologiques connaissent une croissance effrénée. C'est sur la base de ce constat que sont souvent proposés des clusters HCI (Hyper-Converged Infrastructure) sur un espace dédié pour y loger des sites web, CRM, ERP, et autres bases de données, pleinement adaptés à la souplesse que nécessitent par exemple des pics d'activité saisonniers. Ils apportent la possibilité d'élargir ponctuellement les ressources disponibles.

Face à ces innovations, l'enthousiasme de certains clients est au rendez-vous. "De multiples entreprises fonctionnant de manière archaïque, en recourant massivement à des solutions comme Excel, sans outil logiciel très avancé, opèrent leur transformation digitale directement en s'orientant dans le cloud", témoigne Eric Gatrio. Mais un niveau de service offrant de fortes garanties, nécessairement plus cher, est-il toujours nécessaire ? "En fonction de la volumétrie des données, l'enjeu est de choisir la bonne offre cloud. Pas la peine de souscrire certaines offres. Nous remarquons que certains acteurs revoient leur catalogue de services, leurs indicateurs, en raison de coûts qui s'envolent. Pour nous, c'est un challenge d'optimisation que d'étudier le bon niveau de service souhaitable au moment des achats", indique Antoine Passat.

Les entreprises multisite représentent sans doute un cas de figure où ce type de réponses est pertinent. Plus l'organisation regroupe de lieux physiques, plus il est pertinent d'abandonner les infrastructures en propre pour des VDI (Virtual Desktop Infrastructure). D'importantes économies peuvent alors découler de l'absence d'équipements propriétaires et des activités de maintenance associées, sans compter les gains de temps et d'agilité relatifs à la simplification des mises à jour.

Pour Fabien Gautier, directeur du marketing et business développement France au sein du fournisseur de datacenters et de services d'hébergement Equinix, "des freins à l'adhésion à ce type d'évolution sont à craindre, malgré l'intérêt économique. Les peurs sont fortes avec le contexte de crise actuel. Le fait de transférer son système d'information, c'est-à-dire le socle sur lequel s'appuient les acteurs de tous les services, implique une dépendance très importante à un tiers." Une solution peut être la diversification auprès de fournisseurs ayant des atouts complémentaires. "Les craintes sont d'autant plus problématiques que les offres IaaS (Infrastructure as a Service) restent souvent mal comprises par rapport à ce qu'elles impliquent, contrairement au cas de figure des offres SaaS", conclut-il.

2021, année de toutes les réflexions

Cloud or not cloud ? Telle était la question il y a quelques années encore. Désormais, les interrogations se portent plutôt sur le choix de l'offre cloud la plus pertinente. Aux besoins purement technologiques, s'ajoutent les enjeux de coûts, les incertitudes sectorielles, des perspectives économiques floues et une cybercriminalité qui diversifie ses moyens d'action. "2021 occasionnera probablement des moments de grandes réflexions sur la configuration cloud la plus optimale pour chaque organisation. L'agilité et l'évolutivité renforcées qu'apportent les offres des hébergeurs ont un coût non négligeable. Mener des études fines pour être au plus proche de ses attentes réelles est plus que jamais nécessaire pour trouver la solution la plus souhaitable", assure Antoine Passat (Epsa).

Solutions logicielles

Opter pour une solution hybride peut s'avérer intéressant, avec des services haut de gamme d'un côté et des fonctionnalités plus standard d'une autre côté, selon les priorités. Mais il importe dès lors de surveiller de près le respect des engagements. "Une fois l'offre souscrite auprès de son fournisseur cloud, des entreprises spécialisées dans l'accompagnement comme Accenture ou Deloitte peuvent se charger du management associé, en vue du maintien des outils et solutions, de la vérification de la conformité par rapport aux attentes des utilisateurs, et en vue de proposer des évolutions intéressantes et adaptées", décrit Antoine Passat.

Un tel suivi paraît d'autant plus indispensable qu'une mauvaise configuration peut donner lieu à des failles. Recourir à des solutions logicielles apportant une visibilité complète des services consommés semble être une initiative à encourager. "Elles fournissent une évaluation en temps réel de la posture des différentes fonctions en matière de garanties de sécurité. C'est une façon d'assurer le bon niveau de protection pour chaque service, sans surconsommer, et sans trop s'exposer aux risques", souligne Ghaleb Zekri, Architecte Senior SDDC pour la région EMEA du fournisseur de solutions de virtualisation VMware. Dans le contexte d'un cloud privé, chacun sait par quels biais il assure la sécurité. Mais dans une offre de cloud public, l'entreprise cliente ne gère pas l'environnement qu'on ne gère pas. Elle est consommatrice de services qui supposent une plus grande confiance.


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