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Brexit : Bercy exhorte les entreprises à anticiper au maximum

Publié par Mathieu Viviani le - mis à jour à
Brexit : Bercy exhorte les entreprises à anticiper au maximum

Mardi 3 septembre, Bercy a réuni entrepreneurs et fédérations professionnelles pour une réunion de sensibilisation au Brexit. Le gouvernement les exhortent à anticiper au maximum pour encaisser le choc. Explications.

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L'inquiétude était palpable dans la salle de conférence du ministère de l'Économie et des Finances à Paris Bercy. Plusieurs dizaines de chefs d'entreprises français travaillant avec le Royaume-Uni y étaient invités, mardi 3 septembre 2019, pour une réunion de sensibilisation aux conséquences du Brexit. Intervenante à la conférence, Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, n'y est pas allée par quatre chemins : " Nous comprenons que la négociation diplomatique soit abstraite pour nombre d'entre-vous. Mais aujourd'hui, les entreprises doivent se préparer au pire même si la diplomatie essaye de préparer la meilleure sortie possible. (...) Nous avons recensé 20 000 entreprises tricolores exportant aux Royaume-Uni. Encore trop peu ont sollicité nos services pour s'informer des modalités juridiques et économiques d'adaptation au Brexit. Je les encourage vivement à se saisir du sujet. C'est vraiment urgent, il faut anticiper. Qu'il y ait deal ou no deal, il y aura un Brexit. " Et de poursuivre en évoquant tout particulièrement les TPE et PME " qui n'ont pas les mêmes services juridiques que les grands groupes pour faire une veille précise sur les sujets qui sont en train de se construire. "

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Face à tant d'incertitude, l'exécutif a mis en place différents dispositifs destinés à accompagner les sociétés concernées. Un site web, www.brexit.gouv.fr, a été lancé par le gouvernement. Via celui-ci, les entrepreneurs ont accès à des informations, conseils et documentation visant à anticiper les changements de normes, les modalités douanières supplémentaires et évaluer leurs coûts, secteur par secteur. Sur la question du montant des nouveaux droits de douane, sujet déterminant pour le futur chiffre d'affaires des entreprises concernées, la secrétaire d'État aux Affaires européennes Amélie de Montchalin s'est désolée de ne pas avoir plus d'informations à transmettre : " Londres ne nous a pas fourni de nouveau catalogue tarifaire pour le moment. Nous se sommes sûrs de rien. J'ai conscience que c'est inconfortable pour les entreprises. " Pour rappel, le volume d'affaires des 20 000 entreprises de l'Hexagone exportant outre-manche s'élève à 60 milliards d'euros par an. Selon les prévisions de Bercy, un Brexit sans accord pourrait coûter 0,2 point de PIB (4,7 milliards d'euros) à la France.

" Répétition générale des douanes "

Les douanes françaises sont aussi très mobilisées sur le Brexit. Présent à la réunion, Olivier Dussopt, secrétaire d'État à la Fonction publique a transmis que " le gouvernement avait acté le recrutement de 700 douaniers, dont 600 sont déjà recrutés. Ils seront là pour accompagner les transporteurs à la nouvelle frontière. " Selon Bercy, 5 millions de camions passent la frontière tous les ans contre un million en 1993. " Depuis plusieurs mois, nous sommes donc en répétition générale tous les jours pour créer une frontière intelligente où le passage sera les plus fluide possible ", a ajouté le haut fonctionnaire. Les antennes régionales des douanes ont donc renforcé leur dispositif d'informations aux entreprises, notamment via la prise de contact avec elles ou la dématérialisation des formalités de passage. Des formulaires à remplir en ligne sont d'ores et déjà disponibles pour les entreprises et leurs prestataires : formulaire d'immatriculation EORI, télé-déclaration de transit, formulaire de paiement des droits de douanes, formulaires spécifiques pour les marchandises sanitaires, phytosanitaires et vétérinaires.

L'incertitude demeure sur le plan politique

Sur la plan politique, la secrétaire d'État aux affaires Européennes a assuré être en discussion constante avec ses homologues britanniques, malgré les désaccords. " Le no deal, c'est un moment, ce n'est pas un état qui sera prolongé notamment parce que les Britanniques n'y ont pas intérêt ", a-t-elle tenté de rassurer. Las, pendant la conférence, l'AFP annonçait que le Premier ministre britannique Boris Johnson avait perdu sa majorité absolue au Parlement, après la défection d'un député conservateur, opposé à sa vision radicale d'un Brexit sans accord. Des élections législatives anticipées sont à envisager au parlement britannique. En attendant, l'incertitude pour les entrepreneurs français demeurent.

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Aude Guesnon,<br/>rédactrice en chef Aude Guesnon,
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