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Interruption d'activité : une menace accentuée par de nouveaux facteurs

Après sept ans en tête du classement, les interruptions d'activité rétrogradent à la deuxième place du baromètre des risques d'Allianz. Cependant, la tendance aux pertes d'exploitation plus importantes et plus complexes se poursuit. Les causes sont de plus en plus diverses, allant de l'incendie, l'explosion ou la catastrophe naturelle à la défaillance de la chaîne d'approvisionnement connectée, voire la violence politique. "Aujourd'hui, la digitalisation des chaînes d'approvisionnement et plateformes logistiques permet la transparence et la traçabilité des marchandises. Toutefois, un incendie dans un centre de données, un problème technique ou un piratage peuvent entraîner d'énormes pertes d'exploitation pour de nombreuses entreprises dépendant d'un même système informatique et ne pouvant pas revenir aux procédures manuelles", explique Raymond Hogendoorn, directeur mondial de l'indemnisation dommages et risques techniques chez AGCS.

Les entreprises sont aussi de plus en plus exposées à l'impact direct ou indirect des émeutes, troubles sociaux ou attentats terroristes. L'année dernière, les troubles à l'ordre public se sont intensifiés à Hong-Kong, au Chili, en Bolivie, en Colombie et en France. Ils ont entraîné des dommages aux biens, des interruptions d'activité et des pertes d'exploitation d'entreprises locales ou multinationales, dont les magasins ont dû rester fermés pendant plusieurs mois.

Les évolutions législatives et réglementaires passent de la 4e à la 3e place du baromètre. Les tarifs douaniers, les sanctions économiques, le Brexit et le protectionnisme ont été cités parmi les principaux motifs de préoccupation. Environ 1 300 nouveaux droits de douane ont été mis en place dans la seule année 2019. En raison de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, les tarifs douaniers américains ont presque atteint leurs niveaux de 1970.

Le changement climatique complique la gestion des risques

Le changement climatique se hisse à la 7e place, la plus haute qu'il ait atteinte dans le baromètre des risques d'Allianz. Il figure déjà parmi les trois principaux risques d'entreprise dans la région Asie-Pacifique, compte tenu de l'avis des experts en gestion des risques dans les pays et territoires tels que l'Australie, Hong-Kong, l'Inde ou l'Indonésie. Les entreprises craignent en premier lieu une augmentation des dommages matériels (49 % des réponses). En effet, l'élévation du niveau de la mer, ainsi que l'intensification des sécheresses, des tempêtes et des inondations constituent des menaces pour les usines et autres actifs des entreprises, mais aussi pour les réseaux de transport et d'énergie reliant les chaînes d'approvisionnement. Les entreprises sont également préoccupées par les conséquences opérationnelles (37 %), telles que le transfert de sites, et par les impacts potentiels sur le marché et la réglementation (35 % et 33 %). Elles devront peut-être aussi se préparer à une augmentation des litiges : des affaires liées au changement climatique, visant les grands émetteurs de carbone, ont déjà été portées devant les tribunaux dans une trentaine de pays, la plupart aux États-Unis.

*Méthodologie : L'enquête annuelle sur les risques d'entreprise dans le monde réalisée par Allianz Global Corporate & Specialty (AGCS) recueille les opinions d'un nombre record de 2 718 experts dans plus de 100 pays, incluant des directeurs généraux, gestionnaires de risques, courtiers et assureurs.

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Julien Ruffet

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