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Les PPA ou l'art de voir le long terme sur ses dépenses énergétiques

Publié par Audrey Fréel le - mis à jour à

En matière de développement de PPA (power purchase agreement), le marché français accuse un retard par rapport à ses voisins européens. Si s'engager dans une telle démarche demande de l'anticipation, elle permet aux acheteurs de diversifier leur portefeuille de fourniture d'énergie et d'avoir une vision à long terme sur leurs dépenses.

Très répandus aux Etats-Unis, les PPA (power purchase agreement, ou contrat d'achat d'énergie) tendent à se développer en Europe. Ces derniers sont conclus entre un producteur d'énergie renouvelable et un client consommateur d'énergie. Ils s'adressent en général aux grands groupes. Les deux parties sont liées sur une longue durée comprise entre 15 à 25 ans. Elles s'entendent sur un prix fixe de l'énergie qui, au regard de la flambée actuelle des prix, tend à devenir très compétitif. Autre avantage : cela permet aux acheteurs d'avoir une vision à long terme sur leurs dépenses énergétiques. "Il ne faut cependant pas y voir une réponse à la crise actuelle", a prévenu Patrick Cormerais, directeur général du fournisseur d'électricité Alpiq, lors d'une table ronde organisée le 12 octobre dernier dans le cadre du 13e congrès de Gazelec. L'ensemble des participants à cette conférence sont toutefois unanimes : ils recommandent de se lancer dès maintenant dans les PPA.

Problème, le marché des PPA reste à la traîne dans l'Hexagone, comparé aux autres pays européens. Auparavant habitués à des prix de marché bas, les consommateurs français n'ont pas perçu, pendant longtemps, l'intérêt de s'engager sur des contrats long terme. Par ailleurs, les PPA restent réservés aux grands industriels et groupes. Actuellement, toutes les entreprises ne sont pas forcément en position d'en contracter en raison de la crise. "L'enjeu est d'embarquer tout le monde, notamment les collectivités locales et les plus petits acteurs. Un des freins actuellement concerne les collectivités car la durée de leur capacité de financement est bien trop faible (2 à 4 ans), incompatible avec des contrats long terme", analyse Bertrand Potier, directeur du développement d'Ethifinance.

Miser sur l'éolien offshore

Selon plusieurs experts de la table ronde, les consommateurs peuvent commencer à contracter des PPA sur 5 à 10 % de leur volume de fourniture d'énergie. "L'éolien offshore est de loin la meilleure configuration de PPA, avec entre 4000 et 4500 heures de production annuelle", estime Jean-Paul Aghetti, président d'Exeltium, un consortium qui regroupe des industriels électro-intensifs de différents secteurs.

Autre point important : cette démarche se prépare et s'anticipe. A titre d'exemple, le solaire et l'éolien nécessitent respectivement 3 et 10 ans de développement en moyenne.

Au regard de la diversité des contrats PPA, il est également parfois nécessaire de se faire accompagner, notamment par un agrégateur. A l'instar d'Agregio, une filiale d'EDF, qui s'adresse aux producteurs d'électricité renouvelable et aux clients consommateurs d'électricité. "Au-delà des considérations contractuelles, l'agrégateur a pour rôle de gérer les risques météorologiques et les risques marchés", précise Sylvain Guedon, directeur général d'Agregio. Mais les PPA ne sont pas toujours imprévisibles. "Si le consommateur sait bien prédire ses consommations à venir, et qu'il dispose d'une production électrique en propre, il peut prendre lui-même la responsabilité´ de son équilibre et ainsi en réduire les risques à moindre coût", assure Philippe Vantomme, responsable des achats d'énergie chez le groupe verrier AGC Glass Europe.


Les verbatim à retenir:

Patrick Cormerais (Alpiq) : "Il ne faut cependant pas y voir une réponse à la crise actuelle".

Bertrand Potier (Ethifinance) : "L'enjeu est d'embarquer tout le monde, notamment les collectivités locales et les plus petits acteurs".

Jean-Paul Aghetti (Exeltium) : "L'éolien offshore est de loin la meilleure configuration de PPA".

Sylvain Guedon (Agregio) : "Au-delà des considérations contractuelles, l'agrégateur a pour rôle de gérer les risques météorologiques et les risques marchés".

Philippe Vantomme (AGC Glass Europe) : "Si le consommateur sait bien prédire ses consommations à venir, et qu'il dispose d'une production électrique en propre il peut prendre lui-même la responsabilité´ de son équilibre et ainsi en réduire les risques à moindre coût".