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Tirez les premiers, messieurs les Anglais!

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Tirez les premiers, messieurs les Anglais!

Chers collègues acheteurs, si je vous dis LCC, vous savez de quoi je vous parle. Si les bas coûts salariaux ont leurs vertus et limites, l'atout comparatif de nos pays matures réside dans la matière grise et l'innovation. Dois-je vous en convaincre ?

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" Le sourcing en pays à bas coûts"... Tout un programme ! Nos amis anglo-saxons, qui ne se cachent pas derrière leur petit doigt, ont bel et bien été les premiers à populariser ce doux acronyme de " LCC " (low cost countries), qui nous accompagne tous maintenant dans notre quotidien d'acheteur. Pour mémoire, on pourra citer d'autres acronymes tout aussi croustillants, et malicieusement utilisés à la City: CIVETS, JUUG, BRICS, et même bien entendu les célèbres PIGS (on doute quand même que les citoyens desdits PIGS apprécieraient d'avoir un passeport estampillé sous ce vocable!).

Pour revenir aux LCC, on parle bien entendu ici de pays à bas coûts salariaux, pour appeler un chat un chat. Il faut bien dire qu'on doit à nos mêmes amis d'avoir désigné en premier des êtres humains sous le doux vocable de " ressources humaines " (human resources). Quand on réfléchit au sens littéral de la formule, cela a au moins l'avantage d'une certaine clarté ! Ainsi, au lieu de dire " les acheteurs sont friands de produits en provenance de pays à bas coûts ", on pourrait écrire en lieu et place: " des ressources humaines font commerce de ressources inhumaines produites avec de bas salaires ". Moins glamour, mais tellement plus univoque !

Ce que dit Ricardo est bien dit...

Ceci étant, c'est une réalité qui s'est imposée à nous autres, acheteurs. Et plus que pour de strictes raisons de coûts : il existe tout simplement des zones géographiques qui se sont progressivement spécialisées dans la fourniture de produits, que l'on ne trouve désormais que très rarement en Europe. A chacun sa révolution industrielle, le monde est ainsi fait - et Ricardo l'avait déjà touché du doigt dans sa théorie dite des " avantages comparatifs ".

Alors, quel est notre avantage comparatif à nous, dans un pays dont - dixit le rapport Gallois - seuls Chypre et le Luxembourg ont en Europe un ratio industrie/valeur ajoutée moins élevé ? Indubitablement, dans la course, l'avantage reviendra à la matière grise et à l'innovation. Et si on reparlait un peu plus de co-développement avec les fournisseurs ? Zat is ze question.

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Firmin de Montalembert

Aude Guesnon,<br/>rédactrice en chef Aude Guesnon,
rédactrice en chef

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