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Publié par Mathieu Neu le | Mis à jour le

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Une volonté de valoriser ses données

Les entreprises souhaitent faire évoluer leur relation fournisseur vers des collaborations plus qualitatives, plus transparentes. Esker travaille ainsi à enrichir de façon importante toutes les fonctionnalités relatives à son portail fournisseurs. "Le but est de pouvoir favoriser les échanges autour d'une créance et mettre simplement à disposition des documents essentiels comme ceux liés à la lutte anti-fraude et anti-blanchiment, ou des éléments liés à des contraintes métiers. Nous apportons également des informations extérieures qui intéressent beaucoup les entreprises telles que celles provenant d'Ecovadis qui juge les critères éco-responsables d'un fournisseur", explique Thomas Honegger. Il ajoute que "le contrôle et le suivi en temps réel, une meilleure traçabilité pour des achats mieux maîtrisés, l'optimisation des trésoreries, la réduction des risques de fraude sont globalement au coeur des préoccupations". Pour Olivier Audino, "nous sommes désormais dans une période où le progrès consiste davantage à se doter d'un bel outil d'analyse de données qu'à se tourner vers de l'automatisation. Le reporting, le suivi, le temps de passation de commande, la disposition d'alertes, la disponibilité de tableaux de bord explicites sont des points clés où la demande est forte et où la technologie peut véritablement représenter un appui notable et décisif."

Dans cette optique, le décloisonnement des services semble inéluctable. "Nous constatons, depuis deux ans, que la conduite des projets réunit autour de la table les directions financière, juridique, informatique, ainsi que les business units importantes, en plus des professionnels des achats. Au niveau du produit, on ne se situe plus sur une demande d'amélioration du processus achats, mais davantage sur l'élaboration d'une gestion de processus globale de l'entreprise sur laquelle les questions liées aux achats vont venir se greffer", indique Gérard Dahan.

Avec l'appui des outils technologiques, les processus sont davantage amenés à être en relation, de façon transversale dans les organisations. "Les actions sur un contrat, le sourcing, les conditions d'achat se traduisent par un impact direct sur la facture ou la gestion de litiges. Traiter l'ensemble des processus via un même outil assure le décloisonnement des métiers", estime Erika Perrotin. "Le processus totalement digitalisé que nous avons mis en place fait en sorte que rien ne passe en dehors de la plateforme", assure Sylvain Feraud. "On obtient de facto une qualité de service, une transparence. Si un collaborateur quitte la société, son remplaçant pourra ainsi très simplement prendre le relais sur ses dossiers. Sans être outillé, c'est nettement plus complexe."

Servier a par ailleurs instauré un processus d'amélioration continue du Procure-to-Pay. Des dashboards communs entre la finance et les achats ont alors vu le jour pour monitorer la conformité de l'engagement, de la réception, le délai d'acheminement des factures jusqu'à la comptabilité et ainsi de mesurer in fine le respect des délais de paiement.

L'intelligence artificielle, déjà sur les rails

Pour Gérard Dahan (Determine), le besoin en matière de technologies répondant à de réels souhaits se situe "au niveau du reporting, de connaissances, de l'analyse, de la prédiction. Parmi les fonctionnalités intégrant de l'intelligence artificielle, le prédictif et le conseil sont les domaines où les demandes sont les plus fortes. La nécessité d'avoir une visibilité améliorée, sur les prix notamment, est nécessaire. Dans le catalogue des clients, on trouve fréquemment des références multiproduit pour un même article, et inversement. Il faut tenir compte de l'existence de plusieurs fournisseurs, de plusieurs pays. Un acheteur se retrouve alors dans une situation où l'aide d'un système intelligent est précieuse car elle permet d'optimiser la prise de décision."

Du côté de Servier, on n'hésite pas à investir d'ores et déjà dans ce domaine. "En matière d'intelligence artificielle, nous avons développé un chatbot auto-apprenant qui est à l'état de prototype à l'heure actuelle, dans le but de répondre à des préoccupations d'acheteurs (procédures, modes opératoires, documentation; etc.). Nous aimerions que dans la prochaine étape, l'intelligence artificielle permette d'assister un demandeur qui souhaite acheter", confie Sylvain Feraud.

La conformité, au coeur des objectifs

Thomas Honegger précise que "les prospects comme les clients se montrent très attentifs sur les questions de conformité des échanges, notamment de facture ou de documents périphériques aux factures, par rapport aux réglementations étrangères. Il peut être difficile d'appréhender les spécificités en vigueur en Colombie, en Turquie, par exemple, qui sont connus pour leur complexité à dématérialiser fiscalement des documents." Un constat que révèle également l'étude réalisée auprès des acheteurs : parmi les principaux bénéfices cités, apportés par l'outil, la conformité est mentionnée dans 55 % des cas, et le respect des procédures internes dans 52 % des cas. Viennent ensuite la productivité et le partage d'informations, cités respectivement par 45 % et 41 % des interrogés. "La sécurité, la conformité, et la qualité de service sont les trois grands domaines où l'outil apporte des garanties", résume Sylvie Noël.

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