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Comment encourager ses fournisseurs à réduire leurs émissions carbonnes

Publié par Audrey Fréel le - mis à jour à
Comment encourager ses fournisseurs à réduire leurs émissions carbonnes

Face à l'urgence climatique, les acheteurs doivent attacher une importance particulière aux émissions de gaz à effet de serre de leurs fournisseurs. Dans ce contexte, le CNA a organisé le 14 avril dernier un webinaire intitulé : "Comment décarboner pour faire face à l'urgence climatique ?".

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Limiter le poids carbone des achats est aujourd'hui un enjeu clé. Le rôle de l'acheteur consiste à inciter ses fournisseurs à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) en réalisant, notamment, un bilan carbone. Ce dernier impose d'intégrer les émissions de GES des scopes 1 (émissions directes), 2 (émissions indirectes liées à l'énergie) et 3 (autres émissions indirectes produites par les activités de l'entreprise).

Les achats entrent dans le périmètre du scope 3. "Le scope 3 concerne la grande majorité des émissions de GES d'une entreprise. Il correspond à un grand nombre d'achats : transports, matières, produits, etc.", précise Philippe Mangeard, président de Global Climate Initiatives, lors du webinaire du CNA.

Vallourec embarque ses fournisseurs

Le webinaire fut l'occasion de mettre en avant les initiatives de certaines entreprises vis-à-vis de leurs fournisseurs. A l'instar de Vallourec, groupe spécialisé dans la fabrication de tubes en acier. "Nous travaillons en priorité avec nos fournisseurs d'acier, de composants comme la chaux, d'électricité et de transports afin de réduire l'empreinte carbone de notre scope 3", informe Corinne Willecomme, directrice du développement durable de Vallourec.

L'entreprise demande notamment aux fournisseurs représentant une dépense de plus d'un million d'euros annuel de réaliser une évaluation via Ecovadis. "Nous réalisons également un screening de nos fournisseurs d'acier ayant répondu au questionnaire CDP Climat et nous demandons à nos "tiers 1" de partager leurs feuilles de route sur leurs engagements de réduction de CO2", détaille la directrice du développement durable.

Vallourec s'inscrit dans une logique de partenariat de longue date avec certains fournisseurs, notamment ceux d'acier. "Avec ces entreprises, nous nous engageons dans des projets de co-innovation et de co-investissement pour réduire les émissions", explique Corinne Willecomme.

Vallourec organise aussi des sessions de sensibilisation en matière de réduction de CO2 avec certains fournisseurs. Concernant les achats d'électricité, le groupe a pour objectif d'acquérir des certificats d'origine, notamment en Amérique du Nord, et de mettre en place des Power Purchase Agreement (PPA) avec certains fournisseurs en Asie. "Nous réfléchissons aussi à des alternatives d'approvisionnement pour nos fournisseurs présentant une empreinte carbone trop élevée", indique Corinne Willecomme.

LVMH cible le scope 3

De son côté, Christian Galichon, directeur des achats et sourcing responsable de LVMH, a fait un point sur les projets du groupe en matière de réduction de ses émissions de scope 3. "Nos scope 1 et 2 ne représentent que 6 % de nos émissions de GES car nous ne sommes pas une industrie très émettrice de CO2. L'essentiel de nos émissions provient de notre scope 3. Compte tenu de notre empreinte géographique, nous utilisons notamment beaucoup de transports", détaille-t-il.

Pour réduire son empreinte carbone sur le scope 3, le groupe travaille notamment sur des projets visant à alléger le packaging primaire ou secondaire. "Nous collaborons, par exemple, avec des verriers pour mettre au point des bouteilles plus légères", illustre Christian Galichon.

La direction des achats de LVMH se concentre également sur les transports. "Nous cherchons à simplifier nos flux de produits pour économiser des kilomètres". Elle s'intéresse aussi au mix de transports. "Notre objectif est d'aller, si possible, vers le bateau ou le train, qui sont moins polluants que l'avion", indique Christian Galichon.

Par ailleurs, le groupe encourage et privilégie de nouvelles solutions en matière de transports. Sa filiale Hennessy a par exemple participé au financement de Neoline, un cargo à voiles en partie propulsé par le vent. LVMH a également co-investi avec un de ses fournisseurs, le géant du plastique Eastman, pour la construction d'une usine de recyclage de plastique.

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