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DossierFaut-il oser le groupement d'achats?

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6 - Quelles limites à ce mode de fonctionnement?

Le consortium permet d'obtenir des résultats tangibles et rapides ainsi qu'une professionnalisation des pratiques achats. Par contre, la gouvernance n'est évidente avec les partenaires que sur les sujets ou les catégories les plus simples.

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Lâcher du lest est une question vraiment sensible, anxiogène. "Mais, tempère Christine Millet, la présidente du Gap, la fonction achats n'est pas totalement déléguée au groupement, les directeurs achats perdent la négociation sur certains postes mais prennent la responsabilité pour d'autres, avec des missions à plus forte valeur ajoutée."
Ainsi dans sa propre entreprise, Millet Marius SAS, le ­directeur des achats a pris en charge pendant une période bien délimitée (puisque les portefeuilles tournent entre acheteurs) le pilotage des achats d'emballages plastiques pour l'ensemble du Gap, "une mission qui l'oblige à professionnaliser sa démarche, car il doit rendre compte à plusieurs entreprises", ajoute la dirigeante. Les prestations des responsables achats sont rémunérées par le groupement à des tarifs définis selon le nombre de jours par an et la complexité de la mission. Le?groupement Gap n'emploie qu'un salarié, une?directrice des achats chargée de coordonner les différents pilotages, d'animer les réunions entre les acheteurs, de vérifier l'avancement des dossiers en cours.

Cohabitation entre... concurrents

La problématique de la concurrence entre membres d'un groupement, a fortiori s'il s'inscrit dans une stratégie verticale, est réelle mais pas insurmontable. "Dans le secteur privé, cette question est évidemment exacerbée pour les achats stratégiques", confirme Frédéric Ménelot, président de Crop&Co. Le problème s'est récemment posé au sein du Gicaf. "Nous avons dû demander l'avis de chacun des membres avant d'intégrer une nouvelle entreprise", indique Bertrand Meynet.

Une limite au groupement

Au côté du groupement UniHa, une centrale d'achats a été créée il y a deux?ans pour gagner en réactivité et traiter les sujets plus complexes, notamment les achats innovants. "Le groupement s'avère une structure plus intéressante pour négocier les volumes avec le fournisseur, qui a une visibilité sur le nombre d'hôpitaux rejoignant l'opération. Pour sa part, la centrale permet de gagner en ­réactivité, car elle n'a pas besoin de recueillir ­d'adhésions pour mettre en place une stratégie et travailler sur de nouveaux marchés", souligne Bruno Carrière. Par exemple, les hôpitaux sont désormais soumis à une procédure de certification de leurs comptes, auparavant délivrée par le Trésor Public. Ils ont donc besoin de faire appel à des commissaires aux comptes.
La centrale d'achats a lancé une étude avant que les acheteurs des hôpitaux ne se soient mobilisés. Aujourd'hui, 36?établissements se sont emparés du sujet. Dans la région Centre, Marc?Sauvage confirme que la centrale d'achats "est plus souple, du fait son pouvoir de décision". La centrale apparaît en réalité comme un ­deuxième outil, au service du premier, le ­groupement.

Véronique Méot

Aude Guesnon,<br/>rédactrice en chef Aude Guesnon,
rédactrice en chef

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