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La solution du vrac

Mettons maintenant le cap sur La Réunion, pour voir comment la marque Isautier fait face aux mêmes obstacles... en pire ! Car non seulement on ne trouve pas de fabricant de machines, colonne à distiller, bouteilles, étiquettes haut de gamme et autres bouchons à La Réunion... mais en plus l'île est située encore plus loin de la métropole. "Un bateau en provenance de la métropole met un mois pour rallier La Réunion", nous apprend Cyril Isautier, le dirigeant de la marque éponyme. Contre environ deux semaines pour la Guadeloupe. Et ce n'est qu'à l'aller, car, au retour, le délai "voit double" ! "La Réunion est à 90 % importatrice, donc, pour 100 conteneurs qui arrivent ici, 90 repartent vides et 10 avec de la marchandise locale."

Pour revenir en métropole avec des conteneurs pleins, les navires vont passer par l'Inde, "ce qui rallonge le trajet de retour (hors crise Covid ou canal de Suez), de deux mois pour remonter", explique Cyril Isautier. Pendant longtemps, la marque réunionnaise devait donc jongler avec des contraintes handicapantes: elle faisait descendre des bouteilles vides à La Réunion, où Isautier les stockait, avant de les envoyer une fois remplies vers la métropole. Au vu des délais et de la nécessité d'être réactifs face à l'imprévu, la marque était obligée de constituer des stocks de matière première à La Réunion et de produits finis en métropole. Ce qui impliquait des dépenses d'immobilisation colossales, un coût environnemental insensé et une aberration commerciale, car, malgré cela, la réactivité était, au mieux, aléatoire. De plus, lors du voyage retour qui durait deux mois, il y avait fréquemment des problèmes de dégradation des packagings : étiquette, colle... "Donc, depuis 2019, nous confions progressivement le processus d'embouteillage à une ou à des entreprises spécialisées, révèle Cyril Isautier. Grâce à cela, nous avons fait baisser nos coûts financiers et écologiques, et nous pouvons être plus réactifs pour répondre à une demande qui explose, notamment pour les rhums arrangés".

Focus - Comment produit-on un rhum blanc ?

Les rhums des DOM sont classés dans deux catégories différentes, selon qu'ils ont été produits à partir de jus de canne ou de mélasse. Le jus de canne est obtenu en pressant des tiges de canne à sucre fraîches dans un moulin. Le jus qui en ressort (le vesou) est mis à fermenter jusqu'à obtenir un " vin de canne " titrant autour de 7° d'alcool. C'est ce vesou qui sera distillé dans des colonnes de distillation. Transformé en vapeur, concentrée, puis refroidie, le vesou devient un spiritueux qui titre environ 65°- 70°. Dans la plupart des cas, de l'eau sera ajoutée au rhum pour faire descendre ce degré à 50° ou 40°. Les rhums de jus de canne des DOM sont appelés " agricoles " et sont principalement produits par la Martinique et la Guadeloupe. Pour le rhum de mélasse, le jus de canne est transformé en sucre dans une sucrerie. À côté du sucre non raffiné, les producteurs obtiennent une matière visqueuse et sucrée, la mélasse. C'est elle qui sera mise à fermenter (avec de l'eau), puis distillée. Il en ressort des rhums titrant en général autour de 90°. La Guadeloupe et surtout La Réunion sont les championnes françaises des rhums de sucrerie, ou de mélasse.

Ventes de rhum : une année 2020 paradoxale

Malgré le confinement et la crise de la Covid-19, l'année 2020 a été faste, en tout cas pour ce qui concerne les ventes en grande distribution. Elles ont en effet progressé de 6,5 % au global, avec 31 537 000 litres écoulés. Les rhums épicés (+28,3 % à 5 261 000 litres), vieux (+20,3 % à 1 743 000) et arrangés (+60,7 % à 1 774 litres) ont clairement tiré le marché vers le haut : côté CHR (cafés/cavistes, hôtels, restaurants), les ventes ont chuté dans les établissements qui étaient restés fermés pendant les confinements, mais les cavistes s'en sortent bien. In fine, la baisse est tout de même de -44,7 %, soit 3 740 066 litres commercialisés.

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Fabien Humbert

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