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Sourcing: La stratégie du Vietnam pour réduire sa dépendance à l'étranger

Publié par Denica Tacheva le | Mis à jour le

Face à des marchés internationaux instables, le Vietnam mise sur la diversification de ses importations de matières premières pour consolider sa production et renforcer sa résilience commerciale.

Le Vietnam multiplie les succès industriels, mais leur point faible reste l'approvisionnement en matières premières. Dans plusieurs filières stratégiques, la production nationale ne suffit pas. Les chiffres de croissance cachent une dépendance massive aux importations et mettent en lumière la fragilité de plusieurs filières clés ce qui pousse le pays à se tourner vers l'étranger pour alimenter ses usines.

Le plastique en est l'exemple le plus frappant. Près de 70 % des matières premières de ce secteur viennent de l'étranger. En 2024, le Vietnam a importé 8,5 millions de tonnes de granulés vierges et recyclés, auxquels s'ajoutent 500 000 tonnes de déchets plastiques utilisés comme ressources. À cela s'ajoute une facture de 2 milliards de dollars pour les produits en polyéthylène et de 1,5 milliard pour le polypropylène. La tendance ne faiblit pas. Lors du premier trimestre 2025, les importations de polymères ont atteint 2,28 millions de tonnes, une progression de plus de 25 % en volume par rapport à la même période l'année précédente.

La chimie subit la même vulnérabilité, dépendante sur, entre, le sel industriel d'une pureté suffisante. Quant au secteur de la chaussure, l'un des poids lourds des exportations vietnamiennes, il fonctionne encore sous le modèle de la sous-traitance internationale, dépendant de donneurs d'ordres et de matières premières importées.

Peser à l'international - quelle stratégie ?

Conscientes de ce talon d'Achille, le goiuvernement prépare une stratégie visant à diversifier les sources d'approvisionnement. Le ministère de l'Industrie et du Commerce a confié à ses départements la mission de bâtir un plan national en ce sens, en partenariat avec les entreprises et associations professionnelles. L'objectif est de sécuriser les flux, gagner en autonomie et renforcer l'attrait du Vietnam pour les investisseurs.

De fait, l'outil privilégié reste les accords commerciaux. Le pays dispose déjà de 17 traités de libre-échange, et entend en exploiter pleinement le potentiel pour sécuriser ses approvisionnements. Ces accords devraient aussi permettre de limiter la dépendance vis-à-vis de quelques fournisseurs dominants. Aujourd'hui, la Chine représente près d'un tiers du marché vietnamien des matières plastiques, quand la Corée du Sud, la Thaïlande, le Japon, les États-Unis, la Malaisie et Singapour se partagent l'essentiel du reste.

Pour élargir ses marges de manoeuvre, Hanoi mise désormais sur de nouvelles régions encore peu exploitées, comme l'Afrique, le Moyen-Orient ou l'Amérique latine, cherchant à conclure des partenariats avec l'EFTA en Europe, le Mercosur en Amérique ou encore l'Inde et le Pakistan en Asie. Parallèlement, le gouvernement entend rester vigilant face aux mesures de défense commerciale qui visent ses exportations et renforcer ses positions dans les domaines d'avenir tels que l'économie circulaire et la transition énergétique.