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Des hausses de salaire moins spectaculaires en 2023

Publié par Audrey Fréel le - mis à jour à

Après deux années euphoriques en termes de hausses de salaires pour les acheteurs, les augmentations ont été plus mesurées en 2023. Certaines fonctions comme les acheteurs capex, les acheteurs indirects, les supply chain managers et les directeurs des achats dans l'industrie restent toutefois très convoitées.

En 2023, les fonctions achats et supply chain ont connu une hausse de rémunération moyenne de 4 %, selon le cabinet Robert Walters qui a publié en décembre dernier son étude de rémunération 2024. "Nous n'avons pas observé d'augmentation significative en 2023 car les salaires avaient déjà connu une hausse importante post-covid, de l'ordre de 10 à 15 % ", explique Cléo Gouiffes, consultante achats et supply chain chez Robert Walters. Ce chiffre s'élève toutefois à 7 % pour les supply chain managers, montrant le rôle stratégique de cette fonction au sein des entreprises. "Son objectif est d'assurer une chaîne logistique responsable, résiliente, agile et rentable", souligne Julien Meneboeuf, directeur des bureaux régionaux chez Robert Walters. Avant d'ajouter : "Cela sera d'autant plus un enjeu clé pour l'écosystème francilien qui va être chamboulé par les Jeux Olympiques cette année".


Les acheteurs Capex suscitent la convoitise


D'autres fonctions devraient être particulièrement recherchées cette année, notamment les acheteurs capex. "Les enjeux de réindustrialisation sont très importants en France, notamment dans les secteurs de l'énergie, de la chimie et de la pétrochimie qui recrutent beaucoup d'acheteurs capex", constate Cléo Gouiffes. Le marché devrait aussi être en tension sur les acheteurs indirects. "Dans l'industrie, les postes de directeur des achats avec une expertise dans l'approvisionnement des matières premières sont très demandés", observe de son côté Julien Meneboeuf.


Des rémunérations jugées trop faibles


Par ailleurs, l'étude de Robert Walters pointe un certain rééquilibrage des forces entre les candidats et les entreprises, qui ne sont plus prêtes à tout pour recruter. Elles posent désormais des limites face aux candidats qui adoptent une démarche opportuniste. "Certains acheteurs junior (disposant de 5 ans d'expérience) ont des prétentions salariales très fortes. Les entreprises ne peuvent plus y répondre", illustre Cléo Gouiffes. L'étude révèle d'ailleurs que 59 % des entreprises jugent les attentes salariales des candidats trop élevées (contre 47 % en 2022). De fait, le nombre d'offres d'emploi cadre a subi une baisse de 21 % en moyenne en 2023. "Ce ralentissement reste toutefois à relativiser car 2022 et 2021 ont été particulièrement euphoriques en matière de recrutement de cadre. Il s'agit plus d'un retour à la normale", analyse Coralie Rachet, directrice des cabinets Robert Walters et Walters People France. Côté candidats, l'enquête révèle que plus d'un cadre sur deux souhaite changer d'emploi d'ici les 12 prochains mois avant tout pour un meilleur salaire (pour 94 % d'entre eux). Les autres raisons qui les poussent à quitter leur employeur sont le management (46 %), l'évolution de carrière (25 %) et plus de flexibilité (23%).


*L'enquête de rémunération 2024 a été réalisée fin 2023 auprès de 1400 cadres et en entreprises en France évoluant dans différents secteurs : finance, achats, industrie, juridique, RH, tech et digital, immobilier et marketing.