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Achats de classe C..." souvent des achats que tout le monde se croit en droit de faire"

Publié par Aude Guesnon le - mis à jour à
Achats de classe C...' souvent des achats que tout le monde se croit en droit de faire'
© alphaspirit - Fotolia

Trois décideurs achats qui font face aux achats de classe C ont échangé autour de se sujet qui, n'est certes pas majeur, mais qui représente un coût non négligeable auquel ils se sont attelés...

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"Les achats de classe C ne sont pas toujours appréciés de la même manière. Que mettez-vous dans cette catégorie?" Arnaud Perrin, associé fondateur de Ressource Consulting, qui animait une conférence sur "les achats de classe C", organisée dans le cadre de la Journée Achats indirects et digital, a ainsi tendu le micro à trois décideurs achats: Valérie Jouanne-Jumaux, directrice achats de Renault Retail Group; Luis Bittencourt, acheteur global MRO chez ArcelorMittal ainsi qu'à Matthieu Chomette, responsable achats ayant exercé chez un équipementier automobile. Et fort logiquement, il lui fut répondu qu' "ils dépendent du secteur d'activité et des priorités de l'entreprise". La réponse de Luis Bittencourt fut savoureuse: "C'est souvent des achats que tout le monde se croit en droit de faire, qui créent des problèmes partout et qui coûtent beaucoup d'argent. Tout le monde est acheteur et cela amuse tout le monde..." Beaucoup d'humour, un peu de vérité. Car c'est bien là le souci. Les salariés de l'entreprise ne considèrent que la petite somme... comme l'ont souligné les intervenants: il y a la valeur faciale, faible, mais surtout le coût indirect lié au traitement administratif de ces petits achats. Et l'ensemble n'est pas négligeable. Surtout lorsque ces achats, et encore plus les achats sauvages, sont faits auprès d'une myriade de fournisseurs.

C'est le cas chez RRG: "ces achats représentent 10% de nos dépenses... et 80% de nos fournisseurs!", a commenté Valérie Jouanne-Jumaux, dont le réseau compte 90 sites gourmands en petits achats. "Les achats de classe C, c'est surtout le petit outillage et tous les petits achats urgents liés à l'entretien des établissements. A son arrivée chez RRG, la directrice achats a constaté "une trentaine de demandes d'ouvertures de comptes fournisseurs par jour alors que les gens font tout le temps les mêmes achats!" Et disciplinés, avec ça.... "j'ai des demandes d'ouverture de compte fournisseur pour des achats très faibles".... Pour Valérie Jouanne-Jumaux, il était impératif de réduire son panel fournisseurs, par trop important. Elle a choisi d'implémenter des outils de e-proc et notamment contractualisé en mai dernier avec Manutan avant de fermer une cinquantaine de comptes fournisseurs liés aux achats de classe C. Et pour mieux structurer l'ensemble de ses achats et avoir une vue globale, elle est en train d'implémenter un ERP. "Aujourd'hui, les informations sont plutôt du côté de la comptabilité. Avec l'ERP, j'aurai accès à toutes les données et je pourrai maîtriser les achats en massifiant les fournisseurs." La digitalisation est aussi au programme chez ArcelorMittal -"un conglomérat d'entreprises qui travaillent ensemble" - comme l'a souligné Luis Bittencourt: "Nous sommes en train de transformer les systèmes d'information ainsi que toute l'organisation achats. Les résultats commencent à arriver."

Et pour s'assurer du bon déploiement du contrat, mieux vaut être à l'écoute des prescripteurs: "Il faut choisir les bons outils, a commenté Matthieu Chomette. Ce n'est pas au prescripteur interne de s'adapter, c'est à l'équipe achats de proposer des solutions et de mettre en place des outils qui soient cohérents avec leur métier; qui s'adaptent aux besoins des prescripteurs internes en les impliquants en amont."

Lire la suite en page 2 : Et les acteurs locaux?



Et les acteurs locaux?

Dans la salle, le représentant d'une Chambre de commerce francilienne a posé une question intéressante: comment les petits acteurs locaux peuvent-ils accéder aux achats des grands comptes lorsque ceux-ci centralisent leurs achats avec des outils de e-proc ? Un ange est passé... "Agir localement est possible, cela m'est arrivé plusieurs fois d'intégrer des acteurs locaux dans des réflexions globales, il faut le prévoir dans les cahiers des charges ou en amont des actions globales, comme évoqué précédemment vous pouvez agir localement avec des stratégies globales, c'est ce que nous pourrions appeler des glocal suppliers", a répondu Matthieu Chomette." En ce qui concerne RRG, les achats locaux font partie du quotidien, car, comme le relate Valérie Jouanne-Jumaux, "nos prescripteurs, qui sont disséminés sur l'ensemble du territoire, souhaitent travailler avec des acteurs locaux. Leur intégration au panel se fait au grès des échanges et des négociations avec les opérationnels. Mais nous n'avons, nous direction achats, effectivement pas intégré cette demande au cahier des charges de nos partenaires e-proc."

Interrogé à ce sujet, Xavier Laurent, directeur des services à valeur ajoutée chez Manutan, a expliqué que sa société n'a pas formalisé la démarche sous ce prisme: "Notre objectif à nous est d'offrir le panel de produits le plus étoffé possible à nos clients. Nous intégrons nombre de petits fabricants, et même de très petits, qui ont ainsi accès à beaucoup de grands comptes et qui sont distribués à un niveau international, mais nous ne sommes pas particulièrement dans une logique qui consisterait à privilégier les petits acteurs. Et notre modèle, centralisé, ne nous permet pas de nous inscrire dans une démarche qui consisterait à privilégier l'écosystème local." Mais de convenir que le sujet mérite d'être réfléchi, d'autant plus que les grands comptes, de plus en plus préoccupés par la RSE, en viendront probablement à le faire.

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