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"Les supply ne sont plus linéaires; ce sont des réseaux et les entreprises ont perdu le contrôle"

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Or toutes les entreprises n'ont pas cette visibilité en temps réel. D'où l'utilité de digitaliser sa supply. GT Nexus, par exemple, propose une plateforme qui agrège toutes les données issues des systèmes d'information des entreprises et de leurs fournisseurs en mode cloud. "Ces données, nous les collectons, nous les agrégeons et nous les consolidons. Les donneurs d'ordre ont ainsi une visibilité sur la finance - nous collectons les données des institutions financières et offrons donc l'historique des marchés- et sur le physique, en temps réel", explique Guy Courtin. Mais nous ne faisons pas que les mettre à disposition: nous accompagnons les entreprises dans la conception de leur supply". Sur la plateforme de partage d'informations GT Nexus, 28 000 sociétés inter-agissent en réseau.

Devoir de vigilance

Les clients de GT Nexus accèdent également à des données "green". "Nombre de nos clients veulent savoir avec qui ils travaillent dans le monde dans le cadre de leur "devoir de vigilance". Tous ne sont pas au même niveau d'exigence. Ni de connaissance... il est difficile d'avoir une visibilité sur ses fournisseurs de rangs 5 ou 6 quand on a déjà pas de visibilité sur ses fournisseurs de rangs 2 ou 3. Il faut procéder par étapes! Columbia ou Puma, par exemple, remontent toute la chaîne." A l'heure des réseaux sociaux prompts à dénoncer et à propager les mauvaises pratiques des grandes firmes et d'Amazon qui a nourri la culture de la rapidité, les entreprises savent qu'elles doivent s'investir en RSE, mais aussi et surtout livrer très vite les produits à un consommateur volatil qui veut tout tout de suite, sous peine d'aller voir ailleurs. Les supply se doivent d'être fiables et très réactives. "C'est le consommateur qui force les entreprises à changer", abonde Guy Courtin "et les supply doivent réagir intelligemment à la demande".

Au delà des questions immédiates que vont devoir gérer les entreprises concernées par la faillite de Hanji - comment se réapprovisionner en urgence, à quel prix, etc. -, à moyen terme - comment avoir à l'avenir les données me permettant de réagir plus vite et comment digitaliser l'ensemble de ma chaîne pour mieux gérer les risques - se pose celle de l'avenir du transport maritime qui, en surcapacité, souffre du ralentissement des échanges, et pourquoi pas de la réindustrialisation de la France.

Pierre Cariou, professeur à Kedge Business School et expert en économie maritime et portuaire estime pour sa part que "cette vulnérabilité des chaînes logistiques internationales pourrait avoir des répercussions à plus long terme sur la relocalisation de la production de ces mêmes biens près des zones de consommation", explique-t-il dans une vidéo (voir ci-dessous) intitulée "Naufrage de l'armateur Hanjin : la crise du transport maritime" et postée sur les réseaux sociaux. Voilà qui plaira à Jean Lou Blachier qui travaille actuellement sur le sujet "réindustrialisation de la France", dans le cadre d'une mission confiée par Emmanuel Macron alors qu'il était ministre de l'Economie.



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Aude Guesnon

Rédactrice en chef de décision-achats.fr et de Décision Achats

Après avoir exercé plus de dix ans en tant que réactrice en presse quotidienne, j’ai voulu découvrir un autre pan du métier : je suis devenue secrétaire [...]...

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