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Les achats pilotent aussi la responsabilité sociale de l'entreprise

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La responsabilité sociale de l'entreprise repose sur ses actions, ses méthodes, ses outils et l'ensemble de son écosystème. La direction des achats joue un rôle clé pour assumer cette responsabilité.

Dan Vogel, p.d-g d'Enablon.

Dan Vogel, p.d-g d'Enablon.

L’entreprise porte sous sa responsabilité les bons comme les mauvais agissements de ses fournisseurs. En intégrant dans sa propre production les produits et services qu’elle achète auprès de sous-traitants, l’entreprise assume sous sa marque l’ensemble de la “supply chain” en amont, qui concourt à sa propre réputation. Ce risque de réputation, bien connu aujourd’hui après quelques scandales retentissants, est une contrainte forte qui s’impose à l’entreprise. C’est aussi un coût supplémentaire pour des organisations qui cherchent à échapper à la crise, notamment en réduisant autant que possible leurs dépenses.

Au-delà du choix des bons produits et fournisseurs, la direction des achats doit aider l’entreprise à réduire ses coûts en optimisant ses achats et la protéger du risque de réputation hérité des pratiques de ses fournisseurs. Ce double défi peut ainsi devenir une opportunité à la fois pour l’entreprise et pour sa direction des achats.

En faisant pression sur les fournisseurs en amont, les acheteurs contribuent efficacement à la réduction des coûts à moyen et long terme. La qualité a certes un prix, mais elle peut aussi être un facteur d’économie. L’entreprise qui sait organiser une “supply chain” économe en énergie et en rejets polluants par exemple fait ainsi d’une pierre deux coups: elle se protège de l’augmentation des prix des ressources (énergie, eau, etc.) et se met à l'abri d’une attaque sur sa réputation (pollution, négligence environnementale, etc.).

Mais au-delà de cet exemple simple, une politique d’achats responsables est parfois remise en cause car vue comme un obstacle à la réduction obligatoire des coûts. En effet, la sélection scrupuleuse de fournisseurs et partenaires selon des critères environnementaux ou sociaux ne garantirait pas forcément la performance industrielle et économique et donc la maîtrise immédiate des coûts.

Concilier gestion des risques et réduction des coûts

L’équation à résoudre est donc avant tout d’ordre temporel: la direction des achats doit habilement concilier gestion des risques et réduction des coûts. L’augmentation des contraintes légales encourage cette démarche en réglementant les pratiques et en matérialisant des risques qui jusque-là restaient virtuels. La conformité Reach oblige par exemple l’entreprise à assumer les actes de ses fournisseurs. De même le Clean Air Act américain présente une certitude d’amende pour les contrevenants. Il n’est plus uniquement possible d’attendre un levier réglementaire pour adopter sans conviction une politique d’achats responsables. Bien au contraire, il faut aujourd’hui y voir une opportunité à la fois de développement et de réduction sensible des coûts qui incombe au premier chef à la direction des achats.

Les clés

La RSE est un moyen efficace de prévention des risques et de réduction des coûts de l’entreprise. Une “supply chain” responsable est l’une des méthodes les plus sûres pour en optimiser les performances et minimiser les coûts à court terme. Un approvisionnement sobre en énergie et matières premières est garant d’une bonne réputation, d’économies immédiates et d’efficacité à court, moyen et long terme.

Biographie de l'auteur

Dan Vogel est président-directeur général et co-fondateur du groupe Enablon.

Dan Vogel travaille depuis près de 20 ans dans le secteur de l’Internet et des logiciels notamment en Europe et en Amérique du Nord. En tant que président-directeur général du groupe Enablon, il a la responsabilité mondiale de l’ensemble des activités du groupe ainsi que de la plateforme collaborative de gestion de la performance durable Wizness.com.

Préalablement à Enablon, il a développé un service national de livraison spécialisé dans la vente de produits informatiques, puis a créé et dirigé le département e-Business d'un groupe bancaire international, aux États-Unis, en Europe et en Asie. Il lança, en 1999, un nouveau type de plateforme commerciale Internet en Europe.

C’est en 2000 qu’il crée Enablon avec son frère Marc Vogel et un ami d’enfance, Philippe Tesler, afin de répondre aux problématiques de reporting, de gestion et de pilotage extra-financier des entreprises.