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Jeunes acheteurs: quels sont les nouveaux critères de recrutement?

Publié par Sonia Puiatti le - mis à jour à
Jeunes acheteurs: quels sont les nouveaux critères de recrutement?

Selon quels critères sont recrutés les acheteurs aujourd'hui ? Comment préparer ses entretiens d'embauche ? Voici un état des lieux du secteur et quelques conseils glanés à l'occasion de la conférence-débat organisée par l'Institut Léonard de Vinci sur le thème du recrutement de l'acheteur.

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En 2017, les achats sont toujours porteurs, particulièrement dans les secteurs de la construction, de l'automobile et de l'aéronautique. C'est ce qu'observe le cabinet Spring, spécialisé dans le recrutement de cadres notamment dans les fonctions achats. Toutefois, ce marché est lui aussi touché par de profondes mutations, puisque sur 35 recrutements d'acheteurs réussis l'année dernière par Spring, un seul était un CDI. Même s'il semblerait que désormais, recruteurs comme jeunes diplômés privilégient les missions et projets ponctuels, le secteur des achats se caractérise par un recrutement intensif. Côté rémunération, pour un acheteur junior (0 à 2 ans d'expérience), le salaire moyen était en 2017 de 37k euros en moyenne, 44k pour un acheteur confirmé, et 56k pour un senior. Des chiffres encourageants pour une profession qui ne souffre pas de la crise. Encore faut-il, pour y prétendre, répondre aux nouveaux critères des recruteurs.

Le relationnel, plus important que la technique

"Le savoir-être, c'est 95% du recrutement, car l'expertise d'aujourd'hui ne vaut rien demain", prévient Éric Messager, consultant et ancien responsable achats chez Engie. Les entreprises recherchent donc chez l'acheteur une double compétence, à la fois technique et relationnelle. Les connaissances techniques sont importantes, elles doivent être valorisées par le biais du diplôme par exemple. Le savoir-faire se démontre par une connaissance du process achats, et de plus en plus de recruteurs attendent aussi la maîtrise des nouvelles technologies, comme les outils e-achats, mais aussi d'au moins une langue étrangère. "Toutes les formations achats se valent en France. Ce qui fera la différence entre plusieurs candidats dotés de ces compétences, ce sont bien les qualités relationnelles", souligne Bertrand Perge, consultant chez Spring.

Le savoir-être se définit dans le rapport aux autres et le comportement dans le contexte professionnel. Il peut être jaugé selon des critères comme l'autonomie, la communication, ou encore l'initiative. "L'acheteur, de plus en plus, doit communiquer avec toutes les parties prenantes. Tout le monde devient son client, il est un commercial aussi bien en interne qu'en externe", image Thibaud Cavelier, directeur associé de Meotec, cabinet de conseil achats. Comme les RH, devenus au fil du temps de véritables gestionnaires de personnel, l'acheteur s'est donc transformé en un animateur de réseau. Mais comment savoir si un candidat a les capacités pour être le community manager d'un réseau global ?

Lire la suite en page 2: Des capacités analysées lors de l'entretien

Des capacités analysées lors de l'entretien

L'expertise est inscrite dans le CV. C'est pourquoi lors de l'entretien, le recruteur se focalisera essentiellement sur les compétences relationnelles du candidat. "Le parcours de la personne peut être un révélateur de son savoir-être. Si un candidat a un profil dit atypique, ça peut être l'indice qu'il a su se remettre en question et a voulu apprendre, évoluer", note Éric Messager. En France, ce type de profil n'est pas encore complètement accepté. Le recruteur ayant tendance à s'identifier au candidat et à son parcours, les profils atypiques peuvent souffrir de ne pas entrer dans un modèle rassurant, traditionnel. "C'est d'autant plus vrai que dans nombre d'offres d'emploi, les compétences techniques sont largement abordées au détriment des compétences relationnelles, souvent très générales voire vagues", regrette Thibaud Cavelier.

Lors de l'entretien, il ne faut pas chercher à tout savoir et à répondre à toutes les questions, et préférer l'humilité. "Si le candidat est sincère et transparent, le recruteur sait qu'il n'aura pas de surprise ensuite", rappelle Éric Messager. Et même, il ne faut pas hésiter à entrer en connexion avec son recruteur, en profitant de sa capacité à se projeter dans le candidat. Mais surtout, poser les bonnes questions : les objectifs à atteindre, ce qui est attendu...

En tout état de cause, le rôle de l'acheteur est appelé à encore évoluer. "L'acheteur d'il y a 25 ans respectait une "liste de courses". Depuis, il a appris à sélectionner les fournisseurs, pour aller au moins cher et au plus proche. Dorénavant, il doit repérer en amont le produit qui lui permettra de "créer un bon repas", qu'il testera. En d'autres termes, il doit innover et en faire la promotion", conclut Éric Messager. L'acheteur devient créateur du besoin et créateur de business.

À savoir en préparant ses candidatures :

- Si les termes "motivé et dynamique" sont à proscrire dans un CV ou une lettre de motivation, il peut être opportun de conclure un entretien en rappelant au recruteur que l'on est intéressé par le poste et motivé pour le décrocher.

- La forme du CV est très importante car elle peut aussi s'apparenter au savoir-être. Il vaut mieux miser sur un format traditionnel et sobre.

- Les 3 canaux incontournables de recrutement sont les annonces traditionnelles, LinkedIn, mais aussi les job-boards comme celui de l'Apec, sur lequel il faut absolument poster son CV.

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