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L'acheteur, acteur essentiel de la décarbonation

Publié par Audrey Fréel le | Mis à jour le
L'acheteur, acteur essentiel de la décarbonation

Face à l'urgence climatique, les achats jouent un rôle clé dans la décarbonation de leur entreprise. Ils doivent attacher une importance particulière aux émissions de gaz à effet de serre de leurs fournisseurs et prendre en compte le cycle de vie complet du produit.

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Réduire son empreinte carbone est aujourd'hui un défi majeur pour les entreprises. Pour les aider dans cette démarche, Global Climate Initiatives (GCI) vient de publier un guide de la décarbonation, co-rédigé avec l'Observatoire des achats responsables (Obsar), l'Académie des Achats et Proactis. Ce dernier regroupe un ensemble de bonnes pratiques théoriques, réglementaires, et juridiques. Une des étapes essentielles consiste à réaliser un bilan carbone. "Faire son bilan carbone est simple, il s'agit simplement d'un inventaire carbone", assure Philippe Mangeard, président de GCI, lors d'un webinaire organisé par cette plateforme qui propose un outil de calcul de l'empreinte carbone. Le bilan carbone intègre les émissions de GES des scopes 1 (émissions directes), 2 (émissions indirectes liées à l'énergie) et 3 (autres émissions indirectes produites par les activités de l'entreprise). "Le scope 3 regroupe en général 50 à 90 % des émissions de GES d'une entreprise. Les achats génèrent entre 60 et 90 % des émissions de GES du scope 3", informe Bastien Lamouche, ingénieur et chef de projet chez GCI. D'un point de vue réglementaire, un décret paru au Journal Officiel le 1er juillet 2022 impose désormais aux entreprises de mesurer leurs émissions de GES de scope 3. "Pour réduire les émissions de scope 3, il est nécessaire d'engager ses fournisseurs. Seule une vision globale complète permet d'identifier les actions les plus pertinentes", estime Bastien Lamouche.

Prendre en compte le cycle de vie du produit

Cela implique de prendre en compte le cycle de vie complet du produit. "Les fournisseurs émettent des gaz à effet de serre à chaque étape du cycle de vie du produit, de l'extraction de la matière jusqu'à l'utilisation du produit", détaille Samuel Réthoré, expert en ingénierie achat et RSE, directeur de missions à l'Académie des Achats. Dans ce cadre, l'Obsar a défini une approche de calcul de coût d'un achat qui intègre le prix mais aussi le coût total de possession, les coûts du cycle de vie et l'ensemble des coûts et impacts du cycle de vie. "Mesurer les émissions de GES du scope 3 est tout à fait adapté à cette méthode", précise Annie Sorel, vice-présidente de l'Obsar.

Une compétitivité carbone

Dans ce contexte, l'acheteur doit désormais composer avec un nouveau paradigme : la compétitivité carbone. "Les enjeux des achats d'hier ne sont plus les mêmes que ceux d'aujourd'hui", constate Samuel Réthoré. La préservation de l'environnement, l'économie de l'énergie et la respectabilité des entreprises viennent désormais s'ajouter aux trois enjeux historiques des achats : qualité, coût et délai. "Cette notion de compétitivité carbone devient de plus en plus déterminante dans les stratégies d'entreprise, pour se démarquer de ses concurrents et pour s'inscrire avec ses clients et ses fournisseurs dans une relation pérenne", analyse Constantin Wolfrom, directeur général de GCI. Avant d'ajouter : "L'enjeu pour les entreprises n'est plus uniquement d'avoir un poids carbone unitaire par produit faible mais que ce dernier soit inférieur à celui de ses concurrents". Au-delà de la performance économique, l'acheteur doit désormais mettre l'accent sur les économies de carbone.

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