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"Nous devons passer d'un pilotage juridique à un pilotage économique" (Franck Barrailler, INPI)

Publié par Anne-Sophie David le
'Nous devons passer d'un pilotage juridique à un pilotage économique' (Franck Barrailler, INPI)

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Qu'attendez-vous du nouveau code des marchés publics prévu pour avril 2016 ?

Je pense que le code des marchés est une formidable boîte à outils qui permet d'acheter mieux. Ce n'est pas un problème, c'est la solution. On peut négocier, la pratique du sourcing est inscrite dans le futur code, peu de choses sur l'analyse des offres y figurent ce qui nous laisse quelque latitude, nous pouvons introduire des critères RSE ou éléments relatifs aux PME, etc.

Le code nous donne donc beaucoup de clés, à nous ensuite de bien l'utiliser

En 2014, et dans l'optique de cette nouvelle version à venir, nous avons beaucoup travaillé sur la négociation pour être fin prêts. Nous ne voulions pas envisager la négociation avec un "simple" objectif de prix car nous souhaitions que les prescripteurs y trouvent un intérêt en rencontrant les prestataires.

Nous oeuvrons donc pour "vendre" en interne le fait que la négociation ce n'est pas du "cost killing", mais la possibilité pour le prescripteur de se mettre d'accord avec les fournisseurs potentiels et de s'assurer qu'ils aient bien saisi le cahier des charges pour signer en toute connaissance de cause. Nous montrons ainsi aux prescripteurs que nous pouvons être des "business partners" en leur apportant une vraie valeur ajoutée. Jusqu'en 2015, j'estimais que la valeur ajoutée d'un service achats s'arrêtait à la notification d'un marché. Depuis 2015 et en raison d'une augmentation des sujets stratégiques à l'INPI, nous nous sommes rendu compte que c'était au service achats d'accompagner à la fois les prescripteurs et les fournisseurs pour être de véritables "business partners", voire des "business drivers".

Concernant l'analyse TCO, nous allons développer l'approche cette année car les acheteurs y sont déjà sensibilisés

Ils ont d'ailleurs été formés à partir de 2014 aux "nouvelles activités" via des formations interentreprises et des séances de coaching avec un consultant en face à face.

Le directeur général de l'INPI a également souhaité que tous les prescripteurs suivent des formations sur les activités sensibles, notamment la négociation et la définition du besoin.

En termes de politique RSE et comme l'INPI est avancé sur le sujet, nous demandons dans nos marchés l'état de maturité des fournisseurs en la matière, afin qu'ils puissent s'aligner rapidement sur notre stratégie. En 2016, nous voulons aller plus loin en incluant des clauses RSE avec des impacts réels dans les cahiers des charges pour que cette dimension RSE ne soit pas uniquement présente au niveau des critères de jugement des offres.

Qu'avez-vous entrepris pour simplifier les procédures ?

Depuis 2014, nous avons mené quinze chantiers de simplification des procédures à l'INPI. Nous avons par exemple supprimé la commission d'appel d'offres le 1er novembre 2015 car en tant qu'organisme d'État nous n'avons plus d'obligation depuis 2006. Nous avons également supprimé l'exigence de demander trois devis en dessous de 25 000 euros. Nous attendons beaucoup du code, notamment pour la simplification de la partie contractuelle.

Comment voyez-vous la fonction d'acheteur public demain ?

Il est nécessaire que la fonction achats soit reconnue et que le métier d'acheteur le soit aussi au niveau de l'État et des collectivités. À partir de 2014, tous les agents du service achats ont été rebaptisés "acheteurs" et nous oeuvrons avec la DRH pour que le métier d'acheteur grandisse au sein de l'INPI.

Les acheteurs publics sont, selon moi, des acheteurs comme les autres. Ils ont pour boîte à outils un code des marchés publics, ils ont des méthodes et des compétences. Mais il est aujourd'hui plus qu'urgent que s'opère une vraie révolution culturelle pour que les choses changent vraiment.

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