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Comment développer ses achats solidaires ?

Publié par Audrey Fréel le - mis à jour à
Comment développer ses achats solidaires ?

Alors que les achats responsables se développent dans la plupart des organisations, les achats solidaires sont à la traîne. Pour aider les directions des achats à activer ce levier, le CNA a organisé, le 19 mai dernier, un webinaire dédié aux achats solidaires.

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Intégrés à la politique responsable d'un groupe, les achats solidaires consistent à passer des marchés avec des entreprises du secteur protégé, adapté ou d'insertion. "Cela peut concerner une large famille d'achats tels que les prestations d'entretien des espaces verts, la restauration, les transports, la location de salles, la logistique et le conditionnement, la menuiserie, le facility management, l'informatique, etc.", énumère Joseph Ramos, directeur général d'Handéco, une association qui accompagne les entreprises dans leur démarche d'achats socialement responsables.

Ce dernier a mis en avant plusieurs bonnes pratiques à mettre en oeuvre avant d'entamer une politique d'achats solidaires telles que réaliser un état des lieux des familles d'achats pour déceler celles pouvant être confiées au secteur du handicap, sensibiliser et former ses collaborateurs à la pratique d'achats solidaires, adopter des outils performants ou encore se faire accompagner par des experts.

Reste que les achats solidaires ont encore du mal à s'imposer dans les entreprises. "Nous pouvons constater plusieurs freins tels que la non connaissance du secteur du travail protégé et adapté (STPA) de la part des prescripteurs et le fait qu'il s'agisse de sociétés locales et non nationales. Beaucoup d'entreprises pensent également que ce secteur ne peut pas prendre du volume et manque de réactivité", observe Stéphanie Obis, référente handicap du cabinet Onepoint.

Cette dernière a également pointé quelques préjugés comme le fait qu'avoir recours à une entreprise du STPA coûte trop cher et que ces acteurs ne savent pas se positionner par rapport aux autres fournisseurs.

Pochet lance un projet d'achats solidaires

Le webinaire fut également l'occasion de découvrir les politiques d'achats solidaires de plusieurs entreprises, à l'instar de Pochet. Ce groupe familial, qui célébrera ses 400 ans l'année prochaine, est spécialisé dans la fabrication de flacons de parfums et de produits cosmétique pour l'industrie du luxe (montant des achats en 2021 : 200 M€, chiffre d'affaires 2021 : 400 M€).

Créée en 2015, la direction des achats est engagée depuis 2017 dans une politique d'achats responsables. Dans ce cadre, le groupe a récemment lancé le projet P2S (Pochet Solidarity Sourcing). Son objectif ? Renforcer les achats auprès du secteur du handicap (ESAT/EA/TIH) à travers deux axes : mieux connaître cet écosystème et mettre en place un système achat pérenne auprès de ce type de prestataires. "En 2021, nous avons dépensé 1,5 M€ auprès de 30 entreprises adaptées et ESAT, ce qui correspond à environ 75 emplois à temps plein", souligne Serge le Hénaff, directeur des achats de Pochet.

En 2022, les achats solidaires devraient représenter 2 M€ de dépenses. "Depuis le début de l'année, nous avons renforcé de 30 % notre impact sur le secteur du handicap", informe le directeur des achats.

Aujourd'hui, le groupe a initié plus de dix actions dans des domaines variés comme l'imprimerie, la signalétique, les prestations de traduction de documents, l'informatique, les prestations d'accueil sur le siège social, etc. "Ces actions sont liées à des secteurs auxquels nous n'avions pas forcément imaginé. Toutes n'aboutiront pas forcément mais l'idée est de systématiser la démarche et d'associer les entreprises adaptées et ESAT dans nos appels d'offres", indique Serge le Hénaff.

La politique d'achats solidaires de TF1

De son côté, le groupe TF1 (montant des achats : environ 400 M€, chiffre d'affaires : 2,4 Mrds €) achète principalement des prestations intellectuelles et du facility management auprès du STPA. "Nos objectifs individuels acheteurs sont autour de 25 % pour la RSE. A travers cela, il y a notamment un objectif qui consiste à développer d'année en année le chiffre d'affaires confié au secteur protégé", informe Stéphane Smith, directeur des achats du groupe TF1.

Le groupe inclue notamment une clause sociale d'insertion dans les marchés qui s'y prêtent pour les achats directs et indirects. Il intègre aussi des critères sociaux dans les appels d'offre, notamment des données concernant le taux d'emploi direct et le montant des achats auprès du STPA.

"Dans le processus de sélection, nous demandons les mêmes obligations contractuelles aux sociétés issues du secteur protégé et nous les intégrons à l'ensemble des appels d'offre", explique Stéphane Smith. Avant d'ajouter : "Même s'il existe au sein de notre groupe une bonne culture de la diversité, il est important de ne pas relâcher la communication interne. Nous devons démontrer en permanence l'intérêt collectif de travailler avec ces sociétés du secteur protégé".

Pour convaincre les clients internes, l'acheteur doit ainsi maîtriser l'art de la communication.

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