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Publié par Véronique Meot le | Mis à jour le

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Nouveaux marchés

La 5G arrive donc en France avec deux promesses : le haut débit et la capacité. Chez CAD-42, société qui développe des objets connectés dédiés à la sécurité des opérateurs sur les chantiers, le président Jean-Philippe Panaget s'en réjouit : " Grâce à la 5G, les alertes pourront être lancées quasi instantanément et, au-delà, les engins autonomes pourront être arrêtés. De plus, la transmission des flux vidéo gagnant en résolution, nous n'aurons plus besoin de créer des réseaux spécifiques sur site. Bref, à qualité équivalente, nos services seront plus accessibles et moins chers. "

Au fil du temps, d'autres applications verront le jour. " À l'horizon 2023, le network slicing (division du réseau en tranches) favorisera la capacité à développer des IoT, et pas seulement d'entrer dans les produits, mais dans le fonctionnement de l'entreprise pour optimiser la productivité, sans remplacer l'humain, mais en restant à son service ", promet Olivier Wioland.

Vidéo, réalité virtuelle, réalité augmentée, intelligence artificielle... les postes de travail pourraient évoluer dans l'industrie, avec l'usine du futur (maintenance à distance, tri de pièces, contrôle à distance). Les projets foisonnent. " L'IoT ouvre la voie à la maintenance prédictive, les données collectées, puis transférées vers des plateformes d'analyse à base d'intelligence artificielle permettent de calculer les probabilités de défaillance et donc de réduire les coûts " , confirme Sonia Bellit, chef de projet à La Fabrique de l'industrie, think tank français. Autre axe, la logistique. " Aujourd'hui la géolocalisation de conteneur, qui n'a pas besoin de haut débit, s'opère en 0G, peu gourmand en énergie, mais qu'il est difficile de faire communiquer avec la 4G. La 5G, multi usage, vient résoudre ce problème ", assure-t-elle.

La 5G, on le voit, ouvre de nouveaux marchés, comme en témoigne la présence du robot de téléprésence développé par Axyn au sein de l'usine de Schneider Electric et connectée par Orange Business Services...

Usages attendus

In fine, " les applications mobiles qui nécessitent un très haut débit (4 K, 8 K pour affiner les images), celles qui requièrent des temps de latence très faibles (télémédecine, jeux vidéo, véhicule autonome...), et l'Internet des objets (smart city, smart building...) profiteront de la 5G " , résume Paul-François Fournier, directeur exécutif chargé de l'innovation de Bpifrance. Des offres qui semblent matcher avec les cas d'usages envisagés par les consommateurs. Il rappelle, par ailleurs, qu'un appel à projets dédié au secteur des télécommunications, pour soutenir les applications industrielles fondées sur la technologie 5G, a été lancé dans le cadre du Plan de relance fin 2020.

Si Bpifrance s'implique, c'est que la 5G va permettre de développer des plateformes structurantes, peu délocalisables et que l'économie a intérêt à ce que des services prennent appui sur ces infrastructures pour créer de la valeur. " Nous comprenons les interrogations, mais se passer de cette technologie risquerait de mettre en péril la productivité des PME-ETI et de passer à côté de nouvelles activités créatrices d'emplois " , conclut Paul-François Fournier. La 5G, un passeport pour la réindustrialisation ?

Témoignage

"Des perspectives pour interagir avec nos clients", Yann Jaubert CEO d'Alfi Technologies

Le groupe Alfi Technologies s'est donné pour mission de bâtir des usines plus intelligentes pour améliorer les conditions de travail des opérateurs et, in fine, la productivité des industriels en France. Sa cible : les industries du matériau de construction (laine de verre ou de roche, menuiserie), l'aéronautique, l'automobile, la logistique (avec le tri de colis). " J'ai racheté des entreprises il y a dix ans lors de la crise précédente, parce que je croyais à l'industrie en France " , déclare Yann Jaubert, son président.

Ce fournisseur connecte les lignes de production qu'il fabrique à des jumeaux numériques permettant de remonter des informations et de les analyser. " Nous nous heurtons à deux contraintes majeures : des flux de données limités et les risques en matière de cybersécurité. Nos clients industriels ne souhaitent pas, à juste raison, que nous pluggions nos machines à leur réseau par crainte de faille, résume le dirigeant. La 5G nous permet de remonter davantage de données, sans limites, donc ouvre des perspectives pour interagir avec nos clients. "

Réalité augmentée, algorithme plus performant, la 5G permettra à Alfi Technologies d'étayer ses services. " Nous travaillons actuellement sur de nouveaux services que nous pourrons proposer lorsque la 5G sera déployée. " La part des services digitaux intégrés dans les machines devrait sensiblement augmenter, " passant de 5 à 10 % à 20 ou 30 % dans les nouveaux services ". Elle doit aussi accroître le chiffre d'affaires et la valeur, donc la marge. " De notre capacité à fabriquer des machines intelligentes, permettant de produire des masses moins chères, dépend la relocalisation industrielle " , conclut Yann Jaubert.

Alfi Technologies
Fournisseur de lignes d'équipements et de solutions digitales associées
Beaupréau-en-Mauges (Maine-et-Loire)
Yann Jaubert, CEO, 48 ans
SAS > Création en 1970 > 200 collaborateurs
CA 2019 : 30 M€

 
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Véronique Meot

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